C’est l’un des plus précieux auxiliaires du jardinier. Ses larves se gavent de pucerons. Adulte, il pollinise à qui mieux mieux. Interview exclusive de Robert, syrphe besogneux en banlieue parisienne. 

Hortus Focus. Mais vous allez arrêter de bouger, Robert ? J’ai des questions à vous poser…

Robert. Désolé, j’étais un peu shooté par le nectar du fenouil de votre jardin. Je passe en vol stationnaire, c’est l’un de mes privilèges. On n’est pas nombreux chez les insectes à pouvoir le faire. 

Qui êtes-vous vraiment Robert ? Une fausse guêpe ? Une abeille épilée de partout ?

Je me demande ce qu’on vous apprend à l’école des humains ! Non, ignorante, je ne suis ni une abeille ni une guêpe. Ma famille, c’est celle des mouches ! Ça vous en bouche un coin ? Et pourtant, je suis bien un diptère, moi, Madame. 

©moonflash-london

Vous fâchez pas ! Et comment fait-on la différence entre une guêpe et vous ?

Faut vraiment tout vous expliquer… D’abord, j’ai des gros yeux proéminents. Et si vous me prêtez attention, vous constaterez que je suis un mâle, car mes yeux sont accolés ; chez les femelles, ils sont séparés. Et puis, les guêpes ont 4 ailes, je n’en ai que 2 et cela me suffit pour voler à une vitesse délirante ou faire du sur-place en fonction de mes envies et de mes besoins. Encore un point, ma taille n’est pas pincée, je peux donc dire que je n’ai pas de “taille de guêpe” ! Enfin, je ne pique pas, moi ! Satisfaite ?

Il parait que vos épouses ne pondent pas n’importe où. On fait les malins en plus ?

Écoutez, très chère, on est comme tout le monde ! Un petit crac-crac vite fait, d’accord, mais il faut gérer les conséquences et, assurer la subsistance de nos rejetons. Donc, nos amoureuses vont pondre 500 œufs environ, là où nous avons repéré des colonies de pucerons dont se nourrissent nos petits. Vous ne feriez pas la même chose, vous ?

Me nourrir de pucerons ? N’y pensez même pas ! Ça m’embêterait de piquer la pitance de vos affamés…

C’est vrai qu’ils ont de l’appétit mes gamins ! À l’état larvaire, ils sont capables de se goinfrer de plusieurs milliers de pucerons avant de se transformer en nymphes puis en imagos, c’est-à-dire en adultes comme moi !

J’ai entendu parler de vous comme un Wonder pollinisateur… Un peu crâneur, Robert ?

Que nenni ! Je suis un super pollinisateur ! Je me nourris de nectar, je m’en gave, je butine grave… Et, donc, j’assure un max côté pollinisation, vous pouvez me croire ! 

Je suis conquise, Robert. Comment faire votre bonheur ?

Faites simple ! Offrez-moi ce que j’aime, des ombelles de carotte sauvage, de fenouil, de cerfeuil, d’angélique, de coriandre. Donnez-moi de la bourrache, des roses, de la lavande, des cosmos, des soucis, de la phacélie, des pissenlits. Et n’oubliez pas un petit peu d’eau dans une coupelle pour m’éviter la déshydratation. 

On se pacse, Robert ?

Vous êtes mignonne, mais, entre nous, ça va pas le faire ! Je suis farouchement indépendant. J’habite dans des haies, des tiges, des cavités et même dans des tuteurs. C’est pas une vie pour vous, chérie !

 

 

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2 Réponses

  1. Hajjar

    J’ai adoré l’histoire de Robert le syrphe je vais le surveiller dans mon jardin maintenant

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    • Isabelle Morand

      Bonsoir Martine ! Merci ! j’ai adoré l’interviewer mais bon il ne veut pas se marier ni se passer avec moi et j’en suis désolée !! Bonne soirée et bon week end

      Répondre

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