La Feuillerie, un beau parc romantique en Wallonie…

ÀCelles, près de Tournai, en Wallonie, se trouve le magnifique parc romantique paysager de la Feuillerie. Un Jardin classé “remarquable” en 2021 et à l’histoire attachante, qui comprend quelque 2000 espèces et variétés végétales, et un arboretum. Nous l’avons visité il y a quelques jours. Rencontre avec son propriétaire, le paysagiste Palick van Hövell, grand amoureux des rhododendrons qui auront leur fête sur place le 10 mai !

Hortus Focus : Quelle est l’histoire du parc  de La Feuillerie ?

Palick van Hövell : La propriété (la maison et le jardin) date de 1840. Nous le savons, car, quand nous sommes arrivés en 1981 et avons retapissé les chambres, nous avons trouvé de vieux journaux sous les papiers peints datant de cette année là. Le jardin, lui, aurait été conçu par Louis Fuchs, un paysagiste allemand qui a beaucoup travaillé en Belgique, notamment à une trentaine de kilomètres d’ici. Une historienne de l’art des jardins le pense aussi, mais nous n’en avons pas la preuve.

Palick van Hövell ©Valérie Collet - La Feuillerie
Palick van Hövell ©Valérie Collet

Dans quel état était le jardin quand vous êtes arrivé ?

Quand nous avons trouvé la propriété, au bout de deux ans de recherche, ça a été le coup de cœur immédiat. Cette maison et son parc d’à peu près un hectare appartenaient à un notaire d’un certain âge, pas en très bonne forme, qui les avait plus ou moins laissés à l’abandon. En tant que paysagiste, ça ne me dérangeait pas du tout. Je savais ce qu’il fallait faire. Nous nous sommes dit avec mon épouse qu’elle s’occuperait de la maison, et moi du jardin. 

Donc j’ai commencé à défricher. Il y avait de jeunes sycomores partout. Car, comme on le sait, ils se ressèment à une allure vertigineuse. Ce jardin correspondait à ce que j’aimais. Mais sur le plan botanique, il manquait pas mal de choses. Il fallait « remeubler ». Ce que j’ai fait ! Depuis 1981, le jardin a évolué et, comme un amateur de plantes n’a jamais assez de surface, il a fallu racheter plusieurs parcelles. Au total, aujourd’hui, La Feuillerie compte au moins deux hectares et demi.

Parc de la Feuillerie ©Valérie Collet
Parc de la Feuillerie ©Valérie Collet

Qu’avez-vous planté ? 

Nous avons une spécialité de cœur : le rhododendron. Mon épouse est anversoise et, au nord d’Anvers, existent des jardins de rhododendrons presque indigènes tellement ils se propagent bien. Dans le jardin de mes beaux-parents, par exemple, il y avait des rhodos si florissants qu’on en taillait les haies à la cisaille !

Pour l’anecdote, pour l’anniversaire de mes onze ans, ma mère m’avait offert un rhodo, ce qui n’est pas courant. C’est l’amour de cette plante qui m’a mené à Anvers où j’ai rencontré mon épouse. Nous en avons planté ici 400 différents, rhodos et azalées. Ils sont des souvenirs d’Angleterre, d’Allemagne, des Pays-Bas, de France.

La Feuillerie - Rhododendron Gletschernacht ©Valérie Collet
Rhododendron Gletschernacht ©Valérie Collet

Et côté arbres?

Nous avons des arbres remarquables anciens, complétés d’autres que j’ai plantés, qui sortent un peu de l’ordinaire. Par exemple, le noisetier de Byzance qui monte à 15-20 mètres. Le févier, l’acacia tortueux et le parrotia qui aujourd’hui est assez connu, car il est beau toute l’année. Il fait de toutes petites fleurs en janvier, a des colorations d’automne magnifiques et a une structure superbe, tout ce qu’il faut pour s’émerveiller.

Vous avez aussi un arbre aux mouchoirs

Mon Davidia vient d’Angleterre. Coup de chance, je l’ai vu fleurir la deuxième année (il a donné un mouchoir) alors qu’on dit qu’il fleurit après 9 ou 10 ans de plantation, voire plus. Après, il n’a plus donné de mouchoirs pendant 8 ans, puis ça a été une explosion de fleurs. Cet arbre était méconnu, mais les visiteurs le trouvaient fantastique et le voulaient. Finalement, des pépiniéristes spécialisées ont réussi à créer une variété qui fleurit dès son plus jeune âge et, aujourd’hui, on le trouve facilement.

Le parc de La Feuillerie compte aussi une collection de cerisiers à fleurs et de pommiers à fleurs, une petite collection d’érables du Japon.

Arbre aux mouchoirs ©Anne Tomczak
Arbre aux mouchoirs ©Anne Tomczak
La Feuillerie ©Valérie Collet
©Valérie Collet

Votre jardin est-il difficile à entretenir ?

Beaucoup de gens le pensent. Moi, je réponds non. La pelouse est tondue régulièrement et je pratique le mulching ce qui évite les engrais et m’évite beaucoup de travail. Je tonds en 1 h 30 avec un tracteur électrique que je recharge à l’énergie solaire.

Comme j’ai beaucoup de couvre-sols, je n’entretiens pas beaucoup les massifs. J’entretiens préventivement. Pour lutter contre les « indésirables », je ratisse les allées – c’est ma gymnastique quotidienne -, ce qui empêche les graines de germer. Je travaille 4 heures par jour. Et j’ai un jardinier qui vient une journée par semaine pour les gros travaux que je ne ferai plus pour éviter des problèmes de dos ou autres. Il fait les découpes de bordure, les élagages et les abattages et aide à préparer les Journées des Rhododendrons et des Hortensias  (la Fête des plantes, elle, a déménagé à côté, au château Saint-Antoine à Molenbaix). 

Votre jardin est-il vertueux?

Je n’utilise aucun engrais ni aucun produit chimique. Le jardin est biologiquement intéressant et je travaille dans ce sens. Par exemple je cache ici et là des monticules de petites branches et de déchets pour attirer les insectes et offrir des refuges aux hérissons. J’installe aussi des nichoirs pour les oiseaux. Et chaque année je replante. Pourquoi pas ? M’occuper de mon jardin est un amusement. Pas un travail.

La Feuillerie - Sentier et rhododendron ©Valérie Collet
Sentier et rhododendron ©Valérie Collet

Votre plus grand bonheur au jardin ?

Pouvoir partager avec des groupes de visiteurs, les exposants et les visiteurs des foires aux plantes qui reviennent tous les ans, que je connais bien et qui ont de très beaux jardins. 

Votre plus grande difficulté ?

Quand il pleut trop, que je ne peux pas ratisser mes chemins ni travailler dans les buissons. Mais en même temps, après un été sec,  on est content qu’il pleuve…

Une petite confidence à nous faire…

En effet. J’ai aujourd’hui 84 ans et j’ai décidé de mettre en vente la propriété. Mais je ne suis pas pressé et je ne la céderai qu’à un passionné de jardin !

 

Visite du parc de La Feuillerie : tous les jours d’avril à octobre, sur rendez-vous. Visites guidées pour les groupes de 15 personnes

Journée Rhodos et azalées en fleurs : le 10 mai prochain

Journée Hortensias en fête : le 12 juillet prochain

Renseignements sur le parc :  ICI

Renseignements sur la Wallonie : VISITWallonia

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Parc de la Feuillerie ©Valérie Collet
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