Dordogne : le pays du… lilas des Indes

 

Les pépinières Desmartis, à Bergerac, cultivent la collection nationale de lilas des Indes. Le tout premier Lagerstroemia y a été planté dans les années 1850. Aujourd’hui, la collection compte 240 variétés et elle s’enrichit en permanence. Retour sur cette très longue histoire d’amour entre la Dordogne et le lilas des Indes avec Patrick Chassagne, le gérant des pépinières.  

Patrick Chassagne - pepinière DesmartisHF : Quand et comment le Lagerstroemia arrive-t-il à Bergerac ?

Patrick Chassagne : le premier Lagerstroemia est planté au château de la Cavalerie, à Prigonrieux, pas loin de Bergerac, au milieu du XIXe siècle par un membre de la famille Desmartis. Il le rapporte d’Angleterre, de Kew Gardens plus exactement. Dans les jardins de Kew, l’arbuste végète, les conditions ne lui sont pas favorables. En Dordogne, ce lilas des Indes (qui est en fait originaire de Chine) pousse bien et devient magnifique. Dans la première moitié du XXe siècle, on le cultive, mais sans forcer. Puis, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille Desmartis commence à faire des recherches et à mettre en place un programme d’hybridation pour créer de nouvelles variétés. Avec plusieurs objectifs : de nouveaux coloris, des bouquets floraux plus grands, et surtout une précocité maximale pour permettre à tous les jardiniers français d’en profiter, car le lilas des Indes fleurit naturellement tard. 

Les pépinières ont toujours été installées en Dordogne ?

Absolument ! Au départ existaient les pépinières Perdoux qui sont devenues Desmartis en 1874 à l’occasion d’un mariage. Mais les pépinières Perdoux existaient déjà depuis fort longtemps. Elles n’ont jamais quitté Bergerac, seulement quitté le centre-ville pour s’installer sur les bords de la Dordogne en 1972. Bergerac est un formidable terroir pour l’horticulture et la pépinière. La Dordogne est le plus gros réservoir d’eau douce d’Europe. Si Cro-Magnon s’est installé là, ce n’était pas pour rien. La climatologie et les qualités agronomiques de la région sont exceptionnelles. Aujourd’hui, la pépinière occupe 300 hectares, emploie une centaine de salariés. 

Combien de variétés ont-elles été créées en Dordogne ?

Desmartis a créé une cinquantaine de variétés, notamment des cultivars à floraison précoce et résistants aux maladies. Il y a quelques années est née une gamme Terrasse destinée à la culture en pot. Les fleurs sont rouges, roses, violettes et blanches. L’an dernier, nous avons lancé ‘Sweet Lavender”, un coloris qui n’existait pas encore. Il tire un peu vers le bleu et c’est un lilas des Indes de dimensions modérées (hauteur maximale 2,50 m), bien adapté aux petits jardins et aux terrasses. 

Lagerstroemia

©Pépinières Desmartis

lagerstroemia automne

©Adrien Dal Bello

Lagerstroemia en hiver

©Desmartis

Combien votre collection compte-t-elle de Lagerstroemia ?

Actuellement, nous avons au sein de notre pépinière environ 240 variétés. Nous sommes labellisés Collection nationale par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées), mais nous l’enrichissons chaque année. Il faut savoir que les États-Unis ont beaucoup travaillé et travaillent encore sur l’hybridation. Là-bas, les lilas des Indes poussent de la côte est à la côte ouest. Il existe une très grande diversité de tailles, d’écorces. 

Y a-t-il un gros travail sur les feuillages ?

À l’origine, le Lagerstroemia a un feuillage vert, assez clair. Les hybridations successives, les sélections ont permis d’offrir des feuillages très sombres. Je les aime beaucoup, ils mettent vraiment bien les fleurs en valeur.

Comment expliquer l’engouement actuel pour le lilas des Indes ?

C’est une plante qui a énormément d’atouts toutes les saisons. La floraison est longue et généreuse, le feuillage magnifique et l’écorce décorative (elle desquame). Peu de plantes fleurissent aussi longtemps. Le nom mandarin du Lagerstroemia, c’est “Rouge de 100 jours”, c’est dire ! Chez nous, il peut fleurir du 14 juillet à mi-septembre, et encore plus tard pour certaines variétés. Il n’est pas extrêmement rustique. Il peut supporter – 15°C ponctuellement, ce qui arrive de moins en moins souvent avec le réchauffement climatique. Jusqu’à – 10°C, les racines ne gèleront pas. 

Pépinières Desmartis

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