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Les principales carences des plantes

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Les nutriments sont indispensables à la croissance des plantes. Lorsqu’ils viennent à manquer, ces dernières souffrent et leurs développements, leurs fleurissements, voire leurs fructifications peuvent être très perturbés.

Il est donc essentiel de savoir identifier les raisons des carences pour pouvoir y remédier.

Les diverses carences des plantes

Des phénomènes mécaniques peuvent être à l’origine des carences (terre trop tassée, trop ou pas assez humide). Le plus souvent, le sol est en cause, soit en raison des cultures précédentes (pensez à pratiquer la rotation des cultures si vous ne cultivez qu’une seule variété sur la parcelle), soit de par sa composition même. Il s’agit alors d’apporter l’engrais adapté pour que la plante s’épanouisse.

Cependant, le mieux est de nourrir le sol avant la plantation pour éviter ce genre de désagréments. L’idéal étant de corriger l’apport de nutriments en fonction de la culture souhaitée (ce sera l’objet d’un prochain article). Pour les prévenir, on protège le sol avec du paillis et on l’amende avec du compost. L’utilisation de purins d’ortie, de consoude ou de prêle permet aussi de corriger le défaut de nutriments.

Les carences se traduisent souvent par des colorations anormales du feuillage. À défaut d’analyser le sol, il suffit alors d’observer !

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Azote

Bore

Bore

Calcium

Calcium

Chlore

Chlore

Cuivre

Cuivre

Fer

Fer

Magnésium

Magnésium

Manganèse

Manganèse

Molybdène

Phosphore

Phosphore

Potassium

Potassium

Soufre

Soufre

Zinc

Zinc

Azote

Azote

 

Carence en azote (N)

Pour les végétaux, l’azote a un rôle essentiel, car il contribue à la photosynthèse. De plus, il favorise la pousse, la précocité et le développement des tiges et des feuilles. Une carence agira forcément sur la couleur des feuilles. Comme l’azote est souvent absent des sols, son apport dépend du jardinier. Il s’effectuera sous forme de compost, de sang séché ou de purin d’ortie, sauf pour les légumineuses, aptes à fixer celui contenu dans l’air.

Parfois, une carence est assez difficile à repérer, car les symptômes ne sont pas localisés et peuvent se répartir sur plusieurs feuilles. En pratique, les plantes sont moins vigoureuses, les jeunes feuilles restent petites et deviennent pâles et jaunissent. Les nervures prennent une teinte verdâtre ou rougeâtre et les feuilles chutent précocement. Elle peut être due à des arrosages excessifs par effet de lessivage ou, au contraire, à un manque d’eau qui empêche l’azote de parvenir à la plante. Pour les fruitiers, les fruits seront rares et de petit calibre.

Bore

Bore

Carence en bore (B)

Le bore est un des éléments constitutifs de la plante. Son rôle est comparable à celui du phosphore. Il contribue grandement au transport des substances dans la plante.

Heureusement, la carence en bore est très rare. Elle se caractérise par une chlorose des feuilles du bas et du milieu de la plante qui devient fragile. On peut aussi constater une nécrose du sommet de la tige et un noircissement des racines. Les feuilles inférieures se recroquevillent et surtout on observe une malformation des jeunes feuilles dont les nervures deviennent plus grosses que la normale. Enfin, les feuilles les plus anciennes raidissent.

Certaines plantes y sont plus sensibles que d’autres : la betterave et l’épinard ; certains fruitiers : le pommier et le poirier ; et certaines variétés de vigne, également.

Inversement, un excès de bore est néfaste pour la plante. On le rencontre lorsque le compost utilisé contient trop d’ordures ménagères et pas assez de débris végétaux. Les feuilles du haut s’enroulent sur elles-mêmes comme lors d’une carence en potassium ; les feuilles du bas de la plante vont commencer à se nécroser, à jaunir et finalement tomber.

Pour remédier à cette carence en bore, il existe des engrais qui en contiennent. Bien lire la notice avant d’acheter (en règle générale…). Les purins d’ortie et de consoude sont aussi très riches.

