Nul ne saura ignorer la Loire, avec Camille de Toledo

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Nul ne saura ignorer la Loire, avec Camille de Toledo
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Camille de Toledo est écrivain, passionné depuis l’adolescence par la nature et les combats pour la défendre.

Camille de Toledo
Camille de Toledo ©Dimitri Kalioris

La Parole est à la Loire

Le Parlement de Loire a été créé à l’initiative du POLAU, une structure ressource et de projets située à la confluence de la création artistique et de l’aménagement du territoire.

Le projet était de donner la parole aux grands absents de la table des négociations de notre avenir commun : les éléments naturels, c’est-à-dire, le fleuve et toute la vie qui l’accompagne.

Il s’agissait d’entendre, de tenter de comprendre et de traduire l’assourdissant silence de ce que nous refusons de prendre en compte alors même que nous n’en sommes qu’une des nombreuses entités.

Au terme de cette expérience, le but était de proposer aux côtés des fictions juridiques et économiques qui règlent nos existences, de donner des droits aux éléments naturels. Alors, peut-être pourrions-nous rétablir un équilibre grandement détruit ?

Loire
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Camille de Toledo est écrivain, passionné depuis l’adolescence par la nature et les combats pour la défendre.

Nous le rencontrons en ce mois d’octobre 2021 lors d’un de ses passages à Paris. Il vit en Allemagne avec sa famille. Toutefois, il a réalisé un travail très intéressant en France tandis que nous étions confinés. Il a fait émerger la parole d’un fleuve. Ce fleuve français, c’est la Loire.

Le soulèvement légal de la terre

C’est un mouvement en marche depuis le début du siècle. Depuis 2008, l’Équateur a reconnu les droits de la nature dans sa constitution et une trentaine d’actions en justice ont été initiées par des entités naturelles. En 2019, 170 arbres de la ville de Bruxelles ont rejoint une action contre l’État belge. Cette année, des zones humides de Floride ont attaqué l’État !

Connaissez-vous la Loire ?

La Loire prend sa source sur le versant sud du mont Gerbier-de-Jonc, au sud-est du Massif central dans le département de l’Ardèche. Elle se jette dans l’océan Atlantique par un estuaire entre Saint-Nazaire au nord et Saint-Brévin-les-Pins au sud en Loire-Atlantique.

La Loire est un fleuve long de 1013 kilomètres. Son bassin versant, c’est-à-dire le territoire qui alimente la Loire et tous ses affluents, couvre une superficie de 117 000 km2 , soit 1/5ème de la France.

Le fleuve a 5 grands affluents : L’Allier, le Cher, l’Indre, la Vienne, la Maine qui réunit la Mayenne, la Sarthe et le Loir, et la Sèvre nantaise.

Sur la Loire, on compte quatre centrales nucléaires installées à Belleville-sur-Loire (18), Dampierre en Burly (45), Saint-Laurent Nouan (41) et Avoine – Chinon (37). Elles utilisent l’eau pour le refroidissement de leurs réacteurs.

Et si l’on s’intégrait ?

Et si nous décidions de reconnaitre que non seulement le soleil ne tourne pas autour de la terre, laquelle n’est pas plate, mais que nous ne sommes pas les maîtres absolus de la nature.

Ne pourrions-nous accepter de partager avec le reste du vivant… ? Ce serait certes une révolution pour une espèce qui peine tant à partager même entre les membres  de sa communauté !

“Et si la Terre devenait une personnalité juridique, et les écosystèmes, les espèces animales ou végétales qui la constituent des sujets de droit ? Ainsi la nature se verrait reverser une partie de la valeur que l’exploitation humaine lui arrache et la transition écologique trouverait une nouvelle issue. Une proposition originale, qui prend le contre-pied d’une COP26 en échec et promet une nouvelle économie politique, terrestre et juste.”
C’est ainsi que Camille de Toledo ouvre “Fautil rémunérer la nature pour son travail”, son article paru dans AOC, le 19 novembre 2021.

Celles et ceux qui ont donné voix au fleuve

Au sein de la commission du Parlement de Loire, on a auditionné :

  • Bruno Latour (sociologue, philosophe des sciences,
  • Frédérique Aït-Touati, spécialiste de littérature comparée et d’histoire des sciences,
  • Virginie Serna, archéologue
  • Bruno Marmiroli, architecte-paysagiste – Mission Val de Loire
  • Jacques Leroy, professeur de droit privé – Orléans
  • Jean-Pierre Marguénaud professeur de droit privé – Limoges
  • Catherine Boisneau, enseignant-chercheure en écologie des cours d’eau et biologie des population – Tours
  • Catherine Larrère, professeure de philosophie
  • Valérie Cabanès, juriste en droit international, spécialiste des droits humains
  • Matthieu Duperrex, chercheur en sciences humaines et artiste
  • Gabrielle Boulleau, ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts, chercheure et sociopolitiste.
  • Sacha Bourgeois-Gironde, professeur en économie comprtementales et économie du droit, chercheur en sciences cognitives.
  • Marie-Angèle Hermitte, docteure en droit, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Des riverains, des historiens, philosophes, bioaccousticien, psychologues, designers,… ont contribué pendant ces deux années au travail de la commission.

Rencontre avec Camille de Toledo, écrivain et Docteur en Littérature qui a mis en récit les entretiens du parlement de Loire dans un livre édité par les éditions Les Liens qui Libèrent : “Le Fleuve Qui Voulait Écrire”.
Nous parlons du soulèvement légal de la Terre, des droits que nous pouvons accorder aux éléments de la nature, d’un autre rapport au monde et au vivant, d’une autre société à construire…

Entretien et montage : Isabelle Vauconsant
Un podcast du magazine Hortus Focus

20 minutes pour s’imprégner de la parole de la nature…

Le Fleuve qui voulait écrire

Autour du même sujet, retrouvez Marine Calmet,
auteure de “Devenir gardiens de la nature”
aux éditions Tana.

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