En Ariège, des forêts à croquer !

Forêts comestibles • ail des ours

Un ingénieur devenu pépiniériste cultive l’avenir comestible de nos territoires. Il est en Ariège et se fonde sur le principe des forêts comestibles.

En 2017, Benoît Andru, tenaillé par un besoin de nature, quitte provisoirement son Ariège d’adoption pour s’offrir un petit tour de France. En Creuse, il découvre le concept de forêt-jardin ou forêt nourricière. Et il comprend que c’est la voie qu’il veut suivre.

Benoit Andru au marché
Benoit Andru au marché ©Forêts à croquer

Du génie électrique aux graines fertiles

Ingénieur en génie électrique et musicien, Benoît Andru fabriquait il y a encore quelques années “une petite machine pour les musiciens. Je travaillais la nuit et sortais peu de chez moi.” En 2017, il ressent une envie de reconnexion au sauvage et au vivant. Il s’interroge sur ce lien intime qui nous unit au végétal, celui de l’alimentation. Se nourrir sainement de produits agricoles cultivés dans des sols riches, pleins de vie et fertiles, cela tombait sous le sens.

Benoit a un tempérament d’autodidacte. Il lit beaucoup. Mais cela ne suffit pas pour apprendre les gestes, alors il suit des formations courtes auprès d’associations ariégeoises autour de chez lui. “C’est comme ça que j’ai appris à greffer. J’ai testé les techniques de culture qu’on m’enseignait. Et j’ai enrichi ces apprentissages d’une expérience et d’observations indispensables.”

Forêts à croquer • Benoit Andru dans la serre
Benoit Andru dans la serre ©Forêts à croquer

De l’associatif à la pépinière

Émerge alors un premier projet, collectif, sous forme associative. “Nous avions un lieu de production et une petite serre. Nous pouvions donc faire des essais sur toutes sortes de plantes, comme dans les forêts.” Parallèlement à l’envie de cultiver grandit le goût de la transmission. “Nous étions dans le collectif. Qui dit collectif, dit partage. Donc, nous avons envie d’essaimer. Ça signifie partager ces savoirs et savoir-faire que nous avons reçus et enrichis de nos propres pratiques.”

En 2019, il crée l’association Libellule pour porter des actions pédagogiques autour du jardinage vivace, des forêts jardin et de l’autonomie alimentaire. Cette expérience associative lui donne l’élan nécessaire pour franchir le cap de la création de sa pépinière.

Une pépinière et un site 

“J’étais moteur dans cette association. C’est un peu pour ça que j’ai créé une pépinière en conservant la volonté de formation.” Benoît acquiert 9 hectares de terre agricole en association avec un fermier. Ils nouent un partenariat qui lui permet de reprendre les terres peu à peu. Quand il ne les utilisent pas, l’agriculteur y laisse paître ses vaches. Avec sa compagne, thérapeute, il rénove une maison et installe sa pépinière en 2022 à Lesparrou.

“Mes cousins, informaticiens, ont lancé une plateforme numérique associative, trieves.cloud et m’ont aidé à lancer mon site.” 2500 m² consacrés aux fruitiers porte-graines, une serre et un espace de culture en godet de 1000 m² sont actuellement cultivés et s’étendront à l’avenir.

La forêt-jardin, un écosystème d’avenir

L’idée de cette pépinière a germé en 2017. Benoit est déjà sensible aux principes de l’agroécologie et de la permaculture. Il est aussi jardinier depuis plusieurs années. “Mais quand je découvre le principe de la forêt jardin, ou forêt comestible, et suis tout de suite conquis”, explique Benoît.

Le concept de forêt-jardin s’inspire des écosystèmes forestiers naturels en créant des étages de végétation.
4 étages principaux :

  • arbres fruitiers,
  • arbustes à baies,
  • plantes vivaces comestibles,
  • couvre-sols nutritifs.
Schéma de système de forêt comestible
©Le Climax

“Le jardinage perpétuel, les associations de plantes, les herbes aromatiques et médicinales… tout prend son sens lorsque l’arbre est placé au centre !”

Une philosophie du vivant

Aujourd’hui, “Des forêts à croquer” propose un grand nombre de vivaces comestibles, des légumes perpétuels, des fruitiers classiques et moins classiques, et des journées de formation. La pépinière respecte les principes de l’agriculture biologique, mais va plus loin encore.

“En acceptant les aléas, climatiques ou autres, comme les signaux d’un déséquilibre biologique et en tirant les enseignements de ce qu’ils apportent ! En s’inspirant des milieux naturels pour recréer le nôtre : biomimétisme, agroforesterie, permaculture, syntropie…”, détaille le pépiniériste.

Sa démarche s’articule autour de trois piliers :

  • collaborer avec le vivant,
  • développer la résilience et l’autonomie,
  • créer la diversité.

“Développer au maximum la ressource végétale dans notre forêt jardin, en trouvant à chaque plante une place qui lui convient. Arbres, arbustes, buissons, a, couvre-sols… Encore une fois, chacun sa place et tout le monde est bienvenu !”

Forêts à croquer • Pédagogie autour de la forêt comestible
Pédagogie autour de la forêt comestible ©Forêts à croquer

Transmettre pour essaimer

Benoît anime aussi des événements, ateliers et stages autour de l’arboriculture, du jardinage perpétuel et des forêts comestibles. “C’est un plaisir de transmettre et de guider les gens vers leur autonomie, vers plus de connaissance et de respect du vivant.”

La vente en ligne est proposée par l’intermédiaire du site internet desforetsacroquer.fr, et il reçoit sur rendez-vous. Il aime faire visiter le lieu de production et ses jardins conservatoires lors des journées portes ouvertes où se dessine, c’est sûr, l’agriculture de demain.

Dans un contexte de changement climatique et de recherche d’autonomie alimentaire, l’expérience de Benoît Andru donne de l’espoir dans la création d’une activité économique économiquement viable.

Une table-ronde organisée par Hortus Focus

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