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Le tiaré, l’emblême de Tahiti

Gardenia taitensis : tiare
© Green Pea Design

Si vous avez eu la chance de respirer le parfum d’une fleur de tiaré, vous avez sans doute le souvenir d’une fragrance à nulle autre pareille. Toute la Polynésie embaume le tiaré ! On en fait du monoï, des colliers de bienvenue. Malheureusement, cultiver le tiaré sous nos latitudes est un challenge…

 

tiaré, emblème de Tahiti
©V

La nostalgie des îles

Avant de parler de l’arbuste, des souvenirs personnels… J’ai vécu quelques années à Tahiti. Le jour de mon arrivée à l’aéroport de Faaa, on m’a offert plusieurs colliers de tiaré et une couronne. On souhaite ainsi la bienvenue en Polynésie et c’est la meilleure façon de tomber amoureuse de cet archipel du Pacifique. Ce parfum m’accompagne depuis… Et il m’est arrivé de demander à des copains d’en glisser dans leur valise pour pouvoir le retrouver. Enveloppées dans de grandes feuilles, elles arrivent à peu fraîches encore. Un vrai trésor… Je mets ces quelques fleurs dans une coupelle avec un peu d’eau et je profite de leur parfum puissant quelques jours…

 

tiaré
©Isabelle Morand

Le tiaré est un gardenia

Pas étonnant qu’il sente si bon ! Le tiare appartient en genre Gardenia (Gardenia taitensis), il pousse spontanément sur la plupart des îles océaniennes, mesurant jusqu’à 4 m de haut. Les fleurs sont blanches et comptent entre 5 et 9 pétales. L’arbuste a été observé pour la première fois par le naturaliste Johann Reinhold Forster, lors du second tour du monde de James Cook.

Partie de Plymouth le 11 juillet 1772, l’expédition fait escale à Tahiti du 16 août au 17 septembre 1773. Mais il faut attendre 1824 pour qu’une autre expédition, celle de Dumont d’Urville, rapporte des échantillons en Europe.

 

 

C’est quoi le monoï ?

C’est le résultat de la macération de fleurs de tiaré dans de l’huile de coprah raffiné. Le coprah est obtenu à partir des noix de coco (Cocos nucifera) mûres. Dans les 48 heures qui suivent la récolte, on fend la noix pour en récolter l’amande. La chair est ensuite mise à sécher. Pour obtenir du coprah, la teneur en eau ne doit pas dépasser 6%. Le coprah est acheminé par bateau de nombreuses îles de l’archipel, direction Papeete, la capitale de la Polynésie. Direction l’unique Huilerie de Tahiti qui raffine le coprah. Le coprah est broyé en farine, chauffé à 125°C, et pressé pour donner une huile de première pression, qui est ensuite raffinée.

C’est dans cette huile que macèrent les fleurs de tiaré récoltées à la fraîche, en bouton, avec leurs tiges. On compte dix fleurs par litre d’huile, et dix jours pour obtenir le monoï, qui signifie en tahitien “huile parfumée” ou “huile sacrée”. Aujourd’hui, on trouve aussi du monoï à l’ylang-ylang, au frangipanier, à la vanille.

Paul Gauguin Femmes à la plage
“Femmes de Tahiti” ou “Sur la plage”, Paul Gauguin (Musée d’Orsay).

La marque Hei Poa décline tous ces produits, y compris des éditions spéciales dans de super jolies bouteilles. On les trouve en vente chez Monop’. Pour les autres points de vente, c’est par ICI !  On en trouve aussi en parapharmacie. 

Les Mamas de Tahiti fabriquent autrement leur propre monoï : elles laissent macérer des boutons de tiaré dans l’amande de la  noix de coco fraîche râpée. 

Dans ses carnets de voyage, si James Cook apprécie l’odeur des fleurs fraîches, il n’en est pas de même pour le monoï… Il trouve qu’une odeur “rance” se dégage des chevelures des Polynésiennes. Pffff…. n’importe quoi ! 

Le monoï, c’est bon pour…

  • Faire des massages aux grands et aux bébés.
  • La peau : c’est un bon soin hydratant. 
  • Les cheveux : en masque capillaire une fois par semaine. Appliquer un peu monoï sur la chevelure mouillée de préférence, entourer d’une serviette de toilette, laisser agir une demi-heure avant de rincer à plusieurs reprises pour bien enlever toute l’huile.
  • La bronzette : à utiliser une fois APRÈS avoir déjà bronzé un peu sinon vous allez carrément cramer. Attention, l’huile ne joue aucun rempart contre les UV. 
Paul Gauguin
“Nafea faa ipoipo ?”, Paul Gauguin

Dans le langage des fleurs

  • Placé sur l’oreille à gauche, du côté du cœur, le tiaré indique que la personne est prise.
  • Placé à droite, la personne est disponible.
  • Une fleur à droite, une fleur à gauche ? Marié(e) mais pas insensible aux avances…

Peut-on cultiver du tiaré chez soi ?

Mouais… La culture est très délicate, vraiment pas à la portée de tous. Plante tropicale, le Gardenia taitensis a besoin de chaleur et d’humidité pour bien pousser. Or, dans nos appartements, le chauffage en hiver assèche l’atmosphère. 

Pour vous donner quelques chances de succès : installez le pot sur un lit de billes d’argile, à maintenir humide en permanence. Et vaporiser le feuillage en plus. Placez la plante devant une fenêtre. Si vous habitez en région très, très chaude, sortez-le en été. Mais la température nocturne ne doit pas descendre en dessous de 16°C. Bref, pas facile facile.

Bon à savoir…

Si le produit se solidifie, pas de souci. Le phénomène est normal en dessous de 20°C. Il suffit de la placer quelques minutes à côté d’un radiateur ou de passer la bouteille sous l’eau chaude pour que le monoï retrouve son état liquide. 

 
"Lien

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