Après le succès mondial de sa tondeuse écologique, voici la nouvelle invention totalement révolutionnaire de Thierry Jeanne. Dans son atelier de poterie, Au grès du temps, dans le Cotentin, il a mis au point un objet tout simple, mais terriblement efficace : l’étrangle-taupe (voir notre vidéo !).

Il faut dire que cet animal fouisseur fait enrager bon nombre de jardiniers. Les disgracieux petits tas de terre dans une pelouse sont une insulte faite à notre travail de fourmi laborieuse. Même si la qualité et la finesse de la terre produite par l’animal sont indéniables, on préfère qu’elle aille se faire voir ailleurs, dans un jardin voisin, celui d’une vieille taupe par exemple…

On ne peut pas dire que l’animal bénéficie d’un gros capital sympathie à part chez les fans de déco qui utilisent la couleur de son pelage sur les murs de leur chambre ou les coussins de leur canapé. Une couleur indéfinissable, mais définitivement Taupe Modèle  !

Les grands moyens !

De tout temps, les cultivateurs et les jardiniers ont donc traqué la taupe. Du temps de Louis XIV, la bestiole pullulait dans les jardins du château de Versailles et tâche était confiée à une quarantaine de taupiers de lutter au quotidien contre les rongeurs.  C’était – forcément – l’époque du piégeage artisanal avec l’usage de pinces disposées à l’entrée des trous. Il exista même, au XIXe siècle, deux écoles, une dans le Val-d’Oise et l’autre dans le Calvados, pour apprendre le piégeage.

Un art de la capture remplacé au fil des siècles par des méthodes plus violentes, plus expéditives, mais souvent peu efficaces. Un peu comme si nous étions passés directement pour nous battre de la petite fronde précieuse au gros bazooka foireux. On s’est donc mis à chasser les taupes à coups de bâton de dynamite (performant, mais dangereux), de fumigènes (ah ah ah, rigole la taupe qui s’empresse de boucher les conduits gazés), d’ultra-sons (produit gros consommateur de piles et à l’envergure d’action quasi ridicule). Résultat : aujourd’hui, on en revient au piégeage naturel confié à des spécialistes de la chose (Taup’Green, Les Taupiers d’antan…)

 

Œil pour œil, dent pour dent…

La taupe et son mets favori, le ver de terre ©Tranper2

Malgré le peu d’affection qu’on lui porte, les croyances populaires ont longtemps cru à quelques pouvoirs magiques de l’animal. En Sarthe et en Alsace, par exemple, on avait confiance en elle pour éloigner les maux de dents des bébés. Il fallait les capturer vivantes, leur couper les pattes portées ensuite en amulettes ou en collier par les enfants. 

Contrairement à ce qu’on entend souvent, la taupe n’est pas aveugle. Peut-être est-elle vraiment myope… La seule chose certaine c’est que ses yeux sont atrophiés, minuscules puisqu’ils ne lui servent pas à grand-chose sous terre ! En 1773, voici ce qu’écrivait Antoine-Angélique Chomel dans ses “Aménités littéraires et recueil d’anecdotes” : “Pour découvrir l’œil de la taupe, il faut lui piquer le nez avec une épingle ; il en fort quelques gouttes de fang. Cette blessure lui donne la mort ; et c’est dans les derniers moments de fa vie qu’elle agite les poils qui en cachent le globe : ils fe redressent, se rapprochent et s’écartent alternativement trois à quatre fois ; temps pendant lequel on peut observer le jeu & l’action de cette partie de la tête”. Évidemment, on le croit sur parole !

En plus de sa mauvaise vue, la taupe est dure de la feuille. La nature étant bien faite, elle compense ces handicaps par une ouïe et un odorat hyperdéveloppés, des pattes avant monstrueusement puissantes qui lui permettent de creuser 20 m de galerie par heure à la recherche de sa nourriture de prédilection, les vers de terre pas bien véloces. 

Herbes anti-taupe

Certaines plantes dégagent une odeur qui incommode la taupe. Éloignez-là de vos massifs, pelouses et potagers en plantant de l’ail, de l’oignon, des jonquilles, des narcisses, des fritillaires impériales, des jacinthes, des incarvillées, du ricin ou des Euphorbia lathyris (surnommés herbe-à-taupe). 

 

Isabelle et Thierry Jeanne ©Isabelle Morand

Thierry et Isabelle Jeanne sont potiers, maîtres artisans d’art,  dans le Cotentin. Dans leur atelier “Au grès du temps”, à Lithaire, ils fabriquent des poteries, des bordures anciennes, des nichoirs, le tout NON GÉLIF, grâce à une cuisson à très haute température.  Pour consulter leur catalogue et admirer leurs créations, CLIQUEZ ICI !

Notre reportage exclusif sur la tondeuse écologique, c’est PAR LÀ !

 

 

 

 

 

 

8 Réponses

    • Isabelle Morand

      Bonjour. Selon toute vraisemblance, vous n’avez ni regardé la vidéo ni lu l’article…

      Répondre
  1. Jean Marie Florent

    Vraiment géniales les inventions de Thierry !
    Dommage quil boude la Fête des Plantes de Locon….. où il nous avait dévoilé son incroyable découverte de la tondeuse écologique !

    Répondre
  2. Bénédicte

    Je ne sais pas par quel miracle mais je n’ai jamais eu une seule taupinière dans mon jardin.(depuis 15 ans). Et c’est tant mieux car tuer un animal est un acte qui serait difficile pour moi… Amitiés. Béné

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.