Plantes et flèches empoisonnées

Alejomiranda

Pour se nourrir ou pour tuer un ennemi, les flèches empoisonnées ont été et sont encore utilisées par diverses populations à travers le monde. Si l’on connaît les curares, la strychnine employée par certaines tribus, d’autres poisons sont moins connus, mais tout aussi bigrement efficaces…

L’aconit à travers le monde

Il y a quelques siècles, en Chine, on faisait bouillir dans de l’eau des tubercules d’aconit (Aconitum) sauvage avant de tremper la pointe des flèches dans la mixture obtenue. Le poison est tellement puissant qu’il peut tuer même si la flèche n’a fait qu’érafler la peau de la proie… ou de l’ennemi ! Au Cachemire, la tribu Mingaros chasse parfois encore le bouquetin à l’aide de flèches d’Aconitum napellus et une autre espèce de cette plante servait aux Ainous, peuple autochtone du nord du Japon, à chasser l’ours.

©emer1940
©emer1940

Sève et latex

On sait déjà que le latex des euphorbes peut créer des désagréments cutanés. Ça gratte, ça brûle, mais ça ne fait pas du bien. Aux Caraïbes, dans le passé, les Indiens se servaient de la sève du redoutable mancenillier, l’arbre le plus dangereux du monde, et de celle de l’arbre bombardier (Hura crepitans). Attention, le latex de ces deux arbres provoque des réactions inflammatoires intenses, parfois mortelles.

En Afrique

La liste des poisons est longue : écorce et graines d’Erythrophleum guineense (légumineuse), Palisota barteri (Comelinacée chargée en oxalate de calcium), latex d’Acokanthera, sans oublier la liane Parquetina nigrescens, le laurier-rose et le Strophantus hispidus dont les graines sont hautement dangereuses pour le cœur. À chaque région, et presque à chaque tribu, sa recette pour confectionner des flèches empoisonnées. 

Graines de Palisota barteri ©nastasija Radenkovic
Graines de Palisota barteri ©nastasija Radenkovic

Le curare et les conquistadors

En débarquant en Amérique du Sud, les Espagnols ont vite fait connaissance avec le curare qui, rapidement, est devenu leur pire trouille. Le curare agit très rapidement, il provoque une mort atroce et il n’existe aucun antidote. À l’époque, le curare était un poison de chasse ; il est devenu un poison de guerre pour lutter contre les conquistadors.

Et le secrétaire d’Herman Cortès délivre une version assez peu crédible – et infirmée depuis – de la fabrication du poison : « Pour composer cette méchante drogue, ils enferment une vieille et lui donnent les matières et le bois pour faire cuire et bouillir ensemble tous ces simples. Cette concoction est bien deux ou trois jours sur le feu avant qu’elle vienne à sa perfection. La vieille meurt de la puanteur et de la fumée venimeuse que rend ce bouillon. Et si elle en meurt, ils louent grandement ce poison, mais si elle ne meurt point, ils la jettent dehors et la châtient sévèrement… »

©Laszlo mates
©Laszlo mates

En Asie aussi évidemment

La strychnine, certains Strophantus sont également présents en Asie, où on utilise aussi des cardiotoniques comme l’Antiaris toxicaria (tronc et feuilles sont toxiques).

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