Vive les échanges internationaux ! Après le frelon asiatique, l’écureuil de Corée, la mangouste de Java et autres espèces invasives, voilà les plathelminthes, des vers plats friands de “nos” vers de terre et escargots. À surveiller de très, très près !

Comment les identifier ?

bipalium ©Vengolis/WikimediaCommons

Ce sont des vers plats. Il en existe plusieurs espèces dont certaines ont été observées en France. La plus courante se nomme Obama nungara : le ver est marron, extra-plat. Une autre espèce est noire à bande jaune. Le Caenoplana coerulea présente un ventre bleu. Les Bipalium ont une tête en forme de marteau… Le Platydemus manokwari ou plathelminthe de Nouvelle-Guinée n’est pas plus épais qu’une crêpe, on le reconnait à une fine ligne médiane plus claire et il a été observé dans une serre du Jardin des plantes de Caen… Dans tous les cas, on ne peut pas les confondre avec nos lombrics ronds ! 

 

 

Une grosse faculté d’adaptation…

Ces vers tout terrain peuvent aussi bien prospérer dans des zones tempérées fraiches que sous des climats tropicaux. Le Platydemus manokwari, par exemple, vu dans les régions montagneuses de la Nouvelle-Guinée à une altitude de 3 000 m. Autant dire que le froid ne lui fait pas peur…

Pourquoi faut-il le redouter ?

©Tinieder

Le plathelminthe, toutes espèces confondues, figure au palmarès des 100 espèces exotiques les plus invasives au monde d’après le CNRS. Introduit vraisemblablement avec des plantes en pots, cette sale bestiole est une menace pour l’écosystème surtout pour les espèces endémiques. Sa nourriture de prédilection :  les vers de terre et les escargots terrestres. Pour dévorer tout cru les escargots, le plathelminthe se transforme en agent secret. Il est capable de les pister, de “grimper” aux arbres pour n’en faire qu’une bouchée. Il serait même capable de les attaquer en “bande organisée” !

Les lombrics sont, eux aussi, des mets de choix pour le plathelminthe. Or, ils sont un maillon indispensable de la biodiversité et les garants de la fertilisation des sols. Mais devant le plathelminthe, nos vers de terre sont sans défense. 

La situation est donc à prendre au sérieux. Si vous repérez un ou plusieurs plathelminthes dans votre jardin, il faut le signaler auprès du spécialiste français des plathelminthes, le professeur Jean-Lou Justine, chercheur au Muséum National d’Histoire Naturelle, auteur d’un blog hyper documenté (QUE FAIRE SI JE TROUVE UN PLATHELMINTHE)

Même les poules n’en veulent pas !

Les poules, bien connues pour ne pas être fines gueules, dédaignent le plathelminthe. À raison puisque selon le professeur Justine, au moins une des espèces observées en France contient une neurotoxine très puissante (la tétrodotoxine connue pour être présente dans le foie, les ovaires, les intestins et la peau du fameux fugu, le poisson-globe dont raffolent les Japonais). Par conséquent, si vous trouvez un plathelminthe, ne le touchez pas à main nue, on ne sait jamais. 

 

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