Balade sur le Nil, à Assouan

Isabelle Morand

Au sud de l’Égypte, Assouan est une des villes plus agréables d’Égypte. C’est le point de départ pour visiter le temple de Philae, le Jardin botanique, les tombes rupestres des anciens gouverneurs de l’époque pharaonique et la réserve naturelle de Saluga et Ghazal.

Île Éléphantine et tombeaux rupestres

Le petit bateau part de la rive est du Nil, la rive ouest n’abrite qu’une bande étroite de végétation prolongée par les collines rocheuses et les premiers sables du désert. Le bateau passe entre deux îles. La plus grande, l’île Éléphantine (1,2 km de long, 400 m de large), était le lieu de résidence des gouverneurs du Pays de Nubie (sud de l’Égypte antique). 

L’île tiendrait son nom du commerce de l’ivoire. Elle était nommée Abou en égyptien ancien. Puis les Grecs l’ont appelé « Eléphantesque » francisé en Éléphantine. En face de l’île, sur la rive ouest, ont été inhumés des gouverneurs. Une quarantaine de tombeaux rupestres datant de la VIe à la XIIe dynastie sont accessibles et un éclairage la nuit rend la scène franchement magique.

rives du Nil
Tombeaux rupestres ©Isabelle Morand
Assouan Botanical Garden
©Isabelle Morand

Le Jardin botanique d’Assouan 

Plus petite, cette île a longtemps été surnommée Natron, par les Nubiens. À l’initiative de Lord Horatio Kitchener, l’île a été transformée en jardin botanique à la fin du XIXe siècle et elle prit le nom d’île aux fleurs. Puis le roi Fouad 1er et son fils Farouk aimant beaucoup venir s’y promener, l’île change encore une fois de nom et devient… l’île du Roi. Après le renversement de la Monarchie en juillet 1952 par Nasser et Naguib, l’ancienne Natron devient officiellement le Jardin botanique d’Assouan (article plus détaillé à venir prochainement).

Le Mausolée de l’Aga Khan

Au sommet d’une crête sableuse s’élève le mausolée du chef spirituel des Ismaéliens, marié à la Bégum (Yvette Labrousse, Miss France 1930). L’Aga Kahn, décédé en 1957, résidait souvent à Assouan pour soigner ses diverses pathologies. Il a même eu l’autorisation de construire un peu au dessus des rives de Nil une très grande villa où la Bégum, sa quatrième épouse, venait jusqu’à disparition en 2000. Chaque jour, jusqu’à mort, qu’elle soit à Assouan ou pas, elle faisait déposer chaque jour une rose sur la tombe de son époux. 

Assouan mausolée Aga Khan
©Isabelle Morand

La première cataracte du Nil 

Les cataractes du Nil sont au nombre de 6, entre le Soudan et l’Égypte. Ce ne sont pas des chutes d’eau, mais des rapides et la navigation peut y être très périlleuse, notamment sur la Grande Cataracte en Nubie. La construction du Haut-Barrage d’Assouan a permis de pacifier la première cataracte, mais mieux vaut encore confier aujourd’hui le gouvernail du bateau à un Égyptien chevronné qui connaît, par ailleurs, la profondeur des bras d’eau dans la réserve. 

Attention aux crocodiles ! 

L’entrée de la réserve fait un peu froid dans le dos. C’est un panneau qu’on aperçoit d’abord : « Attention aux crocodiles ». On se rassure : il ne s’agit pas des grosses bêtes retenues dans le lac Nasser, derrière le Haut-Barrage par des barrières anti-crocodiles. Mais certains bébés reptiles parviennent toutefois à se faufiler et on les retrouve dans les eaux de la réserve Salugua et Ghazal. 

Les populations nubiennes récupèrent ces bébés qui sont élevés pour faire un peu peur aux touristes (quand on vous apporte un panier couvert et qu’une fois le couvercle enlevé, une petite bestiole donne de grands coups de cœur, ça fait un peu drôle…). Quand ils ont un peu grandi, ils peuvent être vendus ou relâchés dans le lac Nasser.

attention aux crocodiles
©Isabelle Morand
machoire de crocodile
©Isabelle Morand

La réserve de Saluga et Ghazal

La réserve porte le nom de deux de petites îles. 94 espèces végétales y sont identifiées, mais l’acacia et le tamaris se taillent la part du lion. De nombreuses espèces animales y vivent tranquillement. Les hérons cendrés perchés sur une patte et les martins-pêcheurs font facilement leur show, mais il faut un peu de patience (et beaucoup de chance) pour pouvoir observer les plus rares d’entre elles comme l’ibis noir (symbole de la réserve). J’ai bien aimé guetter la petite gallinule poule d’eau, un petit volatile bien peureux, jamais très loin des rives… En revanche, je n’ai pas eu le bonheur de voir un aigle. Peut-être la prochaine fois ! 

Réserve de Saluga et Ghazal
©Isabelle Morand

Les traditions nubiennes

Si vous voulez voir l’architecture et la décoration traditionnelles nubiennes, demandez à aller sur une des petites îles habitées (les villages nubiens sur la rive est sont vraiment à 100% des villages pour touristes). Et fermez sur les yeux sur la très relative propreté (imaginez ailleurs… et la pollution avec). Vous pouvez marcher dans les minuscules ruelles bordées de maisons en briques de terre crue.

Les populations nubiennes de cette île et d’ailleurs ont du être installées ici pour permettre la construction du Haut-Barrage d’Assouan. Ça et là, un peu de peinture bleue égaye un peu le paysage. C’est à l’intérieur de certaines habitations que vous verrez les plus belles décos. Les couleurs y « claquent » de partout… À admirer en sirotant la boisson nationale à base d’Hibiscus bissap, le karkadé. À boire chaud ou froid (pensez à virer les glaçons…)

maison nubienne
©Isabelle Morand

L’Old Cataract 

Le passage est quasiment obligé devant le palace Old Cataract. Le jardin se visite moyennant un petit droit d’entrée. Pour les chambres, prévoyez de casser votre tirelire.

Cet hôtel inauguré en 1902 a été récemment rénové. Impossible de vous dire s’il a gardé son âme. Celle des décors du film « Mort sur le Nil », adapté du roman d’Agatha Christie, avec une belle brochette de stars (Peter Ustinov, Mia Farrow, David Niven, Jane Birkin, Bette Davis, Angela Lansbury…).

Et petites pensées aux célébrités qui ont eu la chance de pouvoir embrasser l’une des plus belles vues sur le Nil : Lady Di, André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry, Sophie reine d’Espagne sans oublier le président François Mitterrand qui passa Noël et les fêtes dans la suite présidentielle en 1995. Il est mort de retour en France le 8 janvier.

LE guide à contacter !

Un grand merci à Achraf Youssef, guide en Égypte. Connaissances historiques, archéologiques, sociales, sens de l’adaptation, gentillesse à toute épreuve (alors qu’on a été un poil casse-pieds, oui, je sais !)… Si vous voyagez au Caire ou ailleurs, remettez-vous-en à lui ! Il excelle ! 

Achraf Youssef, guide en Égypte
©Isabelle Morand
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