Calcium

Calcium

Carence en calcium (Ca)

Un excès de potassium ou de magnésium peut provoquer une carence en calcium. On constate un dessèchement anormal des extrémités et un flétrissement des jeunes pousses. Il sera nécessaire de vérifier le pH et de rectifier l’acidité et la basicité afin de donner un petit coup de pouce à votre plante. Heureusement, cette carence est plutôt rare.

Chlore

Chlore

Carence en chlore (Cl)

Des petites taches avec des petits points nécrosés vont apparaitre sur les bords et les veines des jeunes feuilles. Si le cas est sévère, la carence en chlore peut causer le flétrissement de la plante. Une telle carence est très rare, la plupart des approvisionnements en eau contiennent du chlore.

Cuivre

Cuivre

Carence en cuivre (Cu)

Le cuivre est un nutriment essentiel pour les plantes. Il joue un rôle indispensable dans la photosynthèse et leur respiration. Il contribue à la formation de la lignine et renforce la couleur des fruits comme des légumes. Enfin, il intensifie leur saveur.

La carence en cuivre s’observe dans la formation des jeunes feuilles. Une légère chlorose de la feuille apparait, et de petites taches nécrotiques peuvent même se former à l’intérieur des zones chlorosées, particulièrement sur le bord. De plus, elles finissent par se déformer.

Les nouvelles feuilles sont de plus en plus petites et peuvent même se faner dans certains cas extrêmes. Les tiges sont également plus courtes. La couleur des fleurs est souvent altérée et semble plus fade.

Cette carence apparait lorsque les plantes sont cultivées dans une terre pauvre en nutriments, trop « tourbée ».

Une quantité excessive de potassium ou de phosphore peut indirectement causer une carence en cuivre. Elle peut également se produire si le pH du substrat est élevé, le cuivre est ainsi moins absorbable par la plante.

Inversement, un excès de cuivre dans le substrat peut brûler les racines et limiter leur croissance. Il peut aussi concurrencer l’absorption de fer, et parfois de molybdène ou de zinc. Les nouvelles pousses seront très vertes au début, puis ensuite montreront logiquement les symptômes de carence en fer ou autres micronutriments.

Les légumineuses sont particulièrement sensibles aux toxicités en cuivre.

Le cuivre est généralement fourni par la plupart des engrais solubles dans l’eau ou à libération prolongée. Plusieurs fongicides contiennent du cuivre comme ingrédient actif, dont une partie sera absorbée par les feuilles. L’eau d’irrigation fournit souvent du cuivre.

Des pulvérisations de cuivre sur bois suffisent à contrôler cette carence. Évitez de pulvériser le feuillage, puisque les feuilles pourraient être brûlées.

Fer

Fer

Carence en fer (Fe)

Pour une bonne croissance, les plantes ont besoin de fer. Il assure un rôle essentiel dans la photosynthèse, donc dans la couleur verte des plantes. Une carence en fer entraîne la décoloration des feuilles. Les feuilles se nécrosent et finissent par tomber.

Certaines plantes sont plus sensibles que d’autres : celles dites de terre de bruyère : azalées, bruyères, camélias, érables du japon, hortensias, magnolias, rhododendrons, hydrangéas, mais également les poiriers, pêchers et rosiers ainsi que la vigne craignent davantage le manque de fer.

Parfois, la croissance est perturbée, mais le sol ne manque pas de fer. C’est son absorption qui est bloquée par un trop fort taux de calcaire du sol, renforcé par celui de l’eau d’arrosage. On peut cependant confondre cette carence avec un manque d’oxygène.

Dans un premier temps, aérez régulièrement le sol du jardin. La plante absorbe difficilement les nutriments dans un sol trop compacté. Puis, préférez un arrosage à l’eau de pluie afin d’éviter une eau trop calcaire (voir plus haut).

En début de saison, utilisez un engrais longue durée. En plus des nutriments essentiels, il contient nécessairement du chélate, une forme particulière de fer qui se stocke dans le sol. Les plantes peuvent ainsi mieux l’absorber. La plupart sont autorisés en agriculture biologique.

