Une visite de jardin en plein cagnard… Mouais, pas terrible comme idée. Et pourtant, le Flérial, le jardin punk de Éric Lenoir dans une Yonne à sec pendant des semaines, ne se laisse pas abattre. Certes, le niveau des mares a beaucoup baissé mais la gestion à la punk fait largement ses preuves.

Au Flérial, on a marché sur des carottes sauvages !

Si toi, futur visiteur du Flérial, tu aimes la grâce de la carotte sauvage, ses ombelles, ses nids à graines et son côté héliport à bestioles en tout genre, tu seras gâté au Flérial. Elles vivent là par centaines et tu sais quoi lecteur ? Eh bien, elles ont même envahi les chemins fauchés quelques semaines auparavant par Éric pour – tout de même – guider les pas. On a hésité à marcher dessus, à piétiner ces délicats petits plateaux blancs avec nos baskets. Pas facile de se décider à tuer la beauté…

Le férial - Jardin Punk - Eric Lenoir - Hortus Focus

Salicaire, carotte sauvage, Iris kaempferi, chardon, épilobes, eupatoire chanvrine… ©Didier Hirsch

Le férial - Jardin Punk - Eric Lenoir - Hortus Focus

Salicaire, asters, Taxodium, trèfle blanc, riz sauvage de Mandchourie, Schoenoplectus lacustris ‘Albescens’, Carex riparia, bouleaux… ©Didier Hirsch

Le férial - Jardin Punk - Eric Lenoir - Hortus Focus

Carex riparia, Schoenoplectus lacustris ‘Albescens’, Pontederia lanceolata, Malus huppehensis, Alnus glutinosa, Iris pseudacorus, dactyle… ©Didier Hirsch

Le férial - Jardin Punk - Eric Lenoir - Hortus Focus

Le bassin du lotus (Nelumbo lutea) ©Didier Hirsch

Tiens, des fruits !

Tu feras connaissance, futur visiteur, avec les seuls arbres fruitiers du jardin à avoir reçu de l’eau l’an dernier. Pas parce ces pêcher ont écrit une pétition ou parce qu’ils avaient menacé de se faire hara kiri, non ! Juste parce que Éric avait envie de manger des pêches et a remarqué qu’ils avaient besoin d’un peu d’eau pour achever le mûrissement de leurs fruits. Et ça a marché… même s’ils ont du se partager un arrosoir à trois en tout et pour tout. Et ce, depuis leur plantation quelques années plus tôt. Cette année, il a plu mi-août, ça devrait leur suffire… 

Vas voir chez les Grecs !

Si tu veux savoir comment se comporte un jardin punk sous le soleil ardent et une sécheresse prolongée, c’est au Flérial qu’il faut aller (mais vaut mieux appeler avant, zéro chance sans rendez-vous !). Tu pourras y constater que les zones non tondues forment des belles étendues à dominante blanche (ou crème). Pas de tonte, pas de faux, sauf de façon très ciblée (une partie des ronces, des Rumex et des arbres pionniers). Les végétaux se transforment ainsi en filets à rosée tout en empêchant le soleil de frapper le sol et donc de limiter l’évaporation. 

Tu pourras te faire expliquer par Éric Lenoir ce qu’est l’albédo (bien lire albédo et non Al-Bedo, traduction en arabe du nom d’un produit qui fait rire, ou pas). Si les Grecs passent les murs de leurs maisons en blanc, ce n’est que pour faire joli. Le blanc renvoie la chaleur. L’effet recherché est le même au Flérial. L’herbe blanche permet à la zone de moins chauffer. 

Pour suivre le Flérial, c’est ICI !  

À lire pour en savoir plus et en apprendre tout plein sur une autre façon de jardiner  : “Petit Traité du jardin punk. Comment apprendre à désapprendre”, Éric Lenoir, éd. Terre Vivante, 10 €.  

 

 

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