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Liquidambar. Allumez le feu !

liquidambar
Photobyash

Ils font partie des arbres les plus remarquables en automne. Avec eux, c’est un peu “Allumez le feu” ! Et plus besoin d’avoir un immense jardin pour planter un liquidambar, le copalme d’Amérique. Il existe des formes plus petites, plus compactes. Sébastien Émain les produit dans sa pépinière La Grange aux érables.

Un arbre phare…

À l’automne, avec les érables, on ne voit plus qu’eux, ces Liquidambar styraciflua. Ces grands arbres flamboient, rougeoient… C’est l’été indien au Canada et ailleurs.

Sa différence avec l’érable

On les confond souvent. Le truc imparable pour les différencier : observer les feuilles. Le liquidambar a toujours des feuilles alternes : elles croissent en décalé, tous les 5 cm, le long de la tige. L’érable montre des feuilles opposées : elles poussent l’une en face de l’autre.

Une année dans la vie d’un liquidambar

  • Printemps : débourrage courant avril. Le feuillage est vert en général. La floraison intervient rapidement mais elle n’est pas très intéressante esthétiquement, sauf chez de rares cultivars.
  • Été : le feuillage prend toute son ampleur et l’arbre pousse. Chez certaines variétés très poussantes, le liquidambar peut prendre 50 à 60 cm dans l’année.
  • Vers le 15 août : quelques feuilles changent de couleur. Tout dépend des variétés comme le confirme Sébastien Émain : “Chez moi, à la pépinière, c’est ‘Stella’ qui colore le plus tôt. Et le plus tardif, c’est ‘Burgundy’. Le changement de couleur s’étale jusqu’en novembre. Chez ‘Lane Roberts”, que j’adore, les feuilles virent dans des tons de rose. Chez Stella, le rouge est mis. Quant à ‘Dark Automn’, les feuilles deviennent très, très foncées, presque noires. 
  • Premières gelées : à – 1°C / -2°C, toutes les feuilles tombent. Elles forment pendant quelques jours un superbe tapis coloré.
  • Hiver : l’arbre entre en dormance. Ne subsistent que les fruits.
liquidambar
©Isabelle Morand
liquidambar feuilles
©Vpulci
Liquidambar
©Franswillemblok
fruits liquidambar
©Popovaphoto

Fruits et graines

Les fruits forment des boules, hérissées de piquants. On commence à les voir à partir du mois d’août, et on ne voit plus qu’elles quand les feuilles sont tombées. Les fruits vont finir par s’ouvrir pour libérer des dizaines de graines très fines qui vont se disséminer dans le jardin sans pour autant produire de nouveaux arbres. “J’ai rarement vu des semis de liquidambars dans un jardin”, constate Sébastien.

Si vous voulez récolter les graines, décrochez les fruits encore verts. Laissez-les mûrir à la maison. Elles vont s’ouvrir et vous pourrez tenter le semis. “Moi, je les sème pour avoir des porte-greffe. Deux ans plus tard,  je greffe pour multiplier toutes les variétés qui existent.” Avec le greffage, on obtient de bons résultats. Il est aussi possible de bouturer.

À l’état naturel

Le liquidambar pousse spontanément dans l’est de l’Amérique du Nord. Ce sont les Espagnols qui l’ont découvert en Floride en 1528. Son nom signifie ambre liquide et vient à la fois de l’arabe (ambar) et de l’espagnol (liquidos) car lorsqu’on fend son écorce, le liquidambar laisse échapper une sève ambrée. En France, certains arbres sont âgés de 200 ans.

liquidambar
©Isabelle Morand (Jardin du Bois Marquis)

Petit modèle

Il existe des variétés relativement compactes, comme ‘Gum Ball’. “Attention, il ne s’agit pas d’une variété naine. Un vieux sujet peuvent atteindre 4 à 5 mètres de haut, mais ‘Gum Ball’ reste un petit arbre en comparaison de l’espèce type.” Donc méfiez-vous si l’arbre vous est donné à 2 m, grand maximum, ce n’est pas vrai… Mais ‘Gum Ball’, qui pousse plutôt en boule, reste le plus compact et peut trouver place dans un petit jardin.

Ne plantez pas un liquidambar n’importe où !

Gros costaud. C’est un arbre puissant à la racine pivotante. Il faut donc le planter loin de canalisations pour ne pas risquer les ennuis.

Mal adapté au sud. Le copalme d’Amérique n’aime pas les terrains trop trop séchants. Il commence à faire la tête à partir du Vaucluse. Dans le Midi, il a tendance à souffrir et se développe en ronchonnant. Partout ailleurs, il n’y a aucun souci, à condition de bien décompacter le fond du trou de plantation pour permettre à sa racine de bien s’installer et de pivoter à son aise.

Liquidambar
©Éric Lenoir (Le Flérial)

Nos variétés préférées de Liquidambar styraciflua

 ‘Aurea’ : cultivar à feuillage panaché irrégulièrement de jaune. Jaune orangé à écarlate en automne. 9 à 10 m de haut.

‘Lane Roberts’ : variété très classique. 15 m de haut grand maximum. Rose, jaune, orangé à l’automne.

‘Slender Silhouette’ : variété à port colonnaire, originaire du Mexique. 8 à 10 m de haut, 1,5 m de diamètre. Automne : du jaune au pourpre.

‘Burgundy’ : le plus tardif à coloré. Rouge foncé à l’automne. 12 m à l’âge adulte.

‘Dark Autumn’ : croissance lente, très lente. Feuillage quasi noir en automne.

‘Gum Ball’ : voir notre paragraphe consacré plus haut à ce petit modèle. 3 m en 20 ans.

‘Naree’ : jeune feuillage jaune, passe au vert en été puis au jaune, orange et enfin rouge foncé en fin de saison.

‘Stella’ : une grande variété (15 m à 10 ans), à la croissance rapide. Feuillage automnal jaune orangé nuancé de bronze.

Liquidambar 'Lane Roberts'
'Lane Roberts' ©Pcturner
liquidambar 'Aurea'
'Aurea' ©Isabelle Morand (Jardin du Mas des Béalières)

Fiche de culture – Copalme d’Amérique

  • Famille : Hamamélidacées.
  • Sol : acide à neutre, pas trop sec. Voilà une vingtaine d’année, on recommandait aux étudiants en horticulture de le cultiver comme une plante de terre de bruyère ! On s’est aperçu depuis qu’il n’est franchement pas si exigeant au niveau du sol. Sébastien Émain est formel : il peut pousser en terrain calcaire, comme chez lui dans la Drôme, par exemple.
  • Expo : soleil ou mi-ombre.
  • Avant d’acheter : dépotez les plantes et inspectez la racine : elle ne doit pas avoir chignonné dans le pot. Vous vous apercevez du problème trop tard ? Rapportez la plante au vendeur et demandez un échange. Un souci que vous n’aurez certainement pas en achetant chez un pépiniériste ou producteur qui rempote régulièrement ses plantes.
  • Plantation : de préférence, à l’automne. N’hésitez pas à décompacter à la pioche le fond du trou de plantation pour favoriser l’enracinement de sa racine pivotante. Bien planté, le liquidambar démarre tout de suite sa croissance. Si la racine forme un chignon, il ne pourra pas prendre son élan avant des années (parfois dix ans… C’est long et réceptif 10 ans !). Au fond du trou, ajoutez de la corne broyée (voir indications sur le paquet).
Liquidambar
©Isabelle Morand (Jardin du Bois Marquis)

Arrosage : indispensable la première année. Les années suivantes, en fonction de la météo.

Rusticité : excellente.

Utilisation : ces arbres font merveille en isolé mais ils se marient bien aussi avec des érables, des parrotias, des nyssas ou des tulipiers de Virginie.

Multiplication : voir ci-dessus au chapître “Fruits et graines”.

Copalme de Chine
Liquidambar acalycina ©Pcturner71

Les autres espèces

Copalme de Chine (Liquidambar acalycina). Introduction récente (1995). 8 à 10 m m de haut.

Copalme de Formose (L. formosana). Hauteur : de 10 à 15 m sous nos latitudes. Feuillage automnale : de rouge cramoisi à quasi violet foncé.

Copalme d’Orient (L. orientalis). Originaire du sud-ouest de la Turquie et du nord-ouest de la Syrie, il atteint chez nous une dizaine de mètres et pousse lentement.

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