Nicolas Giral et son Arc en fleurs

Didier Hirsch

Il est pépiniériste, producteur de vivaces de terrain sec pour les particuliers et les paysagistes (pépinière l’Arc en fleurs). Et aussi chargé des décors extérieurs de la série diffusée sur TF1  « Camping Paradis ». Itinéraire d’un pépiniériste heureux, Nicolas Giral.

Hortus Focus. Pépiniériste, c’était une vocation ?

Nicolas Giral : non, mais les arbres et la nature oui. Je suis né en Lozère et j’ai passé mon enfance dans un environnement très vert. Après le bac, j’ai hésité entre le sport et la nature. Pas facile pour moi de choisir entre ces deux domaines. J’ai fini par me décider pour un BTS en gestion forestière, mais tout le monde m’a dit : “N’y vas pas ! On n’engage plus grand monde à l’ONF, l’Office national des forêts !” Je suis donc allé en fac de bio…

©Didier Hirsch
©Didier Hirsch

Et ensuite ?

J’ai découvert le BTS en production horticole et j’ai trouvé ma voie. Après le BTS, j’ai passé une licence en agriculture biologique. J’ai fait pas mal de stages autour de Saint-Étienne et dans le Nord-Drôme avant de prendre un poste de technico-commercial pour une gamme de terreaux organiques. Au bout de 5 ans, j’en ai eu marre…

Comment es-tu arrivé ici, à Entre-Vignes ?

J’ai d’abord cherché à créer ou reprendre une exploitation tournée vers les arbres fruitiers, mais cela ne passait pas au niveau financier. Et un jour, j’ai vu une pépinière à vendre sur Le bon coin. Je n’habitais pas loin à l’époque et je suis allé voir l’ancien propriétaire aujourd’hui décédé. Nous nous sommes bien entendus, l’affaire s’est conclue et pendant un an, il m’a accompagné pour la reprise. C’était en 2017, mon ex-compagne était de l’aventure. À notre séparation, j’ai racheté ses parts.

©Didier Hirsch
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La production était-elle déjà tournée vers les vivaces ?

Oui, mais elle était moins destinée aux terrains secs. J’ai réorienté petit à petit la production. Au départ, j’ai marché dans les pas de l’ancien propriétaire. J’étais présent sur les marchés de Nîmes et de Montpellier les lundis et mardis. Tous les week-ends, j’étais sur des fêtes et des foires. Et puis le Covid est arrivé…

Qu’est-ce que le Covid a changé pour toi  ? 

On s’est retrouvé avec notre production sur les bras et la pépinière aux portes closes. Il a fallu réfléchir vite et trouver une idée.Via les réseaux sociaux, nous avons proposé aux clients de nous envoyer des photos de leur jardin pour leur faire des propositions de massifs. C’était chaud à ce moment-là… La nuit, je préparais les plantes en fonction des photos et la journée je partais en livraison. Le chiffre d’affaires a été maintenu et la pépinière a eu la tête hors de l’eau. Par ailleurs, cela m’a fait connaître localement et à la sortie du confinement, les jardiniers ont commencé à venir sur place à la pépinière. Et je me suis rendu compte que cela me plaisait. Donc, progressivement, j’ai arrêté les marchés et les foires. Je n’en fais presque plus et cela me va très bien. Je suis sur site pour la production et les clients. 

Tu as aussi développé ton business avec les paysagistes ?

Oui, et le Covid a eu aussi un rôle dans ce développement. À la sortie du confinement, ils avaient un gros besoin de plantes et je les ai démarchés. Aujourd’hui, il représente entre 60 et 70% de mon chiffre d’affaires.

Tu as aussi un client un peu particulier, la série « Camping Paradis »…

Nicolas Giral. J’ai pris la suite de l’ancien propriétaire et j’aime beaucoup cet exercice. Trois à quatre fois par an, je vais à Martigues, là où se tourne la série. À côté du fameux camping, sur le front de mer, se trouve un studio de tournage avec des décors extérieurs. Je nettoie les massifs, je replante, j’observe le comportement des plantes installées et cela me permet aussi de déconnecter de la pépinière…

Enfin, tu fournis aussi quelques restaurants en aromatiques et plantes comestibles…  

J’aime les gens passionnés et les chefs sont des passionnés. C’est très intéressant de travailler pour eux. Je livre 4 ou 5 restaurants à Lunel et je suis toujours épaté quand je les vois les chefs goûter les plantes. Ils voient de suite quelle association va être possible, dans quel plat elle va apporter son petit truc en plus. Ça me bluffe à chaque fois. 

Que leur fournis-tu ?

J’ai un petit coin de pépinière qui leur est dédié. J’y cultive des hémérocalles, des pensées, de la sauge ananas, de la capucine, de la bourrache, des monardes, de l’agastache et aussi de l’abutilon. Chez cette dernière plante, on enlève l’enveloppe rouge et on peut manger la partie jaune avec le pistil.

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