À feuillage persistant ou caduc, à souche gélive ou moyennement rustique, l’aristoloche se cultive au jardin, en serre ou jardin d’hiver. L’occasion d’admirer ses fleurs étonnantes. Mais attention, toutes les parties de la plante sont extrêmement toxiques ! 

Aristolochia

©emer1940

Lianes et liaisons fatales

Toutes les aristoloches sont des grimpantes très vigoureuses (de 2 à 10 m), capables de garnir en un temps record, un mur, une arche, une pergola, un arbre mort ou tout support livré à leur caractère conquérant. Leur végétation est abondante et dense et il faut bien souvent s’en approcher pour découvrir les fleurs (sauf chez les espèces à fleurs carrément géantes…).

Toutes les fleurs, hermaphrodites, sont des pièges imparables pour les insectes. Leur fonctionnement est identique, quelle que soit la taille des fleurs : la bestiole s’engage dans le tube floral, une sorte de gentil toboggan habillé de mignons cils inclinés vers le bas. L’insecte finit donc par gagner malgré lui le cœur de la fleur et se gave de pollen. Quand il a pris sa dose, les cils du tube sèchent pour laisser l’insecte regagner la sortie du tube, et partir polliniser une autre fleur.

Aristolochia ringens

©MaYcaL

Les aristoloches à cultiver en pleine terre

Certaines espèces peuvent être cultivées en pleine terre moyennant quelques précautions. Sinon, cultivez-les en pot, à rentrer l’hiver dans une pièce lumineuse ou une véranda. 

  • L’une des plus résistantes au froid, c’est Aristolochia clematitis. Son feuillage souffre beaucoup en dessous de – 6° / -7°C mais, bien protégée avec un bon gros paillage, la souche peut tenir jusqu’à – 15°C. Elle forme des petites fleurs jaune clair qui s’épanouissent en été et grimpe jusqu’à 5 m. Mais attention à sa toxicité (lire plus bas). 
  • Aristoloche macrophylla (ou aristoloche siphon) est surnommée “la pipe des Hollandais” ou “la pipe allemande” en raison de la forme de ses fleurs couleur vert / prune clair. Originaire des monts Appalaches aux États-Unis, elle tient sans souci – 10°C, surtout bien protégée. Son intérêt est également automnal puisque le feuillage passe au cuivre dès les premiers froids.

L’aristoloche du Midi

À feuillage persistant, on la rencontre plutôt dans la zone méditerranéenne. Elle pousse spontanément en Afrique du Nord, mais aussi au Moyen-Orient (Turquie, Liban, Syrie…). Les fleurs de l’aristoloche élevée (A. sempervirens) sont pourpres foncé, le tube est jaune. Elle fleurit de mai à août, mesure jusqu’à 5 m et supporte, sans protection, un – 7°C. Selon certains jardiniers, la rusticité serait plutôt de – 12°C quand la plante est cultivée dans de bonnes conditions.

Aristolochia gigantea

Aristolochia gigantea ©Isabelle Morand

La frileuse de la bande

Si le genre compte environ 300 espèces, on connait particulièrement Aristolochia gigantea souvent présente dans les serres tropicales des jardins botaniques ou privés (on peut en voir un beau spécimen, par exemple, au Jardin du Beau Pays, dans la Serre aux papillons de Pierre Lavalée, à Marck, dans le Pas-de-Calais). Elle peut tout de même être installée en pleine terre dans le Midi, et supporter 0°C, si vous la plantez – idéalement – contre un mur au sud, protégée des vents froids et si la souche est recouverte de paille ou de plastique à bulle. Tout est étonnant chez cette aristoloche : sa rapidité de croissance, sa hauteur (entre 10 et 20 m), ses inflorescences géantes.

Les fleurs sont en effet du genre fascinant : immenses, couleur lie-de-vin veiné de blanc, un cœur jaune qui cache la “pipe”, piège à insectes.   

Aristoloche – Fiche de culture express

  • Sol : neutre, bien drainé, riche en humus. Fraîcheur indispensable au pied. 
  • Exposition : soleil léger, mi-ombre.
  • Arrosage : indispensable surtout si l’été est très chaud (et une douche au tuyau ne lui fera pas de mal !). 
  • Rusticité : elle dépend des espèces. Au nord de la Loire, plantez-la de préférence au printemps. 
  • Entretien : rabattre des deux tiers après la floraison. Taillez les tiges sèches en fin d’hiver. 

Attention poison !

Les plantes qui tuent - Hortus FocusDans leur livre “Les plantes qui tuent” (éd. Ulmer), Elizabeth Dauncey et Sonny Larsson reviennent sur une étrange maladie qui frappa 25 000 personnes dans les Balkans en 1956. Personne à l’époque de découvre d’explication aux symptômes apparus chez les malades : faiblesse, anémie, coloration cuivrée de la peau, et surtout insuffisance rénale aigüe. Une énigme médicale résolue en 1991. Cette année-là, les hôpitaux belges voient affluer des patients, surtout des femmes, en insuffisance rénale. Leur point commun : une préparation à base de plantes prise dans le cadre d’un régime pour maigrir. Les études révèlent une confusion entre deux plantes chinoises : Stephania tetrandra… et Aristolochia fangchi

La relation est faite avec l’épisode mystérieux de 1956 et la maladie baptisée “Néphropathie endémique des Balkans”. Les malades bulgares, croates, serbes, roumains…  ont consommé sans le savoir Aristolochia clematitis. La plante s’est retrouvée, on se sait comment, dans les champs de céréales cultivées pour la fabrication du pain. 

 

 

"Lien

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