Pour vos rosiers et fruitiers, choisissez des sujets greffés pour sols calcaires qui assimileront mieux le fer.

Enfin, l’utilisation des écorces de pin, à l’action acidifiante, est bénéfique contre le calcaire.

Magnésium

Magnésium

Carence en magnésium (Mg)

Le magnésium constitue l’atome central de la molécule de la chlorophylle. C’est dire son importance ! Pour rappel, la chlorophylle est le pigment qui donne leur couleur verte aux plantes et initie le processus de photosynthèse. Le magnésium favorise aussi l’activation et la synthèse d’enzymes indispensables à leur croissance.

Le magnésium est un élément mobile dans la plante ; les symptômes de carence apparaissent donc d’abord dans les feuilles plus âgées. Celles-ci deviennent jaunes avec des veines vertes (chloroses). De petites taches de couleur orange, jaune et pourpre sont susceptibles d’apparaitre. La carence peut être provoquée par des taux élevés de calcium, de potassium ou de sodium dans le substrat. Elle s’aggrave dans un milieu acide, car l’absorption du magnésium est plus difficile.

Les plantes les plus touchées sont les tomates, les épinards, les pois, les pommes de terre et les haricots ; dans un verger, les pommiers et les cerisiers. Les petits fruits rouges, notamment les framboisiers, y sont également sensibles. Dans un jardin, les rosiers sont les plus touchés.

Généralement, cette carence est due à un sol excessivement calcaire qui inhibe l’assimilation du magnésium (et également du manganèse).

L’eau peut être une source appréciable de magnésium. Si votre eau n’en contient pas assez, utilisez du sel d’Epsom (sulfate de magnésium). Un engrais contenant du calcium et du magnésium est possible, mais contrairement au sel d’Epsom, ce type d’engrais est potentiellement basique et entraînera, avec le temps, la hausse du pH du substrat.

Sinon, semez des engrais verts et enfouissez-les. Le fumier de bovins corrigera aussi la carence en magnésium.

Évitez la chaux, trop difficile à équilibrer et réservée aux professionnels.

Inversement, un taux élevé de magnésium vient lutter avec l’absorption de calcium ou de potassium et entraîner la carence de ces derniers dans les tissus végétaux.

Manganèse

Manganèse

Carence en manganèse (Mn)

Le manganèse contribue à la formation de la chlorophylle et donc, à la photosynthèse. Lorsque la plante est légèrement carencée en manganèse, les feuilles supérieures prennent une couleur vert pâle. Lorsqu’elle est plus prononcée, les feuilles deviennent presque blanches tandis que les nervures restent vertes. Des taches brunes peuvent apparaitre à la surface des feuilles. Les plus gravement affectées brunissent et se fanent.

Généralement, cette carence est due à un sol excessivement calcaire qui inhibe l’assimilation du manganèse (et aussi du magnésium). Elle peut être la conséquence d’un excès de fer, alors que, curieusement, les symptômes sont plutôt comparables à une carence en fer. Elle est plus fréquente dans les sols mal drainés, mais aussi dans ceux dont la teneur en matière organique est élevée.

Le manganèse est plus difficilement absorbable par les plantes lorsque le pH du sol est élevé. Un excès d’engrais à base de potasse peut, aussi, en être responsable.

Pour y remédier, ajoutez du sulfate de manganèse ou de l’acétate de manganèse qui peuvent être pulvérisés directement sur le feuillage. Sinon, semez des engrais verts et enfouissez-les. Le fumier de bovins corrigera aussi la carence en magnésium.

Comme avec le magnésium, évitez la chaux, trop difficile à équilibrer et réservée aux professionnels.

Molybdène

mo

Carence en molybdène (Mo)

Le molybdène remplit un rôle important et spécifique dans l’assimilation du nitrate du sol par les plantes (les formes d’azotes disponibles sont transformées en ammoniac qui synthétise les acides aminés) et dans la fixation de l’azote de l’air (essentiellement pour les légumineuses).

