Il était une fois une histoire très douloureuse. Il était une fois une très belle histoire. Celles de Wael Sahle. De la Syrie à la France. Potier à Damas, il travaille aujourd’hui pour les Poteries d’Albi où son savoir-faire complète les talents déjà présents dans cette entreprise dirigée par Lore Camillo.

 

En 2011, la guerre éclate en Syrie. Wael habite alors à Damas. Il possède son entreprise, il y est tourneur, son épouse est spécialisée dans la décoration des pots, son frère pratique le coulage et cinq autres personnes sont employées. Les mois passent, la guerre s’installe. Wael décide de fuir avec sa femme et leurs quatre enfants, deux filles et deux garçons. Première étape : la Jordanie où la famille passe trois ans. Puis, direction la France qui accorde aux Sahle le statut de réfugiés.

Après un passage à La Rochelle, les Sahle s’installent dans le Tarn. Les enfants sont scolarisés, Wael cherche du travail, difficile quand on ne parle pas encore français. Pour ne pas perdre la main et parce que la poterie est, pour lui, plus qu’un métier (“La terre, c’est mon âme”), Wael vient acheter de la terre aux Poteries d’Albi. Il crée ses œuvres chez lui et revient aux Poteries pour les faire cuire. 

Le mystérieux client est devenu tourneur

poteries

Lore Camillo – Les Poteries d’Albi

Un matin, Lore Camillo, la propriétaire de l’entreprise, sacrifie à l’une de ses habitudes : regarder les pièces sorties des fours. Les œuvres de Wael l’interpellent : “J’ai reconnu la patte d’un pro, un vrai talent. Je me suis renseignée auprès de mon équipe. J’ai appris qu’il s’agissait d’un étranger, sans autre précision. J’ai demandé qu’on ne lui fasse plus rien payer désormais, ni la terre, ni la cuisson, d’autant qu’il avait fait comprendre avoir du mal à s’acquitter des factures. L’histoire en restera là…”. Là ? Pas vraiment. Quelque temps plus tard, Lore reçoit la visite du CASAR (Comite albigeois de solidarité avec les réfugiés) qui lui demande si elle veut bien faire réaliser quelques pièces, comme un test, à un réfugié syrien palestinien. “Quand j’ai vu les pots, j’ai su que c’était lui, le mystérieux client… Depuis Wael a rejoint notre équipe de tourneurs.” 

 

 Une future gamme ?

Voir travailler Wael à main levée, sans calque, est vraiment impressionnant… On se prend à ne plus parler pour mieux observer la précision de chacun de ses gestes, de ses traits, la délicatesse des dessins. Son style n’a rien à voir avec celui des Poteries d’Albi mais c’est une richesse pour Lore Camillo : “Je tiens à ce que chacun puisse s’exprimer, donner des idées. Les œuvres de Wael me font gamberger. J’aimerais qu’on puisse sortir une gamme qui combinerait son talent et notre savoir-faire à tous ici. Une gamme adaptée aux envies des Français…”

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