On les utilise en lutte biologique. Ces pièges libèrent des hormones sexuelles de synthèse qui attirent les insectes mâles. Le but : limiter la population des reproducteurs, les fécondations et donc les pontes. Ils permettent aussi de repérer les vols d’insectes et d’agir préventivement.  

Qui a découvert les phéromones ?

Grand paon de nuit (Saturnia pyri) ©Alfred Brumm

Si l’existence des phéromones humaines et leurs effets sont encore sujets à études (et controverses), il n’en est pas de même pour les phéromones émises par certains végétaux et la plupart des animaux. On doit au naturaliste et entomologiste Jean-Henri Fabre  (1823 – 1915) un passionnant récit de quatre années d’observations et d’expériences autour du Grand paon de nuit. Dans ses “Souvenirs entomologiques”, il est le premier à s’interroger sur le rôle possible “d’effluves subtils, peut-être même d’une odeur émise par la femelle” pour attirer les mâles. Quand il installe une femelle sous une cloche en toile métallique, les papillons envahissent sa maison. Quand il enferme la femelle dans une boîte hermétique, les mâles sont aux abonnés absents. Il va même, dans le cadre de ses expériences, couper les antennes des mâles pour vérifier une hypothèse : et si les antennes étaient les réceptrices des supposés effluves ? Et Jean-Henri Fabre de conclure (provisoirement) : “Faute du délai nécessaire à l’expérimentation, le rôle des antennes nous échappe. Douteux, il était avant, douteux il reste après.”

Cours après moi que je t’attrape !

Jean-Henri Fabre avait raison ! Ce sont bien les antennes qui, en général, chez les lépidoptères (papillons) et les insectes mâles captent les phéromones sexuelles émises par la femelle en quête d’un reproducteur. Il existe plusieurs types de phéromones (territoire, alarme, trace, agrégation), mais les pièges que vous trouverez dans le commerce n’utilisent que des phéromones de synthèse destinées à créer la confusion chez les mâles. Elles reproduisent à la perfection les signaux chimiques émis par les femelles prêtes à l’accouplement. Les mâles ont l’antenne fine (à défaut d’oreille…), rappliquent vers la fausse femelle et sont pris au piège. Pour l’anecdote, un insecte est capable de copuler avec un bout de coton hydrophile imprégné de phéromones… C’est vous dire si ça fonctionne !

Moins de mâles, moins d’accouplements (mais plus de femelles un peu frustrées sans doute…), fécondations en chute libre, moins de bébés insectes pour enquiquiner nos fruitiers, nos buis, etc.

Les pièges sont également un excellent moyen de repérer les futurs problèmes. Il faut donc les contrôler régulièrement. La présence, le nombre des papillons permettent de savoir que l’opération Reproduction est en cours, d’estimer son ampleur et de déclencher la contre-attaque (toujours avec des traitements bio, bien évidemment). 

piège Solabiol contre le ver du prunier

Les pièges existants et où les installer ?

Ils se composent d’un diffuseur de phéromones de synthèse spécifique à un insecte et d’un système de capture (boîte remplie d’eau – eh oui, les insectes n’ont pas de bouée, ils s’y noient) ou une plaque engluée disposée dans une petite maison en triangle.

Dans les fruitiers, installez le piège dans l’arbre, à hauteur d’homme (ou de femme…) pour pouvoir le contrôler régulièrement et facilement. En phase de surveillance, 1 piège suffit. Si les bestioles passent à l’attaque, comptez 1 piège pour 5 arbres.

Au potager, les pièges s’installent au milieu des rangs cultivés, au-dessus des feuilles.

Autour du tronc pour les pins.

Quand les installer ? Pour lutter contre quoi ?

  • Carpocapse du pommier, du poirier, du prunier, du noyer : si vos fruits sont véreux, vous tenez le coupable ! La larve de ce papillon (Laspeyresia pomonella ou Cydia pomponnera) se régale de leur chair. Pièges à poser de mi-mai à fin août.
  • Mouche de la cerise : Mme Rhagoletis cerasi n’a rien de mieux à faire que de percer la peau des cerises en formation pour y déposer ses œufs. Résultat : des mini-asticots blancs bien dégoûtants quand on les découvre. Pièges à poser de début mai jusqu’à la fin de la récolte.
  • Mouche de l’olive : on la traque dans les oliveraies, car, si Bactrocera oleae ou Dacus oleae épargne la santé de l’arbre, elle rend en revanche les fruits inutilisables. Pièges à poser de fin avril à début août.

 

©rasbak/wikimedia

  • Mouche de la carotte : c’est une sournoise la larve de cette Psilia rosae. La mouche dépose ses œufs ni vu, ni connu et quand vous sortez les carottes de terre, beurk ! On peut dire qu’elles ne font pas très envie avec leurs galeries noires (couleur des déjections de la bestiole…). Piège à poser de mi-avril à juillet ou septembre.
  • Teigne du poireau : la larve de l’Acrolepiopsis assectella s’attaque aux poireaux, aux oignons, à l’ail, à l’échalote, mais également aux hémérocalles ou à l’ail d’ornement. La femelle dépose ses œufs sous les feuilles. Les larves commencent par se goinfrer des feuilles puis s’attaquent au fût du poireau ou aux bulbes. Piège à installer de mars à avril et de juin à août.
  • Noctuelle du chou : ces larves de Mamestra brasicae ne passent pas inaperçues (3 à 5 cm au dernier stade de leur développement). Comme leur nom vernaculaire l’indique, elles bossent la nuit et grignotent les feuilles de chou, mais aussi celles des navets, des betteraves. Elles semblent ne jamais pouvoir être rassasiées. Piège à poser de mi-mai à début juin.

Piège à pyrale du buis ©Isabelle Morand

Et contre la pyrale du buis ?

Youpi ! Les pièges existent. Il reste que, quand on a beaucoup de buis, installer des pièges peut coûter très cher (même si les pièges sont réutilisables plusieurs années). Ces chenilles horriblement voraces peuvent débarquer dès la mi-février (les jardiniers de la Drôme par exemple en savent quelque chose…). Plusieurs générations se succèdent dans l’année, c’est l’enfer pour les combattre. Ou alors, il faut renoncer à ses buis ce que bon nombre d’entre nous ont fait ces dernières années… Les pièges sont donc à installer de mi-février (si vous habitez dans le sud) à octobre. 

Et contre la chenille processionnaire du pin ?

©jardins animés

Là aussi, des pièges existent. Ils sont indispensables quand les pins sont atteints dans les jardins, dans les zones où l’on trouve des écoles, des crèches, des entreprises, etc. Je garde le souvenir horrible d’une balade dans une forêt drômoise où chaque pin hébergeait entre deux et dix cocons. Le problème de ces chenilles, c’est qu’elles sont capables de projeter en l’air des poils microscopiques. Ces poils-harpons déclenchent des réactions allergiques qui peuvent être graves chez les humains et mortelles chez nos animaux domestiques. Pour savoir quand et comment  l’installer, voir notre article consacré à cette chenille

 

 

Où trouver ces pièges ?

 

 

"Lien

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