Un costume d’enterrement à base de champignons, faire placer son corps dans un conteneur rempli de luzerne, copeaux de bois et paille pour être recomposé en terreau, pourquoi pas ? De nombreux projets mettent en avant ce compost humain. Une alternative aux inhumations classiques. Une bonne idée pour la planète ? 

Le costume mortuaire de champignons de Jae Rhim Lee

Jae Rhim Lee - TEDGlobal

©TED.com

Au croisement de la science et de l’art, Jae Rhim Lee, d’origine sud-coréenne, travaille depuis de nombreuses années sur un projet qui peut paraître un peu fou : élever des champignons capables d’éliminer les toxines et les métaux lourds présents dans nos corps (et donc dans nos cadavres…). Ces champignons permettraient également de n’avoir aucun recours à ce qui nous accompagne dans la mort : le formaldéhyde injecté pour ralentir la décomposition, les produits de maquillage utilisés pour rendre nos dépouilles “présentables” à ceux qui restent. 

Elle a donc sélectionné et élevé un champignon hybride baptisé “Infinity Mushroom” (champignon d’infinité). Pour faire simple : Jae Rhim Lee collecte ses cheveux, ses ongles, parfois des desquamations pour nourrir ses champignons. À sa mort, les champignons “reconnaîtront” son corps et passeront donc à l’action. Elle a mis au point un curieux costume. Cette tenue mortuaire est composée d’un filet crocheté dans lequel on incorpore les spores de champignon. Objectif : transformer le corps en compost.

Ce costume fait partie des idées développées par Infinity Burial Project et la Decompiculture Society crées par Jae Rhim Lee. Le comédien Luke Perry, héros de la série “Beverly Hills 90210”, décédé des suites d’un AVC en mars 2019, a été inhumé dans un costume de champignons dans sa ferme du Tennessee. 

Recompose, le projet de Katrina Spade

Katrina SpadeEntrepreneuse américaine, Katrina Spade devrait ouvrir en mai 2020, à Seattle, le premier centre mondial de compost humain. Son procédé ressemble à celui utilisé depuis des lustres pour transformer les carcasses d’animaux et il a été testé voilà deux ans sur des corps légués par des volontaires, à l’Université de l’État de Washington. Il s’agit d’offrir une “alternative à l’embaumement, à l’enfouissement ou à la crémation qui est naturelle, sûre et durable. Elle permettra de réduire considérablement les émissions de carbone et l’utilisation des sols” (source AFP). 

Le corps est installé dans un conteneur avec de la luzerne, de la paille et des copeaux. La décomposition est rapide, environ un mois. Durant ce laps de temps, le compost est retourné à plusieurs reprises pour éliminer les éléments indésirables comme les plombages, les prothèses, les pacemakers etc. À la fin du processus, le compost (environ deux brouettes) peut être récupéré par les proches qui pourront y planter ce qui leur fait plaisir. 

 

Promession, la méthode suédoise

Susanne Wiigh-Masak - Promessa

Susanne Wiigh-Mäsak

Biologiste, Susanne Wiigh-Mäsak a fondé sa société Promessa, en 2011, sur une petite île, Lyr. au nord-est de Brevik. Elle a mis au point un procédé de réduction du corps par la cryotechnologie. Comment ça marche ? Le corps est plongé dans un bain d’azote liquide (température – 196°C) qui le fragilise. Puis, il est secoué pour se transformer en minuscules particules qui sont séchées à froid pour en extraire l’eau. Cette matière sèche, après avoir été filtrée, est placée dans un petit cercueil biodégradable et enfoui dans le sol. La désagrégation est rapide. Cette méthode permet de nourrir le sol. 

Pour Susanne Wiigh-Masak, l’idée “est de combiner les connaissances biologiques avec une manière digne et éthiquement correcte de se souvenir de ses proches. Les principes fondamentaux sont la conservation après la mort sous forme organique et l’enfouissement peu profond dans un sol vivant qui nous convertit rapidement en paillis. Je suis consciente du fait que cette façon de penser est contraire à de nombreuses coutumes. Pourtant, nous devons essayer d’adopter une approche plus naturelle de notre vie et de notre mort.”

 

Compost humain, légal ou illégal ? 

  • États-Unis : en mai 2019, le gouverneur de l’État de Washington, Jay Inslee a signé le projet de loi 5001 qui autorise le compost humain. Feu vert, donc, en mai 2020, pour la société “Recompose” de Katrina Spade qui fonctionnera dans cet état du nord-ouest des USA. 
  • Suède : la méthode de Suzanne Wiigh-Masak est autorisée et elle compte aujourd’hui de nombreux ambassadeurs ou représentants dans le monde.
  • France : en réponse à la sénatrice LR du Rhône qui avait abordé le sujet lors d’une séance de questions au gouvernement en mars 2016, le Ministère de l’intérieur a précisé que l’humusation des corps était “actuellement interdite. Son introduction en droit interne soulèverait des questions importantes, tenant notamment à l’absence de statut juridique des particules issues de cette technique et de sa compatibilité avec l’article 16-1-1 du code civil.” 
  • Belgique : c’est illégal mais l’humusation figure dans la législation funéraire de la région Bruxelles Capitale depuis le 9 novembre 2018. Mais les arrêtés d’application ne sont toujours pas parus… Vous pouvez consulter le site humusation.org si vous voulez signer la pétition pour soutenir son auteur, Francis Busigny. 

 

Autre alternative : l’aquamation à but funéraire

Cette technique consiste à plonger un corps dans de l’eau à 93°C, additionné d’agents aidant à la dissolution des chairs. De trois à six heures sont nécessaires pour achever le processus, beaucoup moins polluant qu’une crémation ou un enterrement. Cette pratique est autorisée dans une vingtaine de pays mais pas en France. 

À lire (ou relire !)

“Funérailles écologiques. Pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète”, de Brigitte Lapouge-Déjean et Laetitia Royant, photos Serge Lapouge (éd. Terre Vivante)

 

 

"Lien

CHERS JARDINIERS,
SAVEZ-VOUS QUE VOUS POUVEZ TROUVER SUR LA BOUTIQUE HORTUS FOCUS DES TRÈS BEAUX OUTILS,
DES FERTILISANTS NATURELS, DES KITS À PLANTER POUR FAIRE DÉCOUVRIR LE JARDIN À VOS AMIS ET 1000 AUTRES CHOSES ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial