Elle produit des plantes de terrain sec et des arbustes fruitiers résistant à la sécheresse, à Cucuron, dans le Vaucluse. Dans sa pépinière, La Coccinelle en Luberon, Émilie qui travaille désormais avec son mari Jean-Loup, récolte aussi les fruits de son verger. Ils font le régal les clients via des magasins locaux.
Hortus Focus : devenir pépiniériste, c’était une vocation ?
Émilie Outran : J’ai toujours aimé la nature, j’ai collectionné les cactus ; d’ailleurs, j’ai toujours cette petite collection, j’y tiens beaucoup. Mais vers 13 ans, j’ai décidé de devenir paysagiste. J’ai opté pour une seconde Écologie, Agronomie et Techniques de culture. Puis j’ai suivi un cursus de Sciences agronomiques et environnementales suivi d’un BTA Production végétale.
Quelle a été votre expérience la plus marquante ?
En fait, j’ai eu une expérience doublement heureuse. J’ai eu la chance d’être stagiaire pendant deux ans au Domaine du Rayol, dans le Var. Mon futur mari, Jean-Loup, y travaillait aussi. À l’époque, au Rayol, il y avait beaucoup plus de collections végétales qu’actuellement. Elles étaient placées sous l’autorité d’un biologiste passionnant qui nous a beaucoup appris et nous a fait emprunter les chemins de l’ethobotanisme.


Quand avez-vous créé La Coccinelle en Luberon ?
La création a pris un peu de temps. On sortait de nos études. En 2003, Jean-Loup a monté une petite entreprise de paysagisme. Je suis allée travailler aux pépinières Jean Rey et en jardineries aussi. On aurait aimé s’installer sur la Côte d’Azur, mais c’était au-delà de nos moyens. Nous avons alors décidé de revenir dans le Vaucluse, dont nous sommes tous les deux originaires. J’ai continué à travailler en jardineries et on a – enfin- ouvert la pépinière en 2011. On a eu une grande chance : nous avons pu récupérer les anciennes serres de production du parc Borély à Marseille. On a pu les acheter aux enchères avant de faire appel aux copains pour les démonter à Marseille et les remonter à Cucuron. Cela nous a pris 4 jours ! J’ai pu démarrer ma production sous 700 m2 de serre.
Que produisez-vous depuis votre installation ?
Je cultive aussi des plantes vivaces de terrain sec et des petits fruitiers sur 2000 m2 de pépinière en extérieur. Nous avons aussi un hectare de jardin et de verger en production, que nous devons enrichir par de gros apports de fumier de cheval, car malheureusement notre terre est pauvre. Nous cultivons des kakis, des amélanches, des feijoas, des grenades, des noisettes, des arbres aux fraises. Les fruits sont vendus sur place à la pépinière, mais aussi dans des magasins locaux. Notre catalogue se développe et va encore évoluer, car Jean-Loup travaille désormais avec moi, et il aime trouver, cultiver de nouveaux végétaux.

Et en plus de tout cela, vous organisez une fête des plantes ?
J’ai créé en 2013 La Motte-d’Aigues en fleurs. Elle a lieu chaque année, le dernier week-end de septembre dans ce village situé à 35 km au nord d’Aix-en-Provence. 25 producteurs spécialisés sont présents à chaque édition. Tous les bénéfices dégagés par les entrées et la tombola sont intégralement reversés à des associations locales.
Infos pratiques La Coccinelle en Lubéron
La pépinière est ouverte du mardi au samedi de 9 h à 13 h, de février à juin et de septembre à décembre. Ces mêmes jours, l’après-midi, la pépinière est ouverte seulement sur rendez-vous (Tél 06 15 70 31 67), car Émile Outran veut prendre son temps pour conseiller les jardiniers. “Je connais bien les terres du coin, un atout pour conseiller les clients sur la création de massifs, par exemple.”
Présence sur des fêtes des plantes : Mimosalia (13), Montvendre (26), Albertas (13)


