Un vallon tout doux, une falaise peuplée de bruyères, une maison de pierres, une rivière, une belle collection d’érables, une autre de chênes, des floraisons printanières éblouissantes, des feuillages merveilleux en automne… Nell et Philippe Wanty ont façonné un arboretum à contempler, humer, admirer. Il est aussi leur lieu de vie…

Hortus Focus. Je ferme les yeux, emmenez-moi à la découverte de votre arboretum…

Philippe Wanty. Il s’ouvre sur une prairie bordée par une collection de chênes américains et asiatiques. Il se poursuit par une colonne vertébrale faite de charmille, une structure végétale inspirée du Land Art. Comme une pause, une clairière où éclatent les rhododendrons au printemps marque la séparation d’avec la forêt aux lisières travaillées. Puis, on rejoint le bassin auquel fait face la maison qu’on croirait là depuis des siècles…  Après voir longé une clairière habitée notamment par groupe de cornouillers, la descente se poursuit vers la rivière, la Sédelle, et la falaise couverte de bruyères. C’est cette dernière parcelle qui demande le plus de travail. Il faut tailler les bruyères, éliminer les ronces et les repousses de chêne en intervenant dans les rochers. C’est un milieu agricole qui a besoin de la présence de l’homme. Nous n’avons pas pris l’option ovins… et intervenir dans le relief peut être dangereux”.

Pourquoi avoir choisi de faire de l’érable votre principale collection ?

Ce sont des arbres que nous aimons beaucoup avec Nell. Et la terre, très filtrante, est idéale pour leur culture. Le tout premier arbre installé dans la partie forestière de l’arboretum fut d’ailleurs un érable de Pennsylvanie (Acer pennsylvanicum), le seul érable américain de la collection. On ne le voit pas du parcours ouvert au public, mais je peux vous dire que c’est aujourd’hui un énorme sujet. Nous avons environ 80 espèces et sous-espèces d’érables qu’on ne voit pas souvent comme les coréens, les chinois et surtout les érables à peau de serpent, comme les Acer griseum dont l’écorce est sublime en hiver. 

 

Arboretum de la Sédelle ©Isabelle Morand

 

Sont-ils faciles à acclimater ?

Pas toujours. Même si nous sommes dans une partie de la Creuse au climat moins dur que celui du plateau des Millevaches, un bon coup de gel ou un gel qui perdure peut faire des dégâts sur les jeunes plants. Mais s’ils résistent les premières années, plus rien ne les arrête !

Existe-t-il un arbre dont la plantation vous rend particulièrement heureux ?

Oui et ce n’est pas un érable, mais un Firmiana simplex (NDLR : on l’appelle Parasol chinois ou Sterculier à feuilles de platane) qui se trouve à côté de la salle de conférences, dans le haut du jardin. J’avais récupéré des graines à Paris, à côté de la Tour Eiffel. C’est une plante qui réclame un peu de chaleur et elle est sensible au gel. Ici, ce Firmiana a résisté en pleine terre à – 27°C. Il pousse comme un fou ! J’ai travaillé en Afrique, il me rappelle les Tropiques et le papayer. 

Avez-vous connu des échecs ?

Pas vraiment des échecs, mais nous avons perdu deux arbres à cause du gel. Un kaki placé dans une zone plutôt humide et qui n’a pas supporté un coup de gel carabiné et un érable de David (Acer davidii), en pleine végétation et qui a été victime d’un gel précoce à l’automne.

Quels sont vos envies, vos projets aujourd’hui ?

12 hectares, ce n’est pas bien grand pour un arboretum… On ne pas planter plus ! Nous sommes à saturation et donc un peu frustrés de ne plus pouvoir planter. Alors, on se pose des questions… Faut-il passer la main ? Faut-il aller ailleurs pour refaire autre chose ? On aimerait changer. D’un autre côté, nous avons un cadre de vie superbe et regarder grandir tout ce que nous avons planté est une telle chance…

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo de cet article. Plus d’infos sur l’arboretum de la Sédelle, c’est PAR ICI !

 

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