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Taxus beccata - Hortus Focus
©Iva Vagnerova

Plantes et poisons

Derrière les plus belles plantes peuvent se cacher de redoutables poisons. Du curare des Indiens d’Amazonie à la ricine dans l’affaire dite du “parapluie bulgare”, meurtres, plantes et poisons sont indissociables… 

Le curare de l’Amazonie

Indien d'Amazonie
©Laszlo Mates

Utilisé par les Indiens d’Amazonie comme poison de chasse, le curare est “découvert” par l’explorateur anglais Sir Walter Raleigh (1552-1618) lors d’une mission sur l’Orénoque, en Amérique du Sud. Il rapporte de cette expédition le premier échantillon de curare actif. Il existe en fait plusieurs types de curare, préparés à base d’espèces végétales (Strychnos, Chodrodendron) auxquelles les Indiens ajoutent des ingrédients tout aussi dangereux (crochets venimeux de serpents, venin de crapaud, chenilles urticantes ou fourmis venimeuses…).

La mixture est cuite et recuite. Certains récits rapportent que la cuisson est confiée à une vieille femme de la tribu. Si les vapeurs la font mourir, c’est signe d’une préparation… réussie (récits infirmés des dizaines d’années plus tard). Le mystère de la fabrication du curare est levé en 1800 par un autre explorateur, le baron Alexandre von Humbolt, à l’issue d’une soirée très arrosée au sein d’une tribu. Le “maître des poisons” a la langue déliée, et lui dévoile le processus de fabrication et de conservation. 

Le curare est aujourd’hui utilisé en anesthésie sous une forme synthétique. Il induit la myorelaxation chez les patients opérés. 

Franz Eugen Köhler
Physiostigma venenosum ©Franz Eugen Köhler

La fève de Calabar

Le fruit de Physiostigma venenosum, broyé et macéré, est donné aux condamnés. Ils doivent alors marcher de long en large jusqu’aux premiers signes d’intoxication. S’ils parviennent à vomir, leur innocence était – finalement – reconnue… Autant dire que peu de condamnés sont remis à l’époque en liberté dans le delta du Niger…

Socrate et la cigüe

Accusé d’être un ennemi de la religion et de l’État social par la séduction ou la corruption de la jeunesse par des doctrines dangereuses, Socrate est condamné à mort en – 399 av. J.-C. Le philosophe grec est alors âgé de 70 ans. Le jour de l’exécution de la sentence, un esclave lui tend une coupe et reste à ses côtés jusqu’à sa mort. Selon Platon, Socrate est mort paisiblement… Impossible, car les effets de la cigüe sont atroces : convulsions, yeux exorbités, délire… Mais on dit qu’à la cigüe aurait été ajouté de l’opium pour limiter les souffrances du grand homme. 

Mosaïque des Xenia
Champignons – Détail de la mosaïque des Xénia ©Cliomarc

Cocktail mortel

En 54, après J.-C, Agrippine, pas l’héroïne de Claire Brétécher mais la sœur de Caligula, la mère de Néron et épouse de l’Empereur Claude (qui n’était autre que son oncle, bonjour la famille !), décide de zigouiller son époux. Elle rend visite à une marchande de poissons qui lui concocte une mixtouille fatale. Le poison est cuisiné avec des champignons. Claude tente de vomir. C’est alors qu’intervient Xénophon, médecin de Claude… ET amant d’Agrippine. Selon Tacite, il “lui enfonce dans le gosier une plume enduite d’un poison prompt”. Il lui aurait aussi administré un clystère dans la nuit. Claude meurt au matin dans d’affreuses souffrances. 

 

 

bague poison
Bague à poison offerte par Joséphine de la Pagerie à la famille Canchy ©Chicau

À votre santé ! 

Au Moyen-âge, l’utilisation des poisons est courant. Des bagues contiennent alors souvent les poisons. Il suffit de les ouvrir pour verser la poudre mortelle dans le verre de son ennemi. De là, est née la tradition de faire “tchin tchin”, en levant bien les bras. Impossible alors de verser le poison à ce moment-là. On n’est jamais trop prudent ! À la Renaissance, les bagues truquées sont très utilisées par les Borgia, célèbres empoisonneurs. Ils font appel notamment à l’if, l’aconit, la cigüe… 

 

 

 

Livres mortels…

Dans “Le nom de la rose”, d’Umberto Eco, tourner les pages des livres interdits conduit à la mort. L’idée n’est pas nouvelle : dans son livre roman “La reine Margot”, Alexandre Dumas fait commander à Catherine de Médicis un ouvrage imprégné de poison pour éliminer le futur Henri IV. Manque de bol, c’est son propre fils qui tourne les pages… Dans la vraie vie, l’autopsie réalisée par Ambroise Paré sur le corps de Charles IX, 24 ans, conclut à une pleurésie fatale. 

Curry à l’aconit

En 2009, en Grande-Bretagne, une femme jalouse fait passer de vie à trépas son ex-compagnon et sa nouvelle amoureuse. Elle ajoute de la poudre d’aconit dans leur repas composé d’un plat au curry. Bilan : un ex-mari tué, une fiancée qui, elle, se remet en une semaine. 

Le ricin, ça craint !

La ricine, protéine toxique issue des graines de Ricinus communis (6 000 fois plus que le cyanure et 12 000 fois plus que le venin de crotale !!), est utilisée dans l’affaire dite du “Parapluie bulgare”. En 1978, le dissident bulgare Georgi Markov et le journaliste Vladimir Kostov (alors réfugié en France) sont piqués par une pointe de parapluie contenant de la racine. Le premier décède, le second s’en sort. 

 

Bibliographie
Les plantes qui tuent - Hortus Focus
"Le poison dans l'histoire: crimes et empoisonnements par les végétaux", thèse soutenue en 2003 par Nicolas Simon. Référence : hal-01732872
"Les plantes qui tuent", de Elizabeth Dauncey et Sonny Larsson, Éditions Ulmer, 32 €. 
Pour aller plus loin
Les plantes stupéfiantes vous intéressent, l'interview de François Couplan, c'est ICI
"Lien

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