ÀColombiers-du-Plessis, au beau milieu de la Mayenne, se cache un jardin beau et généreux. Composé il y a quarante ans par un pépiniériste entreprenant, il est aujourd’hui entre les mains d’amateurs passionnés. Rencontre avec Sébastien Garnier, responsable des Renaudies.
Par René Dépal
Comment définiriez-vous ce jardin? Quelle est son identité, sa spécificité?
Sébastien Garnier : On ne vient pas ici par hasard. Pendant longtemps, le slogan touristique de la Mayenne a été « Le fantastique est au bout du chemin ». Je trouve que ce jardin correspond assez bien à cela. Au milieu du bocage et du paysage mayennais, c’est un lieu atypique, de trois hectares et demi, qui interroge. Derrière, il y a en effet un homme passionné de plantes, Jean Renault, décédé l’an dernier à la veille de ses 95 ans. C’était un gars du pays, un petit bonhomme très vivace, comme toutes les plantes de son jardin. Il ne faisait pas les choses à moitié ! Parmi ses passions figuraient l’entomologie, les plantes et aussi ses racines et les vieux objets.

Quelle est son histoire?
En 1965, il achète la petite propriété des Mézerets. Puis 12 hectares de terrain pour développer sa pépinière à Gorron, une société qui s’est développée jusqu’à atteindre les 40 salariés et qui existe toujours aujourd’hui.
Parallèlement, Jean Renault chine avec passion, réunissant au bout de trente ans une quantité fabuleuse de vieux objets, de vieilles armoires, de cheminées ou de matériel agricole. Dans les années 80 lui vient l’idée de créer un écomusée aux Mezerets auquel s’est ajoutée, grâce à sa femme, celle de créer un jardin. Il connaissait beaucoup de monde, avait aussi été chroniqueur à la radio. Il s’entoure donc de conseils, notamment de ceux du directeur des espaces verts de la ville de Nantes.

Quand a ouvert le jardin ?
Il ouvre en juin 1993 au terme de 20 000 d’heures de travail. Jean Renault aura mis dix ans à composer le parc à l’anglaise, les massifs des vivaces… À aménager un circuit d’eau complètement artificiel, un bassin, une roue de moulin, un lavoir, un colombier en clin d’œil à Colombiers-du-Plessis, la commune où nous nous trouvons. Il aménage l’accueil, son bureau… et, dans les 1700 m2 de hangar, il expose sa collection de matériel.
Rapidement, le site acquiert sa notoriété d’autant que Jean Renault est bien connu des pépiniéristes, notamment en tant qu’obtenteur (on lui doit l’hydrangéa ‘Vanille-fraise’). Il accueille de 10 à 13000 visiteurs chaque année, devient un des dix premiers sites de visite du département.
Et aujourd’hui ?
En 2001, Jean Renault cherchant à passer la main, la collectivité acquiert le site, encouragée par des subventions de l’État et du département. Et depuis 2012, je suis le gardien du phare ! Le jardin, globalement n’a pas changé. Il est entretenu par deux jardiniers à plein temps.


Quels végétaux y trouve-t-on ?
Jean Renault avait fait un inventaire très précis que nous avons toujours. Le jardin comportait 2500 variétés que nous avons, en gros, conservées. Nous avons plus de 200 variétés d’hydrangéas, la grande passion de Jean Renault. Nous avons aussi des rhododendrons, de beaux spécimens de marronniers, le hêtre pleureur près du bassin, des cornus, des bouleaux, des camélias…
Le jardin est-il difficile à entretenir ?
Il faut surtout de l’huile de coude ! Après, je dirais qu’il est plutôt facile, car on a plein de vivaces et on n’est pas forcément des puristes absolus. Ici, on se plait à laisser faire. Ça ne dérange pas les visiteurs et ça va dans le sens du développement durable. On laisse la part belle à la nature.
Le jardin des Renaudies est ouvert jusqu’au 31 octobre. Pour en savoir plus, c’est ICI












