Paillages : les bons, les pas bons

Bien pailler, c’est important. Mais on ne paille pas n’importe comment et avec n’importe quoi surtout. Y’a les bons paillages et les moins bons…

BRF, petit rappel

On broye majoritairement des jeunes rameaux ligneux de feuillus pour obtenir du Bois raméal fragmenté (BRF). 

Le combo gagnant

La recette du succès : engrais à la plantation + paillage. « On assure ainsi à la plante de la nourriture pour 3 ou 4 ans. L’engrais de fond (corne broyée par exemple qui se dégrade lentement) nourrit la plante pendant deux à trois ans. Le paillage installé en même temps que la plante s’est lui aussi bien dégradé, il produit une bonne matière organique.

Atelier du Végétal
©Isabelle Morand

La troisième année, il suffit alors d’enfouir les restes du vieux paillage pas encore dégradés. On remet alors éventuellement une petite dose d’endroit organique et surtout, on ajoute du compost ou on remet une couche de paillage. Tout ceci permet à la plante de bien pousser. », explique Amélie Tura, de la pépinière Atelier du Végétal, en Dordogne.

La couche de paillage doit être épaisse de 5 à 8 cm.

paillage, les bons, les pas bons
©Isabelle Morand

Utilisez des bois blancs

Pour faire vos propres paillages, vous pouvez broyer tous les bois blancs du jardin : bouleaux, noisetiers, érables, charmes, arbustes dont les éleagnus qui poussent vite.

La bonne composition d’un broyat

75 % de broyat de bois blanc + 20 à 25% de châtaignier (ou de chêne ou de conifère) grand maximum. Le tout doit être bien mélangé.

Les bois à utiliser en petite quantité

Le chêne et le châtaignier sont des bois qui contiennent une grosse quantité de tanins, qui inhibent la croissance des plantes. « À Bergerac, et j’imagine ailleurs, on trouve en jardinerie des sacs de paillage de châtaignier local. Les clients se disent : génial, ça pousse ici, achetons local, circuit court etc. Oui, mais les jardiniers doivent savoir que ce paillage est juste parfait à étaler dans un endroit où… on ne veut pas de plantes ! Si on étale ce paillis dans un massif qu’on vient d’aménager, rien ne poussera ou les plantes resteront complètement rachitiques ! ». 

Les conifères : ils acidifient le sol et se décomposent très lentement. On ne fait pas un bon paillage avec 100% de thuyas, de pin ou peu importe l’espèce de conifère. Il faut les utiliser à petites doses.

L’écorce de pin : à oublier

Pour Amélie Tura, « il faut arrêter d’en mettre dans les jardins ! J’espère ne choquer personne en disant cela mais l’écorce de pin n’a strictement aucun intérêt dans un jardin. Ces écorces acidifient le sol qui n’en a bien souvent pas besoin. La conséquence peut être un déséquilibre de l’écosystème. Autres éléments à prendre en compte : c’est un produit qui coûte très cher, met un temps infini à se dégrader et ne nourrit pas le sol. Alors à quoi bon les utiliser ? »

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©Proxima13
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©Charlotte Bleijenberg

Sarrasin, cacao, noyaux…

« Je suis convaincue qu’il n’y a rien de mieux que le BRF pour nourrir les plantes mais pourquoi ne pas utiliser d’autres paillis végétaux qui se dégradent. À la pépinière, nous utilisons de la cosse de sarrasin, des paillettes de chanvre pour pailler le pied des plantes». Dans votre jardin, rien ne remplacera le BRF, mais toutes les matières végétales qui se dégradent vite et nourrissent le sol peuvent bien sûr être utilisés. 

Le paillage minéral

Il est très utile pour protéger le pied des plantes de terrain sec de l’humidité et du froid. « Les graviers sont très utiles à tous les jardiniers qui vivent en régions où le sol est frais mais qui ont envie de cultiver quelques plantes de terrain sec. Il suffit d’une épaisseur de 2 cm tout autour du pied pour faire un paillage efficace. »

Les autres paillages performants

Les tontes de pelouse

Elles apportent de l’azote et sont pratiques au printemps et en été quand il n’y a pas de feuilles mortes ! Si vous en avez trop, vous pouvez en mettre au compost ou les donner à manger aux poules. Quand les tontes sont fraîches, ne paillez pas sur plus de 2 à 3 cm d’épaisseur. L’humidité attire les limaces et peut favoriser l’arrivée de maladies. Vous pouvez aussi faire sécher les tontes, les stocker, elles se conservent plusieurs mois.

Feuilles de bambou

Les bambous sont généreux en feuilles. Passez-les à la tondeuse (ou pas) avant de les utiliser en paillage.

Déchets de taille des vivaces

Quand vous coupez, nettoyez vos vivaces ou votre potager, regroupez les déchets sur la pelouse et passez-les à la tondeuse. Ce paillage de courte vie (6 mois environ) peut être utilisé dans les massifs ou au potager. Vous pouvez aussi juste découper ces déchets avec un sécateur et les laisser se dégrader in situ.

Les frondes de fougère

Toutes les fougères sans exception sont très précieuses à utiliser en hiver pour protéger les plantes fragiles. Dans ce cas, utilisez-les entières et entassez-les sur et autour de la plante à protéger. Les autres saisons, les frondes fraîches ou sèches, coupées en petits morceaux ou pas, peuvent servir en paillage au potager, notamment autour des fraisiers, de l’échalote, ail, oignon.

Les feuilles mortes… à la pelle !

Usez et abusez des feuilles mortes pour vos paillages. On n’a pas fait mieux. C’est le meilleur moyen d’améliorer ou d’entretenir la fertilité du sol. Les vers de terre, les insectes en raffolent. Vous pouvez les étalez absolument partout, au pied des haies, entre les vivaces, au potager. Entassez-les au pied des plantes frileuses. Et faites-en un bon tas pour accueillir un hérisson qui passerait par là.

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©Biserka Stojanovic

Expérience perso… Terreau de feuilles, de la nourriture facile

Essayez de garder un petit coin de votre jardin pour entasser les feuilles et fabriquer un terreau de feuilles maison. Le mieux, c’est de fabriquer un petit silo avec des palettes recyclées mais il est parfois peu esthétique dans un petit jardin. Dans mon jardin, j’ai entassé les feuilles le long d’une haie entre des arbustes qui cachent le tas et dissuade les oiseaux de venir y fouiller en fichant le bazar. J’y mets systématiquement des feuilles après une bonne pluie. Je brasse régulièrement le tas, je l’aère. Il ne faut pas être pressé, obtenir un bon terreau de feuilles prend des mois mais la patience paye toujours.

Des fagots pour les animaux

Il ne s’agit pas de paillage à proprement dit mais des tas de branchages, de frondes de fougère sont très utiles à la biodiversité et nombre de petits animaux y trouvent refuge en hiver. 

J’utilise ce terreau pour des semis mais aussi par poignée quand j’installe de nouvelles plantes. J’ai remarqué que les hortensias et hydrangéas en sont fous fous fous. Et les vivaces l’apprécient également.

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