Hildegarde de Bingen

Sainte Hildegarde de Bingen, docteur de l’Église “nouvelles de chrétienté” le 8 octobre 2012

Communément appelée « médecine des bourgeons », la gemmothérapie fait partie de la grande famille des phytothérapies, lesquelles proposent de prévenir et de traiter une variété de problèmes de santé à l’aide des végétaux. Elle trouve ses racines dans une histoire que les écrits font remonter au Moyen-âge. En Rhénanie [Allemagne], Hildegarde Von Bingen n’est pas une femme ordinaire pendant les 81 années que dure son existence entre 1098 et 1179.
Nous l’avons interviewée au cours de l’un de nos déplacements dans le temps.

Hortus Focus : Hildegarde, pourquoi avoir pris le voile ?

Hildegarde von Bingen : Je n’ai pas vraiment eu le choix ! Dois-je vous rappeler que je vivais au Moyen-Âge dans une famille noble et qu’on m’a offerte à Dieu à 8 ans ? Mais, j’en ai bien profité, car au lieu de devenir femme au foyer à 15 ans, j’ai étudié et j’adorais ça. Le couvent bénédictin m’a protégée de l’agitation et j’ai pu consacrer tout le temps que je voulais à lire, observer et écrire dans des conditions exceptionnelles.

HF : Est-ce ainsi que vous vous êtes intéressée aux plantes ?

HvB : Quand j’ai pris la direction du couvent, je l’ai désolidarisé du monastère où se trouvaient les hommes. J’ai pu repartir de zéro. J’ai planté un potager pour nourrir le couvent, mais également un jardin d’herbes médicinales, un verger et un arboretum pour pouvoir observer leurs bienfait sur la santé. Les sciences m’ont toujours passionnée, je possédais mon propre champ d’expérience. L’interaction entre la nature et le corps humain m’a occupée toutes ces années. Soulager les maux du corps et de l’âme était ma vraie vocation, car je crois qu’ils sont inséparables.

HF : Vous avez commencé par un travail de naturaliste, pourquoi ?

HvB : Vous qui avez internet, vous ne savez pas à quel point nous avons fait un gros boulot pour répertorier ce que nous voyions au fil des siècles. C’est ce que je fais dans liber de plantis, première section de mon livre de la Physica. Je peux l’avouer maintenant, j’ai mêlé des connaissances acquises par mes lectures et mes observations (je sais que les historiens s’en sont aperçu !). Et ce qui m’intéresse fondamentalement, c’est la perspective médicale, le rôle des plantes dans l’alimentation, pour rester en bonne santé, et leur rôle thérapeutique. Ce n’est pas si facile de développer une connaissance pharmacobotanique au Moyen-Âge ! Je reconnais que j’ai parfois été un peu brouillonne dans la présentation, mais le copier-coller n’existait pas ! On les ingère, crues ou cuites, entières ou en décoction, macérées ou découpées. On les sent et leurs arômes sont actifs. On les admire pour retrouver la paix. Les plantes sont d’une telle richesse que toute une vie ne m’a pas suffi.

HF : Vous avez néanmoins été reconnue comme une des premières “femmes médecins” ?

Potions

HvB : C’est vrai, mais ce serait vite oublié toutes ces femmes que nous avons traitées de sorcières et parfois même brûlées vives. Avec le recul, je le regrette. Pour ma part, j’ai rassemblé mon travail thérapeutique dans Causae et Curare dans lequel j’ai noté tout ce qu’on pouvait constater afin qu’on puisse mieux soulager les maux de mes contemporains. Les plantes nous sont indispensables, toutes, quels que soient leurs effets, car, en fonction des dosages, on peut leur trouver des vertus thérapeutiques.

Et puisque c’est votre sujet, j’ai constaté la puissance des bourgeons que je laissais macérer dans de l’huile d’olive sans trop comprendre comment cela fonctionnait.
Je sais que Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) a approfondi la connaissance dans son livre “La métamorphose des plantes” et  les utilisations thérapeutiques des bourgeons. Mon intuition de départ se confirme. Puis, mais longtemps après, sont venus les Docteurs Pol Henry et Max Tétau, dans les années 50 du XXe siècle. Ils ont vraiment fait progresser la connaissance des bourgeons et des jeunes pousses. Je suis contente de cela, car au rythme où votre société détruit la nature, il va falloir trouver une véritable utilité aux plantes si on veut les sauver.

En savoir plus avec Libération sur Hildegarde de Bingen.

 
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