Certains fruits ont fait cavaler l’imagination et donné naissance à des noms vernaculaires particulièrement évocateurs : couilles du pape, couilles du sergent, roustonnier, arbre à testicules… Allez, c’est parti, on explore le sujet !

La figue, bonne à tout dire

Vérification de la virilité d’Innocent X ©Wikimedia

Depuis l’Antiquité, et notamment dans les textes d’Aristophane, la figue est associée au sexe féminin, – pas besoin de faire un dessin -. Le Grec demande notamment aux Dieux qu’ils “nous fassent récolter beaucoup de vin, beaucoup d’orge, et des figues à brouter ! Que nos femmes nous fabriquent des marmots !”. Vous noterez au passage que les femmes arrivent en troisième position, il m’agace Aristophane. Les boutures de figuier étaient alors utilisées pour désigner le sexe des jeunes garçons.

Il a fallu attendre quelques siècles pour que la métaphore s’applique aux hommes. On ne sait pas si l’histoire est exacte, mais la légende dit que les papes nouvellement désignés devaient prendre place sur un trône percé et se prêter à la confirmation de leur sexe. Un cardinal était chargé de vérifier par palpation que le pape était un bien un homme. On dit qu’il devait alors clamer, devant le concile, la phrase suivante : “Il en a une belle paire et elles sont bien pendantes comme nos figues ». Le mot figues est désormais plus utilisé pour désigner les testicules que la vulve. Et il est courant d’entendre désormais traiter un pleutre de figue molle… 

©studioportosabbia

La Couille du pape

C’est le nom donné à une variété de figues provençales qu’on offrait aux mendiants à la sortie de la messe de minuit. C’est aussi le surnom d’une prune originaire d’Eure-et-Loir qu’il ne faut pas confondre avec ‘Belle de Louvain’, connue sous le nom de Couille de moine. Entre les deux extrêmes de la hiérarchie, pas de traces de couille d’archevêque ou de nonce apostolique, enfin, je n’en ai pas connaissance…

Le roustonnier

Ce pauvre Calotropis procera ne demandait sûrement à être ainsi désigné. Mais, après tout, c’est de sa faute… et celle des légionnaires qui l’ont croisé lors de leurs missions au Moyen-Orient et en Afrique. Les militaires l’ont aussi surnommé l’arbre à couilles. On voit mal tout d’abord le rapport entre les testicules et les fruits de couleur verte, mais, effectivement, au toucher, la consistance de la chose finit par mettre tout le monde d’accord avec les légionnaires… Je dis ça, je dis rien. On l’appelle aussi le pommier de Sodome et là, l’origine de l’expression n’est pas vraiment établie.  Les populations du Sahel utilisent toujours son écorce pour faire cailler le lait et son bois pour construire des huttes. Le latex, lui, est très toxique, pas question d’en faire des préservatifs. 

 

©zdenek-kajzr

©H. Tinguy

Mini couilles

Une jolie sauvage (Bifora radians) dont les ombelles laissent la place à des tout petits fruits, tout mimis, qui vivent en paires. Il n’en faut pas plus évidemment pour y voir… ce qu’on veut y voir. Le bifora rayonnant (tout un programme…) est une plante herbacée annuelle. Mieux vaut tripoter ses fruits que froisser ses feuilles qui dégagent une super mauvaise odeur de plastique brûlé. 

Le bois des couilles

C’est aux Caraïbes que vous pourrez tout à loisir admirer les drôles d’inflorescences du Marcgravia umbellata, une espèce décrite en 1753 par le naturaliste Carl von Linné. Lui n’avait sans doute pas l’esprit mal tourné. À vous de voir – ou pas – dans cette ombelle deux testicules lâches surmontés d’une couronne de mini-boules ou des p’tits zizis au repos protégés par un parapluie de testicules. Bref, d’autres ont bien remarqué avant vous cette étrange inflorescence qui vaut à cette liane tropicale toutes une série de surnoms : bois de couilles, josé bois-couille, bois pétard ou, plus inquiétant, patte du diable !

Filo’gèn / Wikipedia

©freya19

L’arbre à couilles de sergent

Pourquoi sergent ? Pourquoi pas adjudant, capitaine, général voire maréchal ? Le mystère demeure. Mais force est de constater que les fruits du badamier (Terminalia catappa) impressionnent. Tout ronds, verts passant au rouge… et délicieux ! On trouve cet arbre dans de nombreux pays tropicaux et notamment à l’île Maurice où il a été importé par les Indiens qui l’appelaient “badam”. On en a tiré son nom vernaculaire. La graine est aussi douce que celle d’une amande. Miam !

L’arbre aux boulets de canon

Le surnom d’arbre à couilles de sergent est également donné à l’arbre aux boulets de canon, c’est-à-dire Couroupita guianensis. Ce grand arbre, originaire d’Amérique du sud et des Caraïbes, est souvent planté à proximité des temples en Inde. Pas franchement une bonne idée car les fruits, qui peuvent mesurer jusqu’à 25 cm de diamètre, sont susceptibles de fracasser un crâne ! Et contrairement aux noix de coco, ils n’ont pas d’yeux. Dommage car tout le monde sait bien que les noix de coco ne tombent que sur les imbéciles, comme on le dit en Polynésie. 

©ThuTruong

 

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