On doit au père David la collecte de quelque 3000 espèces végétales, dans différentes régions chinoises, au cours de plusieurs expéditions au XIXe siècle. On connaît moins son travail autour des animaux. Or, Armand David, dit le père David, a expédié au Muséum d’Histoire naturelle des centaines d’espèces d’insectes, de batraciens et de mammifères. Et savez-vous que c’est lui qui a découvert le panda géant ? 

Qui était le père David ?

Armand DavidNatif d’Espelette, au Pays basque, ce missionnaire lazariste part en Asie, après une dizaine d’années passées à Savone (Italie) à enseigner les sciences naturelles. Il rêvait de se rendre en Chine pour herboriser, collecter, crapahuter, découvrir, étudier (on ne peut pas dire qu’il avait très envie d’évangéliser sur zone..). Pendant douze ans, le père David participe à plusieurs expéditions toutes plus dangereuses, plus risquées les unes que les autres, entre contrées et populations hostiles. Sans oublier les maladies qui le clouent au lit de longues périodes.

Il envoie toutes ses découvertes au Muséum d’Histoire Naturelle, à Paris. Une ressource inestimable pour les botanistes et zoologistes. Son nom a été donné à de nombreuses plantes parmi lesquelles l’arbre à papillons (Buddleia davidii), l’arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata), la clématite d’Armand (Clematis armandii), le pin d’Armand (Pinus armandii), l’érable du père David (Acer davidii)… 

Et Armand découvre le panda géant ! 

Panda géant - Hortus Focus

©f9photos

En mars 1869, dans la région du Hongshanding (à l’ouest de la Chine) qu’il atteint en remontant le fleuve Yang-Tsé-Kiang, le père David est reçu par un certain M. Li. Dans la maison, une drôle de peau blanche et noire est étalée au mur… C’est celle de l’animal qu’on appelle “l’ours-chat”. Intrigué, le père David qui a jeté sa soutane aux orties (c’est juste une image !) pour adopter le look total chinois jusqu’à la natte envoie des chasseurs à la recherche de l’animal. La bête lui est apportée, morte, quelques semaines plus tard. Voici comment Armand David décrit alors Ursus melanoleucus (dénommé aujourd’hui Ailuropoda melanoleuca). 

“Oreilles courtes – Queue très courte – Poil assez court : dessous des quatre pattes très poilu. – Couleurs : blanc, avec les oreilles, le tour des yeux, le bout de la queue et les quatre membres d’un noir-brun ; le noir des bras se réunit sur le dos par une raie étroite. Je viens de recevoir avant-hier un jeune ours de cette espèce, et j’ai vu des peaux mutilées de sujets adultes (…) Depuis vingt jours, j’emploie plus de dix chasseurs pour capturer des vieux sujets de cet ours remarquable. “

Et voilà comment fut connu le panda géant, ce gros pataud “cromignon” à la libido mollassonne (d’où de rares naissances), classé parmi les carnivores alors qu’il se nourrit à 99% de végétaux. Et contrairement à ce que pensait le père David à l’époque, le panda géant n’est pas un ours, mais une autre espèce de mammifère. 

Le cerf Elaphurus davidianus

Elaphurus davidianus - Hortus Focus

©heitipaves

Encore une sacrée histoire que celle du Elaphurus davidianus, observé par le père David en 1865 dans un parc impérial, au sud de Pékin. Toujours aussi curieux, Armand David se renseigne sur la bestiole qui ne ressemble par vraiment au cerf que nous connaissons. D’ailleurs, les Chinois l’appellent l’animal qui “ne ressemble à aucun des quatre”. Pourquoi ? Parce que l’animal a “les bois d’un cerf, le cou d’un chameau, le pied d’une vache et la queue d’un âne”. Effectivement, drôle de mélange…

Le père David s’entend avec un chargé d’affaires français pour faire expédier un couple de ces cerfs bizarres au Muséum d’histoire naturelle. Et bien lui en prend ! Sans cette arrivée en France puis en Angleterre, cette espèce curieuse aurait sans doute disparu. La harde impériale chinoise est, en effet ,décimée par une inondation à la fin du XIXe siècle. En 1900, les animaux survivants du drame précédent passent à la casserole pendant la révolte des Boxers. 

La salamandre géante de Chine

salamandre géante - Hortus Focus

©velemlok_cinsky / cc-by-sa

Vous avez peut-être déjà croisé le chemin d’une salamandre” bien de chez nous”, noire et jaune, petite, mignonne. Alors maintenant, imaginez une salamandre entre 1 m et 1,80 de long et pesant une soixantaine de kilos… Andrias davidianus est tout simplement le plus grand amphibien du monde et c’est au père David que l’on doit sa première description. Cette espèce de salamandre est aujourd’hui classée dans les animaux en danger critique d’extinction. En 2015, une salamandre géante âgée de 200 ans a été trouvée dans une grotte en Chine. Un habitat assez inhabituel pour l’amphibien qui vit plutôt dans les ruisseaux et torrents ombragés. Son mode de reproduction ? Le mâle creuse un nid sous l’eau avant de libérer ses spermatozoïdes. Il brasse l’eau avec sa queue pour les disperser et favoriser la fécondation des ovules déposés par les femelles. 

D’autres espèces animales découvertes ou décrites par le père David

Elles se comptent par centaines ! Impossible de toutes les citer ici. Je me limiterai donc à quelques-unes : Semnopithecus roxellana, un singe à face verte et au nez retroussé des forêts froides du Tibet ; l’insectivore aquatique, Nectogale elegans ; Passionné et grand connaisseur de la faune avicole, le père David a aussi décrit la niverolle de David (Pyrgilauda davidiana), une cousine du moineau ou celle de la mésange de David (Poecile davidii), deux espèces vivant en Chine. Mais également Cygnus davidii, un cygne à pattes rouges.

 
 

 

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