La coumarine est une substance naturelle que l’on trouve dans certains végétaux. Sa plaisante odeur de foin, fraîchement coupé, est très caractéristique. Elle contribue à la défense chimique de ces plantes contre les herbivores qui la déteste. Sur un plan purement scientifique, la coumarine est une lactone (si, si… NDLR). Il existe plusieurs sortes de coumarines aux propriétés très variables (mais vous vous en doutiez). Le nom vient de “cumaru” qui désigne, dans une langue amazonienne, l’arbre de Tonka dont les fèves contiennent de 1 à 3 % de coumarine.
Parmi les plantes riches en coumarine, citons :
– la fève Tonka, bien sûr. À maturité, elle libère également des arômes de vanille et d’amande. Les grands chefs l’ont popularisée en l’utilisant pour parfumer les crèmes et les gâteaux. Elle servait à aromatiser certains tabacs à pipe comme l’Amsterdamer.

Continuons la liste :
– l’aspérule odorante, (Galium odoratum) qui prend en séchant une agréable senteur de foin.
– la cannelle de Chine ou casse (Cinnamomum cassia) ;
– la feuille de maïs (Zea mays) ;
– la lavande vraie (Lavandula angustifolia), plus riche en coumarine que la lavande aspic (Lavandula latifolia) ;
– l’angélique officinale (Angelica archangelica) renferme de nombreuses sortes de coumarines ;
– la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ;
– Le céleri (Apium graveolens) ;
– le panais (Pastinaca sativa) ;
– la grande berce (Heracleum sphondylium) ;
– la rue (Ruta graveolens) ;
– la vanille Pompona, lui conférant des notes de réglisse et de feuille de tabac.
On en trouve aussi dans le thé vert et le miel.
Découvrez l’odeur de la coumarine
Frottez l’image ci-dessous avec votre doigt pour libérer l’odeur de coumarine. Cela peut prendre quelques minutes. Faites attention aux éventuelles aiguilles qui pourraient s’y trouver.

Du foin, mais pas que…
L’odeur est généralement décrite comme celle du foin venant d’être coupé. Elle est, en réalité, plus complexe, les connaisseurs y décelant des notes de caramel, de vanille, de noisette ou amande (essayez ?).
Après sa synthèse complète, la coumarine a d’abord été utilisée comme aromatisant dans l’industrie alimentaire, mais a été abandonnée à cause de sa toxicité avérée pour le foie. Grâce à un formidable pouvoir « fixateur d’arômes », on la retrouvait, par exemple, dans les préparations à base de réglisse, de fenouil ou d’anis. Ce même pouvoir qui est utilisé en cosmétiques pour, à la fois, révéler l’odeur de foin, et prolonger les fragrances dans les parfums et les eaux de toilette.

La première utilisation connue de la coumarine dans un parfum semble être dans la composition créée par Paul Parquet, en 1882, d’un parfum nommé « Fougère Royale » pour la marque Houbigant, du nom d’un maître-parfumeur du XVIIIe siècle. Ce dernier fut le précurseur d’une famille dite “Fougère” toujours en vogue aujourd’hui. Mentionnons : “Shalimar” et “Jicky” de Guerlain ; “Contradiction” de Calvin Klein ; “Fleur du mâle” de Gaultier ; “La Nuit de l’homme” d’Yves Saint Laurent, “Musc” de Réminiscence… Aujourd’hui, la coumarine entre dans environ 90% des compositions et à une concentration supérieure à 1%, dans 60% des compositions.
Et l’industrie s’en empara…
La coumarine atténue et neutralise certaines odeurs : des insecticides, des peintures, des encres, des plastiques et même des solvants. Pratique, non ? On vous conseille la peinture à la farine…

Quelle est la différence entre du foin et de la paille ?
Grâce à Hortus Focus, vous ne les confondrez plus jamais et cesserez d’être la risée des dîners en ville (ou plutôt à la campagne). Le foin s’obtient lorsque l’on coupe l’herbe encore verte et pleine de nutriments. Il ne doit pas être monté en graines et se pratique généralement avant la floraison. Il est fauché puis laissé à sécher dans les champs (afin d’éviter les risques de pourriture) sous la forme de larges bandes, appelées « andains ». On le stocke ensuite sous forme de balle. Il servira, l’hiver, à nourrir les animaux. Il provient essentiellement des prairies naturelles et des pâtures. Les graminées les plus couramment utilisées sont la luzerne, la fléole des prés ou encore le sainfoin.
La paille est la tige qui reste après les récoltes des céréales (blé, riz, seigle…) ou des légumineuses. Elle est sèche et pauvre en nutriments. Il existe principalement deux types de pailles : les pailles creuses (orge, avoine, blé) et les pailles pleines (blé dur, maïs, sorgho). Elle est souvent considérée comme un déchet, même si elle sert de plus en plus à fabriquer des panneaux de construction, ou encore des isolants thermiques (la conductivité thermique de la paille est comparable à celle de la laine de verre). Anecdotiquement, on en fait des objets du quotidien (chapeau de paille).
Elle sert donc principalement de litière pour les animaux de la ferme ; très rarement de complément alimentaire pour les ruminants, tels que les bovins ou les chèvres.


La partie de la tige de la paille qui reste au sol s’appelle le chaume.












