Mullerthal, une nature grandiose !

 

Le Mullerthal, surnommé  « petite Suisse luxembourgeoise », est couvert de grandes forêts traversées par de spectaculaires formations rocheuses. Depuis 200 ans, il est un paradis pour les randonneurs  (il a été reconnu par la Fédération Européenne de la Randonnée Pédestre comme un des meilleurs sites d’Europe.)  La région a une géologie très particulière et, selon les sentiers, le paysage alterne entre roches monumentales, gorges étroites, sous-bois moussus, vallons romantiques et praires ensoleillées… Une merveille ! La région a postulé, cette année, pour son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que site naturel. 

 

Curiosités et petites histoires au fil de la marche…

 

Gorge des Loups ©Valérie Collet

La Gorge des Loups (sentier n°2)

Avec ses deux grands rochers de part et d’autre, qui auparavant ne faisaient qu’un, elle est une des meilleures illustrations de la géologie du Mullerthal. La région, en effet, est traversée par des falaises de grès de 70 mètres de haut résultant de la compression du sable par l’eau, lorsque la mer recouvrait tout le paysage, il y a 200 millions d’années.

Cette épaisse couche gréseuse s’est constituée au-dessus de couches marneuses et argileuses. Lorsque l’eau infiltrée à l’intérieur ressort à la base de ces gros rochers, le substrat de marne et d’argile agit sur eux comme une planche de savon sur laquelle ils glissent. Une instabilité surveillée de très près par les géologues, car régulièrement, des panneaux entiers de roche se déplacent ou se détachent les uns des autres, provoquant des fractures (non sans danger) dans le paysage!

 

 

Champignon corail ©Alain Muller

Champignon corail

Ce très joli champignon aux allures de corail est aussi appelé clavaire et peut ressembler à un arbre nain ou à un bonsaï. Celui-ci est orange vif, mais il y en a des gris (Clavulina cinerea), des beiges, des jaunes-dorés (Ramaria aurea), d’autres encore pouvant avoir la forme d’une massue (Clavariadelphus pistillaris). Ces derniers sont comestibles ; au début du XXe siècle, les enfants de familles modestes s’en faisaient des friandises en les trempant dans de l’eau sucrée d’où leur surnom de « sucettes des pauvres ».

 

 

Le Fonctionnaire paresseux ©Valérie Collet

 

Le Fonctionnaire paresseux

On a ainsi surnommé ce gros rocher qui glissant doucement, semble s’affaler et se reposer sur son voisin ! Il n’est pas le seul à avoir hérité d’un nom ou d’un surnom. C’est par exemple le cas du Champignon, du Mandarin, de la Tête de Turc, du Mangeur de rocher ou de l’Homme de l’âge de pierre. Certains ont été ainsi baptisés par l’armée du Luxembourg, au 19e siècle; d’autres, tout simplement par la population qui face à ces étonnantes formations de grès a échafaudé de nombreuses légendes pleines de monstres, d’ogres et de créatures inquiétantes…

 

Néottie nid d’oiseau ©Alain Muller

 

Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis)

Cette orchidée brune tient son nom de l’enchevêtrement formé par ses racines et ses rhizomes. Une plante parasite ? Dépourvue de chlorophylle, elle est incapable de réaliser la photosynthèse et pour pourvoir à ses besoins, vit en osmose avec un champignon lui-même associé aux racines d’un feuillu. Un mariage à trois, pas vraiment équitable, dans lequel il y a un volé (l’arbre), un voleur (le champignon) et un receleur (l’orchidée) !

