Fille unique de la célèbre paysagiste anglaise Norah Lindsay, Nancy a mené une vie excentrique, aventureuse, bohème. Née dans un milieu très privilégié, elle a pu satisfaire nombre de ses envies (et de ses caprices). Elle fut aussi l’héritière de Lawrence Johnston et de son célèbre domaine Serre de la Madone, à Menton…

Un amour partagé pour les plantes

Nancy naît en 1896 du mariage de Norah et Harry Lindsay. Elle grandit dans l’Oxfordshire, au domaine Sutton Courtenay Manor, une demeure dont la partie la plus ancienne remonte au XIIIe. C’est le cadeau offert à Harry et Norah pour leur mariage en 1895. En 1924, le couple se sépare, mais Norah et Nancy continuent d’y vivre. Norah se lance alors avec succès dans la carrière de paysagiste, travaille pour ses richissimes amis, crée son propre jardin, et transmet son amour des plantes, notamment des roses, à sa fille. 

Nancy, artiste au panier percé

En dehors de leur passion pour le jardin, les deux femmes ne se ressemblent guère. Autant Norah, douée dans de nombreux domaines, brille dans la haute société, autant Nancy n’en a cure, et mène une vie bohème (de luxe, certes). Elle décide de se spécialiser dans les dessins botaniques, mais son cercle de clients ne dépasse pas le diamètre de celui des amis de sa mère. Norah, elle-même dépensière, ne cesse de se faire du souci pour sa fille. Avant sa disparition en 1948, a-t-elle passé un “deal” avec David Astor qui rachète Sutton Courtenay Manor ? Le fait est que Nancy Lindsay est autorisée à habiter dans la maison du… jardinier du domaine. C’est là qu’elle crée une pépinière et vend ses plantes notamment aux amis de sa mère. 

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L’influence de Lawrence

Norah et Nancy Lindsay sont des amies proches du major Lawrence Johnston, concepteur du jardin Hidcote Manor (aujourd’hui propriété du National Trust) et du domaine Serre de la Madone, à Menton. Lawrence encourage Nancy à marcher dans ses pas, à partir en voyage, à herboriser dans de lointains pays. Ce qu’elle fait en partant en expédition en Iran au milieu des années 1930, accompagnée d’une amie, Alice Fullerton, qui publiera en 1938, ‘To Persia for Flowers’.  D’Iran, elle envoie en Angleterre des fleurs pressées, des dessins, des notes, des racines, des bulbes, des graines. 

 

Rose de Rescht

©Jennifer Yakey-Ault

Nancy et l’affaire de la rose de Resht 

Pendant son expédition persane, Nancy Lindsay découvre plusieurs rosiers : ‘Rose de Resht’, ‘Sharastanek’ et ‘Gloire de Guilan’.  En 1940, ces rosiers sont confiés aux bons soins des Jardins botaniques royaux de Kew. ‘Rose de Resht’ est l’objet d’une querelle de spécialistes. Nancy raconte l’avoir découvert dans un vieux jardin de Rasht (capitale de la province du Guilan au nord-ouest de l’Iran’, mais le rosier aurait déjà été cultivé en Angleterre au XIXe siècle. Une seule chose est certaine : ce rosier de Damas (Rosa damascena) buissonnant offre de beaux bouquets de fleurs doubles, rose vif à rouge magenta, très parfumées.

 

Serre de la Madone

©Parisette / CC-BY-SA

Un héritage délaissé

Lawrence Johnston, sans descendance, lègue sa Serre de la Madone à Nancy. Il disparaît en 1958. Nancy, en bon panier percé, n’a sans doute pas les moyens d’entretenir, de faire vivre ce sublime jardin. Elle le vend, dès l’année suivante, à Evelyn Bingham Baring. Le Domaine passe encore dans les mains de deux propriétaires avant d’être laissé à l’abandon. Classé en 1990 au titre des Monuments historiques, il est aujourd’hui la propriété du Conservatoire du littoral. Nancy meurt en 1973, dans sa petite maison du domaine Sutton Courtenay Manor. 

 

En mémoire de Nancy Lindsay

Plusieurs variétés ont été baptisées à son nom : un hosta, un colchique d’automne, un œillet négligé (Dianthus pavonius), une nivéole d’été (Leucojum aestivum), un faux-arum (Arum italicum). 

Source bibliographique : “The Roses of Norah & Nancy Lindsay”, de Allyson Hayward. 

 

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