L’étourneau sansonnet, quelle plaie !

Christina Prinn

Je déteste l’étourneau sansonnet à peu près autant que les pigeons, c’est dire… C’est un vilain zoiseau, fourbe comme pas deux, pillard comme les armées de Gengis Khan. Et son chant ne ressemble à rien d’autre qu’une succession de cris insupportables…

Courageux, l’étourneau sansonnet ? Pffff

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont à peu près aussi courageux qu’une bande de neuneus s’attaquant à 12 à une nonagénaire pour lui piquer son sac à main. On dit d’eux qu’ils sont sociables… Oui, mais exclusivement entre eux, pour mieux attaquer les cultures ou squatter par dizaines de milliers les centres-ville et déféquer partout.

©Volodymyr Kucherenko
©Volodymyr Kucherenko

L’étourneau sansonnet en hiver

Une calamité pour mes mésanges qui ne peuvent plus fréquenter leurs mangeoires. Là où l’étourneau sansonnet passe, il vide tout. Il mange tout : la graisse, les tambouilles aux insectes, les graines diverses et variées. Je ne peux quand même pas passer l’hiver au jardin pour les chasser ! La tentation de la fronde est tentante, mais je vise comme une patate. La solution ? Les priver de bouffe. Il faut donc décrocher toutes les mangeoires et les remettre quelques jours plus tard pour mes mésanges. Je travaille moi, espèces d’emplumés, j’ai pas que cela à faire…

Un acrobate ! ©Steve Adams
Un acrobate ! ©Steve Adams
©Gheorhge
©Gheorhge

La sale bête en juin

Mes voisins ont un très, très vieux cerisier qui donne plein de cerises, mais ils n’en mangent jamais ou alors un mini-bol. En cause : les pigeons (complètement crétins) qui mangent les cerises même vertes, les perruches vertes qui viennent se taper un goûter et enfin, les étourneaux sansonnets qui s’abattent en bande dense et finissent le boulot. 

©AGD Beukhof
©AGD Beukhof

Vivement l’automne !

C’est à cette période que j’aime l’étourneau sansonnet. On ne le voit pas ! Sauf quand lui et tous ses copains donnent de fabuleux spectacles en nuées dans le ciel. Et là, c’est beau. Voilà. C’est même très beau, je le concède volontiers . 

En plus, c’est un oiseau qui fiche les pétoches…

Enfin, moi ,les mâles me font très peur avec leur plumage tout noir et leur œil fourbe. Je pense qu’un jour, ils sont capables de produire un remake des « Oiseaux » d’Alfred Hitchcock. Ils vont descendre par le conduit de la cheminée, tournoyer dans la maison tandis que je serai réfugiée dans la salle de bains (et hop, on fait en même temps le remake de “Psychose”, yes !)

©Andrew Turner
©Andrew Turner

L’étourneau sansonnet, un danger pour les avions

  • En 1996, ils auraient une responsabilité dans l’accident d’un C-130 de l’armée belge sur la base d’Eindhoven. 37 morts, 7 rescapés.
  • Le 4 octobre 1960, des dizaines d’étourneaux sansonnets sont avalés par les moteurs d’un avion de la compagnie Eastern Air Line. 67 morts, 109 blessés graves.
©ANDA MIKELSONE
©ANDA MIKELSONE

Je jure, votre Honneur, que je n’y suis pour rien !

J’ai beau ne pas les aimer, je ne souhaite pas leur mort (ben non). Et je ne suis pas responsable des centaines d’étourneaux sansonnets retrouvés morts ici et là, sans que l’on sache pourquoi. 

Le 1er janvier dernier, une centaine d’oiseaux git sur la départementale D611 entre Ferrals et Lézignan, dans l’Aude. Trois semaines plus tard, c’est une rue de Brest qui est encombrée de cadavres d’oiseaux.

En août 2021, même phénomène sur une route de Meurthe-et-Moselle. En décembre de la même année, des milliers d’oiseaux morts tombent tout autour d’un hôpital du nord-ouest de l’Espagne. 

Quelques hypothèses pour expliquer ces morts ?

Le passage du mur du son par un avion

La consommation de nourriture traitée aux pesticides, herbicides, etc. 

Les spécialistes penchent plutôt pour une autre hypothèse : une désorganisation dans la nuée. Un p’tit malin qui déconne, en percute un autre, qui en percute un autre et c’est tout un groupe qui peut se télescoper et former comme une pluie d’oiseaux tout morts.

Une dernière précision (si vous avez lu jusqu’au bout) 

Cet article anti étourneaux sansonnets va encore me valoir – sans nul doute- des mails furieux. M’étant déjà « farci » les pigeons (qu’est-ce c’est bon la pastilla !) et je ne sais plus quelle autre bestiole, je tiens à préciser que je pense vraiment ce que j’écris… enfin, pas tout le temps, hein ? Pas d’insultes, merci ! Un peu de huitième degré… 

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