Il est aussi très utile pour métaboliser le fer et le phosphore et les convertir en matières organiques. Le molybdène est difficilement disponible dans les sols acides, davantage dans les sols alcalins.

Cependant, la carence en molybdène est très rare. Les symptômes de carence sont un feuillage vert clair et une croissance réduite. Les jeunes feuilles prennent une forme de cuillère, légèrement incurvée. Les premiers symptômes se manifestent sur les feuilles inférieures et progressent vers le haut. La carence en molybdène apparait généralement dans les plantes cultivées dans la tourbe au pH acide.

Parce qu’il est lié de près à l’azote, une carence en molybdène peut facilement ressembler à une carence en azote. Puisqu’il est requis pour convertir le nitrate en ammoniac, le fait de fertiliser principalement avec un engrais contenant du nitrate provoquera une carence plus rapidement que si on utilise directement un engrais contenant de l’ammoniac.

Les cultures les plus sensibles à une carence en molybdène sont les crucifères (brocoli, chou-fleur, chou), les légumineuses (fèves, pois, trèfles), les poinsettias et les primevères.

Les solutions

En pratique, le molybdène est présent dans la plupart des engrais solubles dans l’eau et dans certains engrais à libération contrôlée. La pulvérisation de solutions concentrées sur les feuilles de vos plantes est une autre solution. On en trouve aussi sous forme d’engrais de floraison qui peuvent être éparpillés au pied de la plante dans le substrat.

Comme il est un antagoniste du cuivre (l’excès de l’un contribue au déficit de l’autre), les ruminants qui consomment des graminées ou de la nourriture contenant des taux de molybdène élevés peuvent être affectés par une maladie appelée « molybdénose » entraînant une carence en cuivre. Cela n’est pas significatif pour les cultures horticoles chez les êtres humains.

Inversement, en excès, il ralentira la croissance des plantes ; des taches claires apparaitront sur les feuilles, le cuivre sera mal assimilé et le rendement baissera.

Phosphore

Phosphore

Carence en phosphore (P)

Le phosphore intervient dans la transmission d’énergie. Il favorise la formation des fleurs et des graines en se concentrant dans les parties de la plante en plein développement. Il contribue aussi à un bon enracinement. La fixation du phosphore se produit lorsqu’il interagit avec le calcium, le magnésium et l’aluminium.

Dans la nature, le phosphore est généralement présent dans les roches du sous-sol, mais sa décomposition est lente. De plus, seule une faible proportion de ce phosphore est assimilable.

La carence vraie en phosphore est très rare. Dans les faits, c’est l’assimilation du phosphore qui est rendue difficile. On parle alors de carence induite.

La carence est plus fréquente en terre acide ou trop calcaire. Un pH élevé dans le milieu de croissance peut empêcher l’absorption du phosphore, voire développer des liaisons phosphoriques insolubles pour la plante. Ce sera le cas aussi avec des sols riches en fer ou en zinc.

Une forte humidité du sol et même des températures inhabituellement basses peuvent aussi entrainer cette carence.

La plante reste petite et raide. La pointe des feuilles se colore d’un vert foncé à pourpre. La floraison est retardée ou inexistante, les boutons déformés. Les fruits seront rares, acides et de petits calibres. Si cela perdure, les feuilles deviennent d’un rouge violacé, notamment au niveau de la nervure médiane et de la face inférieure.

Il est très important d’agir dès le début des symptômes pour sauver la plante et les futures récoltes.

Les solutions

Les fumiers (surtout de poule), les amendements organiques et les déchets de récolte apportent du phosphore. Pour agir rapidement, apportez à la terre de la farine de poisson ou de la poudre d’os.

Vous pouvez aussi mélanger régulièrement un engrais phosphaté et/ou des mycorhizes à votre milieu végétal, afin de maintenir un bon équilibre.

Il convient de noter que la carence en phosphore accentue l’effet de l’azote. Ainsi, lors de la fertilisation du sol, il est nécessaire d’apporter de l’azote et du phosphore.