 

 

 

Moulin Heringer ©Valérie Collet

 

Heringer Millen (Moulin de Heringer)

Étape obligée sur le sentier de randonnée n°2, ce moulin du XVIIe siècle était un des principaux de la région et abrite aujourd’hui un centre de tourisme et un restaurant. Dans sa cave, il a conservé de vieux outils et de vieilles machines, un four à bois où l’on cuit encore le pain. Lors de la visite, on peut le voir en état de marche avec sa vieille meule en pierre. On peut aussi acheter les petites spécialités du coin : eaux de vie, liqueur de cassis, gelée de pissenlit, confitures…

 

 

 

Doigts du diable ©Alain Muller

 

Doigts du diable ou champignon pieuvre (Clathrus archeri)

Cet étrange champignon rouge vif a des « tentacules » pouvant atteindre plus de 10 cm. Pour certains, il ressemble à un calamar ; pour d’autres à un bonnet de lutin. Venu d’Australie et de Nouvelle-Zélande, il serait apparu en France vers 1920 pour se propager ensuite dans toute l’Europe. Proche du Phallus impudicus (le Satyre puant), il sent largement aussi mauvais que lui, son odeur tendant vers la charogne !

 

 

 

Grotte Huellee ©Valérie Collet

Grotte Huellee

Sur le sentier de randonnée n° 2, entre Echternach et Berdof, on trouve cette grotte dont les parois montrent des traces d’excavation circulaires. Comme en témoignent des plaques gravées au nom des anciennes fabriques, on y a taillé, jusqu’au début du XXe siècle, les meules en pierre pour les moulins qui étaient très nombreux (environ 70). La technique employée était particulière et délicate (avec des pieux de bois). Un peu plus loin une autre grotte nommée l’ « amphithéâtre » a connu le même usage que celle-ci avant de servir à entreposer du lin.

 

 

 

-Hymenophyllum tunbrigense ©Alain Muller

 

Hyménophylle de Tunbridge (Hymenophyllum tunbrigense).

Cette petite fougère dont les feuilles très fines ne dépassent pas 3 centimètres est extrêmement rare. Elle pousse à même le rocher, là où l’humidité est à son maximum, à l’intérieur de gorges très étroites, peu éclairées et où la température ne descend pas en dessous de 14 degrés. Il lui faut 20 ans pour atteindre la taille d’une touffe grande comme la main ! C’est une espèce protégée. C’est pourquoi les guides vous en parlent, mais rares sont ceux qui vous la montrent…

 

 

 

Amadouvier ©Alain Muller

Amadouvier (Fomes fomentarius)

Ce gros champignon en sabot de cheval pousse sur les troncs d’arbres vivants ou morts. Il est le plus souvent gris brun, mais on en trouve aussi de plus colorés comme celui-ci, véritablement arc-en-ciel ! L’amadouvier tire son nom de l’amadou qu’il contient (nom d’origine provençale qui signifie « amoureux » : celui qui s’embrase). En effet, cette matière cotonneuse a servi aux hommes préhistoriques pour faire du feu et, plus tard, à confectionner des mèches de briquet.

 

 

 

Château de Beaufort ©Valérie Collet

Château de Beaufort, le roi du cassis!

Il a été construit entre le XIe siècle et le XVIIe siècle. Ses ruines médiévales se visitent ainsi que son extension Renaissance qui a conservé toutes ses pièces dans leur jus. On peut y goûter et acheter le fameux Cassero fabriqué  entre ses murs : une liqueur de cassis produite dans la région depuis les années 1920 suivant une recette tenue secrète. La culture du petit fruit noir, abandonnée dans les années 60, renaît ici depuis cinq ans grâce à la volonté de deux producteurs : Jacqueline Kuijpers et Jean-Paul Friederes.

www.liqueurs-du-château.lu et www.eppelpress.lu  

 

 

Où dormir: Hôtel Le Bon Repos**** à Scheidgen qui a aussi un bon restaurant. Ou à l’Hôtel Trail Inn*** (économique), à Berdof. 

Où se restaurer: à midi, à la Brasserie du Moulin de Heringer, à Mullerthal. Le soir, si on n’est pas trop pressé, au Vieux Moulin à Echternach.  

Pour tous les renseignements (chemins de randonnées, cartes, transports, hébergements…) s’adresser à l’Office du tourisme du Luxembourg: www.visitluxembourg.com

 

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