Les variétés de Rosa x damascena ne sont pas très courantes aujourd’hui dans le commerce. Très en vogue dans la première partie du XIXe, durant laquelle 180 variétés ont été créées, la rose de Damas a été supplantée par les hybrides remontants. Elle continue cependant d’être cultivée en Turquie, en Bulgarie, au Maroc pour son parfum puissant, son utilisation en parfumerie et ses qualités en huile essentielle.

Des origines toujours mystérieuses…

Alors, oui, il n’y a guère de doute sur son origine géographique. Elle est effectivement originaire du Moyen-Orient, et pousse encore à l’état naturel en Syrie. Avant la guerre en 2011, la Syrie transformait ses cultures de roses en eau florale et huile essentielle, la production est aujourd’hui quasi réduite à néant…

La rose de Damas aurait été introduite en Europe par un chevalier Robert de Brie, de retour de croisade. Admettons. C’est à peu près aussi crédible que la légende qui attribue à Thibaut IV, comte de Champagne, l’introduction en France de la rose de Provins vers 1240. Aucun document ne prouve qui a rapporté quoi.

Mais des parents identifiés !

Seule certitude : Rosa x damascena est un hybride dont trois parents ont été identifiés grâce à des études ADN menées au Japon dans les années 2000. Ses ascendants sont Rosa gallica, Rosa phoenica et Rosa fedtschenkoana. Comme il n’est pas prévu d’interrogation surprise à la fin de cet article, vous n’êtes évidemment pas obligé d’apprendre cette généalogie par cœur.

La mode de la rose du Damas

Au XIXe siècle, dans la foulée de la passion de Joséphine de Beauharnais pour les roses (et la botanique en général), les obtenteurs travaillent comme des fous. C’est la grande époque de la rose de France, de la rose normande et de la rose de Damas. Quand les premiers rosiers hybrides de thé, très souvent remontants, sont créés dans la seconde moitié du XIXe siècle, normands et damascena se font voler la vedette, car la plupart d’entre eux ne remontent pas. Sur les 180 variétés répertoriées, quelques-unes sont encore proposées dans le commerce.

Quelques variétés disponibles

‘Mme Hardy’

Sans doute la plus connue et l’une des plus jolies avec ses coupes blanches et plates, riches de 150 à 200 pétales. Son truc en plus ? Un adorable petit cœur vert. Son créateur Julien-Alexandre Hardy, jardin en chef du Jardin de Luxembourg de 1817 à 1849, l’a dédiée à son épouse. Le rosier est plutôt épineux, ne l’installez pas dans un passage. Parfum puissant. 

Rosa 'Mme Hardy' - Hortus Focus

©patafisik

Rosa La ville de Bruxelles - Hortus Focus

©Nadiatalent

‘Rose de Rescht’

On devrait plutôt écrire Racht ou Rasht, du nom de la ville du nord-ouest de l’Iran. La botaniste aventurière, passablement excentrique, Nancy Lindsay dit avoir trouvé ce rosier dans cette cité iranienne. Selon certaines sources, il aurait été introduit en Angleterre à la fin du XIX avant d’être oublié. Peu importe… Il s’agit d’un joli rosier aux fleurs en pompons aplatis, rose fuchsia soutenu, composées d’environ 80 pétales. Il remonte bien à l’automne et s’avère très résistant aux maladies. Parfois classé dans les roses de Portland, hybrides de x damascena

‘Trigintipetala’ (synomyme ‘Professeur Émile Perrot’ rose de Kazanlik)

C’est le rosier le plus cultivé en Turquie et en Bulgarie pour la confection de l’essence de rose. Il porte le nom du professeur qui l’a rapporté en 1930 en France. Les fleurs sont semi-doubles, rose tendre et son parfum d’une puissance incomparable (on y a trouvé 400 composants). Il fleurit en juin-juillet n’est pas remontant. 

Rosa 'Trigintipetala' - Hortus Focus

©krzysztof-ziarnek

Rosa Celsiana - Hortus Focus

©patafisik

‘Celsiana’

C’est Jacques-Martin Cels, rosiériste à Paris qui a cultivé cette rose de Damas, déjà connue en Hollande. Les fleurs de ce rosier très épineux ne comportent qu’une vingtaine de pétales, rose tendre. Il fleurit pendant 3 semaines environ, mais ne remonte pas. 

‘Ispahan’ (synonyme ‘Pompon des Princes’)

Un rosier érigé, vigoureux et peu épineux. Chaque fleur forme un gracieux pompon de 50 à 70 pétales, rose clair, à œil légèrement jaune. Il n’est pas remontant, il ne produit pas de fruit, mais qu’est-ce qu’il sent bon !

rosa Ispahan - Hortus Focus

Ispahan ©Raymond Loubert

Rosa La Ville de Bruxelles - Hortus Focus

©Raymond Loubert

‘La ville de Bruxelles’

Son papa, c’est Jean-Pierre Vibert, rosiériste qui créa ou distribua… 545 variétés de rosiers. Le parfum de cette variété est très épicé. Les fleurs roses sont très grandes (jusqu’à 10 cm de diamètre), très doubles, totalement séduisantes.  Comptez 3 bonnes semaines de floraison… et puis plus rien jusqu’à l’année suivante. Attention, c’est un rosier assez sensible à toutes les maladies, malheureusement. 

‘Omar Khayyam’, une si belle histoire

Dans son livre-référence “Nouvelle Encyclopédie des roses anciennes” (Ulmer), François Joyaux raconte l’origine de cette rose de Damas : “Une rose peut-être plus séduisante par son histoire que par son aspect. Un rosier avec été trouvé à Nashipour, sur la tombe du grand poète persan, mort au XIIe siècle. Des graines envoyées aux célèbres jardins botaniques de Kew, près de Londres, produisirent un rosier qui fleurit en 1894. Lorsque mourut Edward Fitzgerald, le traducteur d’Omar Khayyam en langue anglaise, on planta un spécimen de ce rosier près de sa tombe (Boulge, Suffolk). C’est à partir de ce dernier que le rosier ‘Omar Khayyam’ futmultiplié et propagé à partir de 1947-1950.”

rosa Omar Kayyam - Hortus Focus

©Raymond Loubert

 

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