Inversement, l’excès de phosphore réduit la période de végétation des plantes et donc son système racinaire. L’absorption des composés phosphoreux est ralentie (notamment les glucides). Les symptômes sont donc proches de ceux de la carence. Autre effet, la plante sera moins résistante au gel.

Potassium

Potassium

Carence en potassium (K)

Le potassium favorise le développement des organes de réserves (tubercules, racines, fruits), la coloration des fleurs et des fruits, la résistance aux maladies. Il empêche donc les plantes de se faner. Il est le troisième des trois nutriments primaires requis par les plantes, avec l’azote et le phosphore, mais contrairement aux 2 premiers, il ne sert pas dans la synthèse des molécules de la plante (dans son accroissement). Il joue plus un rôle de régulateur des fonctions vitales, en limitant, par exemple, le stress hydrique.

Le potassium est commun dans les sols, notamment en régions volcaniques ou à roches primaires. Il est grandement assimilable si l’on composte les déchets de récolte. Des carences sont possibles en sols sableux ou en cas d’arrosages excessifs (effet de lessivage des sols).

La carence en potassium se manifeste par un brunissement puis une nécrose de la bordure des feuilles. Les plantes deviennent plus sensibles aux maladies, au froid et à la sécheresse (en déréglant la transpiration). Les fruits seront plus petits et peu sucrés. D’allure générale, la plante semble molle !

Les plantes les plus sensibles sont la pomme de terre, la tomate, la betterave, le céleri, les choux, les légumineuses, les petits fruitiers, le poirier et certaines variétés de vigne.

L’absence de rotation de cultures de plantes dont on utilise la totalité des parties aériennes (prairies, engrais verts, fourrage, céréales, maïs…) diminue la disponibilité et « l’assimilabilité » du potassium par les plantes.

Les solutions

Il est très possible de corriger la carence en potassium en apportant de la potasse, au moyen de roches broyées, de cendres de bois ou encore de patentkali (un fertilisant minéral et naturel, à base de sulfate de potasse et de magnésie. Il produit un véritable effet coup de fouet pour les plantes à fleurs et à fruits, mais ne modifie pas la structure du sol.). Paillage régulier et apports de compost sont très recommandés. L’apport de consoude est également très utile.

Les engrais solubles dans l’eau contiennent du nitrate de potassium ou du sulfate de potassium. Évitez le chlorure de potassium qui pourrait apporter des sels non désirés.

Inversement, un excès de potassium n’est pas vraiment dangereux pour les plantes. Cependant, il peut entraîner des antagonismes qui conduisent à d’autres types de carences (en magnésium ou en calcium).

 

Soufre

Soufre

Carence en soufre (S)

Le soufre sert à la fabrication des protéines et de la chlorophylle, et favorise la fixation de l’azote chez les légumineuses. Il entre dans la composition des acides aminés, hormones et vitamines (comme la vitamine B1).

Le soufre est l’un des trois nutriments secondaires nécessaires aux plantes pour assurer leur croissance*. Les 2 autres étant le calcium et le magnésium. Il est trop souvent négligé et sous-apprécié. Cependant, il existe un équilibre significatif entre le soufre et l’azote : sans une quantité suffisante de soufre (absorbé par les plantes sous forme de sulfate), les plantes ne peuvent pas utiliser l’azote et les autres nutriments de façon efficace afin d’atteindre leur plein potentiel.

Le soufre est également présent dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de soufre (SO2) et peut être assimilable par les plantes.

L’eau ne contient généralement pas une quantité suffisante de soufre pour assurer une croissance normale de la plante. La carence en soufre est donc le plus souvent due à un lessivage (arrosage excessif) qui ôte le soufre à la terre. Mais cela peut provenir d’un excès de calcaire, d’un pH élevé ou d’une trop forte humidité du sol.

Les symptômes d’une carence en soufre sont proches de ceux d’une carence en azote. La différence réside dans le fait qu’une carence en soufre affecte l’ensemble de la plante et non seulement les nouvelles pousses. Elle provoque une forte coloration violette du pédoncule et des pétioles. La plante est peu développée, la couleur des feuilles variant du vert pâle au jaune. Les feuilles supérieures se recourbent tandis que les feuilles inférieures conservent un aspect normal.

