André Diéval, une passion pour les hortensias français

andré diéval M. Hortensia français
DR

Le nom de son jardin, HortensiArtois, donne le ton. André Diéval est un fondu d’hortensias français qu’il cultive dans le nord de la France. Pour leur beauté, leur qualité, mais aussi pour préserver ce patrimoine végétal.

andré Diéval, passionné d'hortensias
©Isabelle Morand

Hortus Focus : à quand remonte ton histoire d’amour avec les hortensias français ?

André Diéval : elle est née voilà plus de 40 ans. Mon père s’occupait d’une propriété à Camblain-l’Abbé où poussaient beaucoup d’hortensias. Petit à petit, je suis tombé dedans en m’intéressant surtout aux origines de ces hortensias. Qui les a obtenus ? Où ? Comment les conserver en les multipliant ? Pour moi, il s’agissait et il s’agit encore aujourd’hui de participer à la conservation. 

Qui a travaillé sur les hortensias en France ?

À Nancy, Victor Lemoine a beaucoup travaillé sur les lilas, mais il s’est intéressé aussi aux hortensias. Il est le premier à semer H. ‘Mariesii’ en 1904. Cet H. macrophylla est nommé d’après le botaniste Charles Maries qui a rapporté la plante du Japon. Victor Lemoine obtient trois plantes ‘Mariesi Perfecta’, ‘Mariesi Lilacina’, ‘Mariesi Grandiflora’. Puis d’autres obtenteurs s’engagent sur le même chemin. Henri Cayeux, qui travaille au Havre, crée ‘Merveille sanguine’ et obtient en règle générale des hortensias français aux fleurs de couleurs vives. 

Victor Lemoine

Émile Mouillère, lui, était installé à Vendôme. Ce fut l’un des plus grands sélectionneurs d’hortensias. Un bel hortensia à fleurs blanches, très commun dans les jardins, porte d’ailleurs le nom de son épouse (‘Mme Émile Mouillère’).

Où trouves-tu de la documentation sur ces hortensias français ?

Je fais partie de l’association Shamrock qui s’occupe de trouver, répertorier les archives, et de les éplucher. Toute la documentation est réunie par Robert et Corinne Mallet qui veillent, à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime) sur une formidable collection de 1200 espèces et variétés d’hydrangéas, dont de nombreux hortensias français évidemment. 

Est-ce que tu hybrides ? 

Non, moi je les multiplie. Pour les semis et hybridations, je laisse faire les copains. Tu sais pourquoi ? Parce que je suis incapable de mettre des plantes à la poubelle. Or, quand on hybride, quand on sème, on obtient des milliers de plantes. Et sur ces milliers de plantes, on va en conserver entre 5 et 7, pas plus. Tout le reste, c’est poubelle ! Et moi, je ne pourrai jamais les mettre à la poubelle ! 

Les hortensias préférés d’André

‘Merveille sanguine’

Il est issu de ‘Merveille’, un hortensia qui existe encore, mais qui ne se vend plus beaucoup. H. macrophylla ’Merveille sanguine’, en revanche, est toujours une variété d’hortensia souvent plantée. Sa couleur rouge a rarement été égalée. Attention, contrairement à la majorité des hortensias, c’est une plante qui n’aime pas l’ombre. Il lui faut absolument de la luminosité pour qu’elle se développe bien. Moi, je le trouve un peu capricieux cet hortensia, il faut vraiment le bichonner, mais il est tellement beau que cela vaut le coup d’essayer et de suivre son développement.

Merveille sanguine - Promesse de fleurs
©Promessedefleurs
Passion Hortensias français

‘Mme Émille Mouillère ‘ 

Pour moi, c’est vraiment le plus bel hortensia français blanc. Mouillère l’a créé en 1909, et il n’a pas beaucoup de rivaux alors qu’il est plus que centenaire. Même les nouvelles obtentions ne lui arrivent pas à la cheville. Ses boules blanches sont parfaites. 

Hydrangea macrophylla

C’est une espèce à part entière, endémique du Japon. Dans le commerce, ce que l’on nomme Hortensia macrophylla telle ou telle variété, en fait ce ne sont pas des macrophylla ! Ce sont des hybrides de x serrata et macrophylla ! Le mariage des deux a créé les hybrides de macrophylla. 

Planche botanique

Les ‘Mariesii’ de Victor Lemoine

J’aime beaucoup ‘Mariesii Perfecta’ et ‘Mariesii Lilacina’. Ce sont des plantes que l’on peut installer dans tous les jardins d’aujourd’hui. Elles ne sont pas du tout démodées et n’ont pas d’égales. Belles, rustiques et florifères, que demander de plus ? 

Quelques envies d’hortensias français en plus ?

Un siècle après Lemoine, Cayeux, Mouillère, on continue d’obtenir évidemment de nouvelles variétés, dont certaines sont vraiment très étonnantes. La preuve avec des variétés crées par Boos Hortensia

 

‘Daredevil’ : il est capable de produire des fleurs sur des bourgeons latéraux, ce qui est très intéressant en cas de gelées printanières. La floraison démarre rose bonbon et fane en rouge intense. Les feuilles d’abord vert foncé passent rapidement au vert-noir avant de virer au rouge à l’automne. Récompensé par un Mérite aux Journées des Plantes de Chantilly.

hortensia Daredevil
©Pascaline Noack
Hortensia Boos Velvet
©dr

‘Valvert’ : grandes boules de fleurs roses striées de vert (ou bleu strié de vert en sol acide). Très florifère sur les boutons latéraux (parfait en cas de gels printaniers). Feuillage totalement rouge en fin de saison.

‘Bel Alexandre’ : plante vigoureuse et ramifiée, floraison en boule délicate bleu tendre, pétales dentelés, liseré blanc. Fin de floraison en bleu acier-argenté. Génial en bouquet sec.

Bel Alexandre Boos Hortensia
©dr

‘Julisa’ : feuillage pourpre qui passe au rouge feu à l’automne. Grosses boules de fleurs qui démarrent rouge fuchsia et finissent rouge velours. Côté feuillage, il est vert sombre puis il devient rouge en fin d’été. Une belle couleur qu’il garde jusqu’à la chute. Cette variété aime bien la luminosité.

'Julisa' Boos Hortensia
©dr
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