Dans le jardin-atelier de Robert Arnoux

 

À la Chapelle-sur-Dun, petite commune de Seine-Maritime, le sculpteur Robert Arnoux peuple son jardin de  mystérieuses silhouettes. Dans ce vaste espace de 2 hectares, au beau milieu des plantes et des arbres, il nous conte la grande histoire des hommes à travers une promenade pleine de poésie. Rencontre.

 

Robert Arnoux ©Valérie Collet

Hortus Focus : Quand avez-vous acquis ce jardin ?

Robert Arnoux : Nous avons acquis le jardin (et la maison) il y a à peu près quatre ans. Il appartenait à un metteur en scène de télévision, Joël Santoni (Une famille formidable) qui a mis beaucoup de passion et d’années à le construire. On s’est mis dans ses petits chaussons et on a essayé de continuer son travail tout en le prolongeant.

Ce jardin était plutôt romantique, d’une belle élégance classique, très structuré, très organisé ; nous le modifions un peu à la marge par des notes plus contemporaines. Il avait aussi quelque chose d’un peu trop « propre sur lui ». Du coup, nous lui avons apporté des fougères, des érables. On va essayer de lui donner un peu plus de liberté tout en gardant la structure qui est remarquable et très abritée des vents dominants.

Par mon travail de sculpteur, j’essaie aussi d’y apporter la vie de mes personnages et puis, peut-être, un peu de poésie.

Comment est né ce projet ?

Il est né au fil du temps. Au début, je me suis rendu compte, en installant mes sculptures, que je racontais une histoire, ce que j’avais commencé à faire à Bagatelle, à Annevoie et dans différents jardins dans lesquels j’ai exposé. Finalement, ce jardin est un peu comme un livre ouvert sur nous, sur l’existence. Une façon de mettre en scène la vie des hommes depuis la naissance jusqu’à la fin de notre passage sur terre à travers les moments les plus importants : la rencontre amoureuse, l’attente et l’arrivée de l’enfant, les jeux familiers, la force de la communauté…

Le propos est de faire vivre des sculptures qui, pour moi, sont des personnages, des personnes qui vivent ici comme nous pourrions y vivre nous-mêmes. C’est un jardin à vivre pour elles. Elles s’y installent naturellement comme dans un jardin public.

©Valérie Collet

Parlez-nous du jardin du Feu

Quand on est arrivé ici, c’était la partie un peu pauvre du jardin. Il y avait un rectangle, deux arbres et c’est tout. J’ai réfléchi, mais je ne suis pas paysagiste. Un jour, lors de mon déménagement, je suis tombé sur un tableau que j’avais fait, une fresque représentant des personnages autour d’un feu. Je me suis dit : “C’est ça qu’il faut faire !”. Comme nous sommes très liés avec le paysagiste Guillaume Gosse de Gorre, je lui ai proposé une collaboration. Dès qu’il est arrivé, il a dit : « Je vois trois cercles ! ».

Au début, on ne savait pas ce qu’on allait mettre dedans. Petit à petit s’est construite l’idée de raconter l’histoire du feu. Pour le premier cercle, on est sur quelque chose d’assez explosif. Ça peut évoquer le big bang, une étincelle, quelque chose, en tout cas, qui a une certaine énergie, avec une végétation très pauvre : pouzzolane, charbon, chanvre, très peu de sédums.

Le Jardin du Feu ©Valérie Collet

Le deuxième cercle…

Il est plus tectonique. C’est la terre qui accouche du feu, ce dernier étant évoqué par des feuilles recouvertes de pigments. Le troisième, c’est celui des hommes qui ont apprivoisé le feu, le groupe social autour du foyer avec des hommes, des femmes, des enfants, un musicien, un tambour et au centre une vasque où on peut faire une flambée le soir. On a une espèce de mémoire tectonique avec ces lames d’ardoise plus petites et des sédums beaucoup plus installés, je les trouve magnifiques.

La Jeune fille de la forêt est un peu différente des autres

Elle se plaît bien, en effet, dans des environnements un peu forestiers et a quelque chose de mystérieux et sauvage. Elle est recouverte d’un centimètre d’humus et de feuilles mortes.

Comment sont faites vos sculptures ?

Elles sont moulées dans de la résine puis peintes a fresco, c’est-à-dire avec un mélange de terre naturelle, de chaux et de poudre de marbre. Ce matériau assez naturel se transforme en calcaire. Parfois, je termine avec une résine transparente dans laquelle j’inclus des pigments phosphorescents. C’est le cas pour les Âmes blanches qui, la nuit, prennent une couleur bleue surnaturelle. C’est mon plaisir de les regarder le soir, quand je rentre de l’atelier.

La Jeune fille de la forêt ©Valérie Collet

Ce jardin vous demande-t-il beaucoup d’entretien ?

Oui bien sûr. Par exemple, il faudra bientôt nettoyer le jardin d’eau. Sous les nénuphars, il y a des lianes qui poussent, qui poussent, qui poussent. Je vais devoir les arracher, c’est monstrueux à faire. Ça va que je suis encore un peu gaillard ! Ici, on ne chôme pas. J’ai un jardinier trois heures par jour et ce n’est pas beaucoup quand il doit tailler : j’ai plus d’une centaine de mètres de haie.

Quel coin du jardin préférez-vous ?

Il y en a un que j’aime beaucoup parce qu’une vigne y pousse, ce qui me rappelle ma Méditerranée natale (je suis né en Afrique du Nord). Au printemps, c’est une merveille. Et un rhododendron rouge donne une harmonie extraordinaire avec les bambous.

 

Jardin-atelier de Robert Arnoux, 309 sente Cauvillaise, 76740 La Chapelle-sur-Dun.

Se visite sur réservation du 14 avril au 27 octobre. Pour les renseignements, cliquez ICI

 

 

"Lien

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