Les plantes les plus concernées par les carences en soufre sont les légumineuses, les crucifères et les alliacées.

Les solutions

En cas de carence persistante, il est recommandé d’utiliser des engrais soufrés comme la kiésérite ou la fleur de soufre (en terrain acide). Un ajout de matières organiques ou d’algues permet également de rehausser les quantités de soufre du sol.

En cas de carence sévère, il est possible d’ajouter du soufre sous forme inorganique à l’aide d’un engrais contenant du magnésium comme l’epsomite (plutôt pour la culture hydroponique).

Un engrais traité à base de champignons ou un fertilisant d’origine animale peut être utilisé comme engrais organique.

Un excès de sulfate ressemble aux dommages causés par les sels et ralentit la croissance de la plante. Comme la plante est peu gourmande en sulfate et que la teneur en sulfate augmente avec l’humidité du sol, ce phénomène peut engendrer un apport excessif.

Certains professionnels utilisent de l’acide sulfurique pour répondre à cette carence. Inutile d’écrire que c’est à manier avec précaution !!!!

Zinc

Zinc

Carence en zinc (Zn)

Le zinc intervient à plusieurs niveaux dans la plante : dans la formation de la chlorophylle ; dans la synthèse de certaines protéines ; dans la transformation de l’amidon en sucre. Il joue aussi un rôle important dans la fabrication d’hormones de croissance (auxines) qui favorisent l’allongement des tiges.

Il protège la plante face à un trop fort ensoleillement, la sécheresse et, inversement, l’aide à supporter le froid.

Une carence en zinc peut provenir, d’une carence vraie : il est totalement absent du sol. C’est un phénomène assez rare.

Les pseudo-carences sont plus fréquentes, en sols sableux ou limoneux et lorsque le printemps est frais et humide.

Son antagonisme avec le calcium peut rendre le zinc indisponible dans les sols calcaires. Celle avec le phosphore fait que les fumures excessives à base de phosphate induisent une carence en zinc.

Les échanges de zinc avec la plante diminuent avec l’augmentation du pH. L’affinité du zinc avec des oxydes de manganèse et de fer augmente. Ainsi, le zinc n’est plus disponible pour la nutrition végétale.

Comme avec la plupart des micronutriments, le zinc est immobile, ce qui signifie que les symptômes de carence se produisent dans les nouvelles feuilles. Des taches nécrotiques se forment sur les bords ou aux extrémités des feuilles.

Les nouvelles feuilles sont plus petites et sont souvent bombées ou déformées. Les entrenoeuds rapetissent et le développement des bourgeons est faible, ce qui réduit la floraison et la formation de branches.

À terme, les feuilles les plus anciennes sont atteintes et c’est toute la plante qui se trouve en retard de croissance. Les fruits sont nains. Quant à la vigne, les gourmands se développent exagérément au détriment des raisins.

Les solutions

Cette carence peut facilement être corrigée avec une complémentation par voie foliaire, suffisante la plupart du temps. Bien que vous puissiez utiliser du sulfate de zinc, du nitrate de zinc et d’ammonium ou du zinc chélaté, un engrais soluble (plus complet en micronutriments) évitera les déséquilibres pouvant conduire à des carences en d’autres nutriments.

Un excès en zinc a un effet toxique, mais la tolérance est variable selon les plantes. Certaines plantes sont même capables de stocker le zinc en trop grandes quantités. Les symptômes sont quasiment identiques à ceux de la carence. L’excès peut conduire à des carences en fer, en phosphore, en manganèse et en cuivre.

* les trois nutriments primaires requis par les plantes sont l’azote, le phosphore et le potassium. Le terme « secondaire » fait référence à la quantité plutôt qu’à l’importance du nutriment. Un manque d’un nutriment secondaire est tout aussi néfaste qu’une carence en nutriment primaire.

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