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Fabriquez vos hormones de bouturage !

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I l y a quelques jours, nous vous avons expliqué comment bouturer grâce la cannelle. Nous vous avons aussi montré la méthode avec votre pipi (si,si…) et même avec votre propre bave, que vous soyez une vilaine colombe ou un gentil crapaud. Et bien, il y a d’autres astuces pour augmenter vos chances de réussir vos boutures, sans utiliser les hormones de synthèse des labos qui flinguent notre pôvre p’tite planète bleue si jolie !

Le bouturage à l’eau de saule

L’eau de saule n’est pas à proprement parler une « hormone de bouturage » car la molécule obtenue n’est pas l’auxine (l’hormone de croissante naturelle des plantes) mais la salicine (ou salicyline). Un principe actif qui a la propriété d’empêcher la déshydratation de la bouture et d’entrainer la sécrétion de substances anti-pathogènes favorisant la cicatrisation des plaies de coupe.

Cette décoction est donc très utile pour le bon déroulement de la prise racinaire. Elle favorise la rhizogenèse. Il faut noter que les jeunes pousses de saule, appelées osier, contiennent de l’auxine mais moins de salicine, en comparaison des branches plus anciennes.

Tous les types de saules peuvent être utilisés : saule pleureur, saule tortueux, saule marsault, saule blanc… Ce dernier est légèrement plus efficace.

La recette de l’eau de saule froide

Utilisez de l’eau de pluie. Récupérez des tronçons ligneux de saule de quelques centimètres. Vous pouvez y ajouter des tiges de ronce (voir notre recette d’hormone à l’eau de ronce). Écrasez-les avec un marteau. Placez-les dans le récipient et complétez avec l’eau.

Laissez agir durant 4 à 6 semaines minimum, en ajoutant de l’eau régulièrement pour que le liquide gélifie. Vous constaterez que des racines vont apparaitre.

Quand la préparation est suffisamment compacte, trempez vos boutures dans le gel pendant 24h. C’est prêt pour la bouturage !

Filtrez la préparation. Le gel obtenu peut se conserver dans des bocaux fermés, à l’abri de l’air. Choisissez un contenant adapté.

La recette de l’eau de saule chauffée

Cette recette est pratique lorsque vous n’avez pas le temps d’attendre plusieurs semaines pour vos boutures. Démarrez selon le même principe, sauf que vous placez le tout dans une casserole ou un fait-tout (éviter le métal et la fonte). Remplissez-le d’eau de pluie, couvrez et chauffez pendant 2h à feu très doux et sans faire bouillir. Laissez refroidir jusqu’à la température ambiante. le liquide est devenu d’un beau brun foncé. Trempez les boutures pendant 24h. Jetez la préparation chauffée après usage.

Quelques remarques fort utiles

Si vous n’écrasez pas les tronçons, le gel sera plus long à se former mais vous disposerez de boutures de saule prêtes à être replantées !

Les saules ont une étonnante facilité à s’enraciner. Une bouture, une branche, quelle que soit sa taille et la période de l’année à laquelle elle est prélevée, et plongée dans de l’eau, produira rapidement de nouvelles racines. Sans avoir besoin d’utiliser de l’hormone de bouturage, of course !

Utilisez le trop-plein de votre mixture comme engrais, pour arroser vos plantes, en le diluant afin d’augmenter leur système racinaire.

Sinon, trempez-leur les racines au moment du rempotage, efficaces avec les rosiers, mais pas que.

 

Préparation de l'hormone de saule

Le bouturage à l’algue

Depuis très longtemps, on se sert du goémon (ou varech) comme engrais. En effet, il contient des hormones naturelles de croissance, comme l’auxine qui intervient dans la création de racines (rhizogénèse) et améliore la floraison. 
La poudre d’algues est donc utile pour la formation des racines.

Il contient également de la cytokinine qui stimule la croissance aérienne de la plante et la grosseur des fruits. Elle prolonge la vie des fruits après la récolte.

Remarque : utilisées comme engrais, les algues, très riches en azote, phosphore, potasse et magnésium, peuvent entraîner des carences en calcium et nuire à la plante. Elles sont très concentrées en nutriments et minéraux, en micro-organismes bénéfiques et oligo-éléments essentiels. Elles remplacent ou complètent les apports de fumier et compost au pied de tous les végétaux. Utilisables en agriculture biologique.

algues brunes - Phéophycées
algues brunes - Phéophycées

Le bouturage à l’eau de ronce

Cet arbrisseau épineux de la famille des rosacées produit, dès la fin de l’été, de délicieux fruits, les mûres. Cela devrait vous rappeler des souvenirs…

Commune dans les régions tempérées, la ronce est très envahissante. Elle s’enracine facilement, par marcottage, dès qu’une branche touche le sol. De minuscules racines apparaissent rapidement. Cela parce que la ronce est riche en phytohormones. Les jardiniers avisés vont utiliser cette propriété pour fabriquer une hormone de bouturage qui va favoriser l’enracinement.

La recette

Pour faire une eau de ronce, vous utiliserez uniquement les racines et radicelles que vous laverez et laisserez sécher quelques minutes. Vous les hacherez-les finement puis vous les laisserez macérer dans de l’eau de pluie pendant 24 h, minimum.

Ensuite, faites tremper 2 4h vos boutures dans cette eau concentrée en hormones avant de les mettre en terre.

Vous pouvez aussi les faire chauffer très doucement, sans jamais bouillir, dans une casserole, comme pour l’eau de saule.

Il n’y a plus qu’à…

 

Racines de ronce

Le bouturage au purin d’ortie

Tout le monde connait le purin d’ortie. Recette simple et efficacité garantie, par trempage, arrosage ou pulvérisation ! Écolo, économique et les orties ne manquent pas dans les jardins (demandez à Mémé). La recette , c’est ICI.

Le problème vient justement de leur trop grande intensité. Mal dosé, ce macérât peut être dangereux pour les plantes. Pur, il va même les brûler irrémédiablement.

Pour rappel, quelques facteurs vont influencer la solution. La chaleur, par exemple, accélère la fermentation. Mettez-vous dans un endroit tempéré plutôt qu’en plein soleil. Un local aéré, car une odeur assez forte va se dégager du purin.

Mieux vaut éviter les impuretés, genre autres plantes et bestioles diverses qui finissent par se noyer dans le seau. Placez un linge par-dessus pendant la fermentation. Remuez régulièrement le mélange pour chasser les bulles d’air. Continuez pour conserver un purin homogène et éviter les dépôts. Le purin se garde plusieurs mois lorsque qu’il est à l’abri de l’air, de la lumière et, bien sûr, de la chaleur.

La recette pour un bon bouturage : il suffit de tremper 1 minute ou 2 le pot contenant les boutures dans du purin dilué à 1/20.

Le purin d’ortie a d’autres applications. Il booste le compost. Il active les graines après 24 h de trempage dans un purin dilué à 1/20. C’est aussi un engrais et un excellent insecticide. L’allié indispensable du jardinier…

Bien choisir son substrat de culture

Le substrat est important dans la réussite du bouturage. Il doit : être peu fertile ; retenir l’eau et assurer un bon drainage ; être assez dense pour soutenir la bouture (qui n’a pas encore de racine) et assez souple pour faciliter la croissance des racines ; ne pas contenir de bactéries, de champignons, ni de moisissures. Enfin, évidemment, ne pas comporter d’autre plante ou graine.

On utilise souvent un mélange de sable, de vermiculite ou de perlite et de tourbe. Les proportions varient en fonction de la plante. On peut y ajouter du terreau, selon que la plante apprécie un milieu plutôt acide ou plutôt basique.

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