Bruno Veyrat, ses grenouilles, ses chouettes et ses sauterelles…

Bruno et les petites bestioles
Isabelle Morand

Hacher une sauterelle, zigouiller une araignée, buter une couleuvre… Non, non et non ! Dans son jardin du Tarn-et-Garonne, Bruno Veyrat préserve la biodiversité et veille sur des milliers de gentilles petites bêtes. 

La grenouille, la menthe et les mouches…

J’habite sur le causse. Mystérieusement, il y a une mare en haut de la colline où il y a de l’eau, même en plein été, même en cas de sécheresse. Des grenouilles y vivent. Elles sortent la nuit de leur point d’eau pour chasser et j’en retrouve dans mes plates-bandes. Une année, j’avais mis un pied de menthe à tremper dans une auge de maçon, pour le planter et puis j’ai oublié. J’ai fait autre chose. Quand j’ai voulu m’occuper de la plantation quelques jours plus tard, deux grenouilles prenaient le soleil sur le bord de l’auge.

Elles se sont habituées à moi et ont décidé de vivre dans l’auge ! Un jour, j’ai eu l’idée de mettre une moitié d’écorce de melon à moitié dans l’eau. Et là, bingo pour les grenouilles ! Les drosophiles venaient sur le morceau d’écorce émergée, et mes copines grenouilles rainettes toutes vertes, bien jolies, n’avaient plus qu’à les happer !

rainette verte
©Nacho Mena
drosophile
Un bon casse-croute pour les grenouilles ©janeff

La rainette et l’agave

Quand on prend le temps d’observer son jardin, on voit vraiment des choses extraordinaires… Les rainettes n’hésitent pas à se balader dans les agaves. J’en ai même vu une petite en équilibre sur une aiguille de 5 cm dans un cactus raquette ! Incroyable… 

Tête à tête avec ma chouette 

Un jour, j’ai trouvé une petite boule sombre dans un de mes grands agaves. Je me suis alors rendu compte qu’un couple de chouettes effraies avait élu domicile dans le pignon sud de ma maison. Il s’agissait d’une pelote de réjection puis les rapaces diurnes et nocturnes ne digèrent pas tout dans leurs proies. Ils mangent les muscles, mais rejettent tous les poils, la peau et les os sous forme d’une petite boule très compacte. Quand on dissèque ces boules, on trouve tout, y compris les crânes de campagnols, de mulots ou de musaraigne. 

Le nichoir dans le pignon accueille un couple. Un matin, j’ai vu la tête de M. ou Mme. Nous nous sommes regardés, je ne sais pas qui de nous deux était le plus étonné. Moi, ça a fait mon bonheur pour la journée. 

chouette effraie
Cadifor

Des pigeons sont venus s’installer dans le nichoir de mes chouettes. Je suis monté à l’échelle pour déloger les squatteurs. Je me suis rendu compte que le nid était recouvert de pelotes, comme une litière bien sèche. Les pigeons sont revenus, mais le couple les a délogés pour pouvoir nicher tranquillement. Les petits sont très bruyants. Comme ils sont ravitaillés la nuit par les deux parents, je les entends chuinter et même se chamailler ou se mettre des peignées ! C’est à qui récupérera le plus gros morceau du mulot ! J’adore cette vie trépidante nocturne que je peux entendre de mon lit.

La cachette des couleuvres

Elles se cachent sous l’escalier de pierre qui mène à l’entrée de la maison. Elles sont plutôt grandes et impressionnantes, mais pas dangereuses. Je me méfie en revanche des vipères qui peuvent vivre dans les tas de pierres. Quand je manipule des pierres, je suis toujours prudent, je mets des gants. 

couleuvre à collier
©kerala1021
tourterelle turque
©Alessandro Tramonti

Les oiseaux sont de retour !

Quand j’ai acheté la maison, il y avait peu d’arbres et d’arbustes, rien d’accueillant pour les oiseaux. Aujourd’hui, je peux voir dans mon jardin des tourterelles turques, des mésanges charbonnières, des mésanges bleues, des pinsons, des troglodytes mignons, des chardonnerets… J’entends la huppe, le hibou petit-duc. J’ai même vu une fois un roitelet. Les moineaux, eux, vivent en bande dans le laurier-sauce et nichent dans des trous. Leur vie sociale est intense, ils se chamaillent beaucoup surtout quand il s’agit d’aller se nourrir des graines de toutes les inflorescences sèches des phlomis par exemple. 

Je prends le temps de les regarder tous ces oiseaux. Cela m’a permis de voir de très près un geai venu « manger » des cailloux sur un petit muret… J’ai pu observer aussi des perdreaux sur le toit de la grange, des faisans de Colchide traverser le temps. Les hirondelles sont une cinquantaine environ en fin de saison quand elles ont fait tous leurs petits.

Des aires de jeux pour escargots et sauterelles

Je ne tonds que le strict minimum pour préserver la biodiversité. Des parcelles enherbées permettent aux colonies d’escargots de vivre tranquillement. Et de fuir la chaleur du sol en été en escaladant les tiges. Dans les herbes hautes, on peut voir des mantes religieuses et aussi des empuses pennées. Ce sont des insectes tout gris qui se confondent avec les herbes sèches. Ils se balancent sans arrêt, comme des brindilles, avec leur abdomen recourbé sur le dos. Leur silhouette est vraiment étrange. Heureusement, ces empuses pennées sont petites, car elles sont plutôt effrayantes. 

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