N’est pas Citron de Menton qui veut!

Citron de Menton
Didier Hirsch

Avoir sa petite étiquette ‘Citron de Menton’ se mérite ! Il faut pousser sur un territoire très restreint, être absolument parfait sous toutes les coutures. Explications de Franck Roturier, directeur des parcs et jardins de la ville de Menton parmi lesquels La Casetta, la pépinière consacrée aux agrumes.

On ne badine pas avec le protocole…

Dix ans ont été nécessaires à l’Association pour la promotion du Citron de Menton pour obtenir, en décembre 2015, l’inscription de l’agrume sur la liste des IGP (Indication Géographique Protégée). Toutes les IGP doivent respecter un cahier des charges strict. Celui du Citron de Menton a été élaboré en collaboration avec l’INAO (Institut national des appellations d’origine controlée, les fameuses AOP). 

Citron de Menton : les règles à suivre

Un territoire délimité : le citron de Menton est produit sur un petit territoire qui englobe les communes de Menton, Roquebrune Cap-Martin, Gorbio, Castellar et Sainte-Agnès.

Un terroir précis : le citron ne doit pas être cultivé à plus de 300 m d’altitude.

Appartenance obligatoire à l’Association pour la promotion du citron de Menton

Obligation de faire certifier ses citronneraies par un organisme de contrôle indépendant. 

Citron de Menton
©Ville de Menton

Les citronniers plantés doivent avoir été greffés sur du bigaradier (origine marocaine), mais la situation va évoluer sans doute. Pour le moment, on est obligé de passer par tout un processus géré par San Giuliano. Mais à terme nous pourrons prélever des greffons sur des arbres certifiés, dans nos propres vergers.

Cultiver l’une des 5 variétés autorisées : ‘Cerza’, ‘Santa Teresa’, ‘Adamo’, Eureka et ‘SRA 625 Mentonnais’.

Cette dernière variété a été identifiée comme « the » citron de Menton par l’Institut de recherche San Giuliano après des recherches génétiques. Ce citron trouverait ses origines du côté de Gênes, en Italie. Les 5 variétés sont cultivées dans le cadre de l’IGP pour éviter, par malheur, un problème sur une variété et se retrouver sans citron. Il faut savoir que la ‘SRA 625’ est plus sensible aux maladies que les autres.

Zéro traitement 

Les cultures reçoivent de l’engrais, sont évidemment taillées pour aider la production. À la Casetta, on ne traite pas nos agrumes. S’ils hébergent un peu de cochenilles, tant pis. Nous insistons aussi beaucoup à Menton sur la préservation de la nature, le respect de la biodiversité. En ville, les fauchages sont tardifs par exemple pour permettre aux abeilles et aux pollinisateurs de faire tranquillement leur travail. La nature n’a pas besoin de nous tout le temps.

De l’arbre à l’assiette

Tous les citrons du pays mentonnais ne deviendront pas ‘Citron de Menton’. Sur un citronnier, environ 60% des fruits bénéficieront de l’IGP et vont se répartir en catégorie extra et catégorie 1. Les 40% déclassés ne peuvent pas être vendus avec une étiquette ‘Citron de Menton’.

Pour devenir un ‘Citron de Menton’, le fruit passe par une station de conditionnement elle-même sous la responsabilité d’un bureau de contrôle. Dans cette station, on calibre les citrons, on les trie. Quand vous achetez du Citron de Menton, la traçabilité est absolue : pour chaque citron, il est possible de dire dans quel verger il a été cultivé. 

Tout ceci explique la qualité exceptionnelle du fruit et aussi son coût. 

Extra, catégorie 1, les critères

Le citron est choisi sur ses caractéristiques physiques. Il ne doit être ni trop gros, ni trop petit. Sa peau doit être parfaite. 

Un citronnier IGP produit entre 50 et 100 kg de fruits par an. Pas plus. Si on vous affirme qu’un citronnier produit 200 kg de fruits, c’est louche. Un arbre ne produit pas plus que ce qu’il peut produire… 

Le bloc fruitier de Menton

« Nous sommes en train de créer une énorme agrumeraie, la plus grosse de tout le territoire avec quasiment 1000 citronniers. Ce sera évidemment une zone de culture, mais également d’expérimentation. Ici, on cultive en terrasse, en plein soleil, mais il faut savoir que le citronnier peut très bien pousser à l’ombre. Cela ne le gêne pas. Petite anecdote : sur mon propre terrain, abandonné pendant une dizaine d’années, j’ai découvert des citronniers en parfait été, exempts de toutes maladies. 

Frank Roturier Citron de Menton
Frank Roturier ©Didier Hirsch

Ils ne portaient que quelques fruits. Ils étaient dissimulés sous des ronces, donc à l’ombre. C’est en débroussaillant que j’ai senti l’odeur de ces citronniers… Ressenti confirmé par l’odeur des feuilles. Chaque agrume a une odeur particulière de feuillage, c’est ainsi qu’on les reconnaît quand les arbres ne portent pas de fruits. »

calendrier du 19 février 2022

C’est la fête !

La fête du Citron se déroule en février à Menton.

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