Son jardin, dans le Pas-de-Calais, sort doucement de l’hiver. Les narcisses ont éclos, des abeilles butinent les fleurs du cerisier japonais, le gunnéra sort ses premières feuilles, la tondeuse a repris du service dans les allées… d’un jardin travaillé mais sans chichi, à l’image de sa propriétaire, Marie-Ange Herduin. La fin de l’hiver, c’est l’occasion de découvrir autrement ce jardin de 1 hectare. Et de vous donner envie d’aller vous plonger dans son exubérance dès le printemps venu !

 

Hortus Focus. Quand avez-vous créé votre jardin ?

Le jardin de Marie-Ange

Marie-Ange Herduin. ©Isabelle Morand

Marie-Ange Herduin. Nous nous sommes installés ici, à Croisette, entre Arras et Le Touquet, en 1983. C’était une grande prairie où trônait un unique pommier. Et puis, vous connaissez les jardiniers, ils n’ont jamais assez d’espace, nous avons acheté, en 1999, une parcelle pour planter un verger, reliée au jardin par une prairie que les visiteurs appellent souvent mon champ de vivaces.

Par quoi avez-vous commencé ?

Nous avons fait creuser le bassin. Il nous en a donné des soucis, la bâche se laissait facilement percer. On a fini par le cimenter. Plus de fuites, mais plus de possibilités d’installer des plantes de berge… J’ai planté des darmeras, des hydrangeas, de la rhubarbe pour donner l’illusion d’un terrain humide, mais il ne l’est pas ! Ce bassin, je l’aime beaucoup même s’il a empoisonné ma vie de grand-mère ! Un bassin avec des petits, c’est dangereux. Un bassin peut être aussi dangereux pour les visiteurs. Donc, j’ai abondamment planté les abords, y compris avec des épineux comme des berbéris et j’installe des morceaux de bois ici et là, tout autour, pour empêcher qu’on s’en approche trop.

La fin de l’hiver dans le jardin de Marie-Ange ©IsabelleMorand

Le bassin se prolonge par le sous-bois…

Oui. Nous avons beaucoup planté au départ et il a fallu se résoudre l’an dernier à abattre des arbres, à en élaguer d’autres. Le sous-bois manquait cruellement de lumière. Même les hydrangeas ont besoin de luminosité et j’aime quand le soleil vient illuminer les narcisses en fin d’hiver.

Vous avez beaucoup travaillé les perspectives ?

J’attache en effet beaucoup d’importance aux vues, aux perspectives. Quel que soit l’endroit du jardin où l’on se trouve, l’œil doit pouvoir s’ouvrir sur une autre chambre, de la maison vers la pergola, de la pergola vers le bassin, de la clairière vers la pergola, du sous-bois vers le verger au loin, etc… J’utilise aussi pour cela mes tressages, mes créations végétales. Là, je vais placer un rond tressé en déchets de vigne de Coignet, l’installer dans la pelouse, laisser pousser l’herbe pour créer un îlot vert dans la pelouse. Bon, ça fait râler Émile, mon mari, c’est lui qui passe la tondeuse, mais c’est très joli !

Vous êtes la reine des couvre-sols. Pourquoi ?

Tout simplement pour limiter l’entretien ! C’est grand 1 hectare à entretenir. Je passe beaucoup de temps dans mon jardin, mais je n’aime pas trop me casser la tête. Alors, oui, j’ai installé des plantes couvre-sols partout : lamiers, géraniums vivaces (G. phaeum, G. macrorhizum…), carex, kirengeshomas, chrysosplenium (notre photo), persicaires… Tout pour me faciliter la tâche et comme ce sont de jolies plantes, pas question de m’en priver ! 

 

 

Les roses, en revanche, ce n’est pas votre truc…

Je ne suis pas, effectivement, une grande fan de rosiers. Ils demandent trop de travail. Mais j’ai tout de même ‘Ghislaine de Féligonde’ dont j’adore la floraison massive, le caractère bien remontant chez moi et ses teintes douces qui se marient parfaitement avec les graminées. 

Vous dites avoir une terre trop riche… Vous allez faire des envieux !

Chaumes de graminées ©IsabelleMorand

Je ne vais pas m’en plaindre, c’est sûr. Mais dans le champ de vivaces, par exemple, je n’enrichis jamais le sol. Quand mon gendre (ndlr : le pépiniériste Antoine Breuvart) vient, en février, avec sa débroussailleuse à disque, couper toutes les graminées, on évacue tous les déchets pour ne pas enrichir le sol. Je ne veux pas que les plantes prennent trop de hauteur. Malgré la protection des haies, quand le vent souffle, les plantes trop hautes s’affaissent sur leurs copines plus petites.

 

 

 

Où vont tous les déchets ?

Les chaumes des graminées, j’en fais des petites maisons de paille. Ce sont les auxiliaires qui sont contents ! Gite et couvert assurés. Mes gunnéras en profitent aussi. Quand je nettoie dans leur secteur, je jette les déchets à leur pied. Ce sont des gourmands, ainsi je les nourris et je préserve la fraîcheur du sol. Je les arrose très rarement. Ce traitement naturel leur va bien puisqu’ils dépassent les 3 mètres de haut. Attention quand même à ce que vous leur apportez. Pas question de leur déverser sur la tête un bac de gazon fraîchement coupé, ce serait leur mort ! Le reste des déchets rejoint l’un des trois tas de compost, cachés dans le fond du jardin par une haie de branchages. Le compost, je m’en sers pour nourrir les plantes, si besoin, et surtout pour nourrir la terre de mon potager. 

potager

Le potager de Marie-Ange ©IsabelleMorand

Si vous deviez résumer votre façon de jardiner, ce serait…

Limiter l’entretien grâce aux couvre-sols, créer des cadres avec des haies et des bordures bien taillées et laisser ensuite libre cours à toutes mes envies !

 

 

 

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2 Réponses

  1. Virginie/Cat Sy

    Ahhhh la Lanscailler … la reine des pommes, je suis bien d’accord ! ♥ Merci pour la découverte de ce chouette jardin. Belle journée 🙂

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