Olivia Gay est violoncelliste et ambassadrice du Fonds de dotation de l’ONF. Cet été, elle propose des concerts piano et violoncelle dans 7 forêts françaises pour le plus grand bonheur des mélomanes, mais pas seulement. Entre les notes de musique, elle invite ses auditeurs à rencontrer la forêt, ses plaisirs et ses fragilités.
Olivia Gay, fille des bois
Olivia est née et a été élevée à proximité de Belfort, dans un petit village, au milieu des arbres. C’est là que s’est tissé un indéfectible lien d’attachement entre la musicienne et la forêt. “J’ai grandi avec un thuya géant et je jouais entre les branches. J’allais récolter les champignons, me baigner dans les cascades et en randonnées dans les Vosges. Nous étions trois enfants en contact avec un univers très naturel été comme hiver quand la neige enveloppe le pied des montagnes, toujours dehors.”
Olivia Gay, fille des notes
Olivia commence la musique à 7 ans comme chacun des trois enfants de la famille, mais elle est la seule à persévérer au point d’en faire un métier. Entrée au conservatoire de Belfort, elle va à Strasbourg pour poursuivre son cursus, et comme à ce moment-là, elle n’a que 13 ans, elle passe sa vie à faire des aller-retour entre les deux villes. Bachelière à 17 ans, elle entre au conservatoire de Paris avant de poursuivre en Allemagne, à Stuttgart puis à Freiburg et Cologne.
Premières productions
À 19 ans, elle enregistre son premier disque déjà inspiré des éléments de la nature. “Je suis partie sur l’idée d’enregistrer trois concertos contemporains avec l’orchestre Pasdeloup qui est un orchestre parisien. J’ai choisi trois pièces en référence aux grands espaces naturels ; la première inspirée plutôt par les steppes de Hongrie, la seconde par le milieu aquatique et la troisième par la montagne.” Son second disque un an plus tard met en miroir musique savante et musique populaire.
L’appel de la forêt
L’appel de la forêt parviendra à la sensibilité d’Olivia via le tragique des incendies qui détruisent des hectares. Il sera accru par les dégâts occasionnés par les ravageurs ou le stress hydrique. L’effondrement de la biodiversité lui apparaîtra comme un dernier déclencheur. “Même si tout ce qui touche à la santé de la planète m’intéresse, la cause des forêts m’est très chère, car elles sont mon écosystème de référence. Je devais m’engager avec ce que je sais faire : de la musique.” Olivia Gay réfléchit à faire partager à la fois la magie des arbres et celle de son art, “un vecteur émotionnel très puissant“. Et c’est comme ça que tout a commencé, il y a 3 ans !
L’Office National des Forêts (ONF) accueille “Le Silence de la Forêt“. Il s’agit d’inviter des spectateurs à découvrir la musique autrement, au cœur des bois ou des sites naturels. Une initiative artistique et citoyenne dont les recettes seront reversées à différents projets de préservation des forêts. Pour Olivia Gay, les objectifs sont au nombre de trois.
Faire appel au sensible
Sensibiliser, c’est permettre à un interlocuteur d’accéder à une information via un canal sensible. Olivia présente un répertoire de violoncelle et piano inspiré par et dédié à la forêt. “Entre chaque œuvre, je tisse une histoire et je raconte les enjeux de la forêt aujourd’hui, et les menaces auxquelles elle est confrontée. Je leur parle des insectes, des oiseaux, du stress hydrique, des incendies, du dérèglement climatique, des grosses chaleurs… Je parle à leur sensibilité dans l’endroit qui s’y prête le mieux et après avoir entendu de la musique.“
Pour Olivia, c’est une autre façon d’informer, ni plus ni moins utile que les autres, seulement plus accessibles à certaines et certains que des tableaux de chiffres ou des croquis. C’est aussi peut-être moins anxiogène même si le propos est tout aussi sérieux.
Faire sa part
Notre musicienne pense que chaque citoyen.ne doit faire sa part si possible. “J’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice. En plus des concerts en forêt, j’ai enregistré un disque avec Célia Oneto Bensaid (piano) et Stéphane Catalanotti (orgue). J’ai souhaité reverser 60% des royalties que je perçois au Fonds de dotation de l’ONF qui s’appelle Agir pour la forêt. Et j’encourage aussi, au fil des concerts, le public à se rapprocher de différentes institutions de préservation des forêts pour s’engager à leur tour.”
Mettre les mains dans la terre
Son troisième objectif est de partir de ce projet de sensibilisation pur et de l’amener sur le terrain. Je fais le lien avec un projet d’initiative qui est se développe au sein de l’ONF qui s’appelle Ambass’acteurs. Il encourage le dialogue forêt-société. L’idée est que les citoyens qui vivent autour d’une forêt puissent vraiment comprendre ce qui s’y passe à l’intérieur. Pourquoi, par exemple, on va devoir abattre tel ou tel arbre ? Pourquoi un chantier est initié dans la forêt ? Les concerts seront l’occasion d’un appel à l’action.
“Nous inviterons le public à se mobiliser sur des chantiers bénévoles, guidés par les forestiers. Nous leur proposerons de s’engager, de mettre les mains dans le cambouis – comme on dit. Cela leur permettra de mieux comprendre ce qui se passe dans la forêt autour de laquelle ils habitent.”
Mieux sachant par l’action
La volonté partagée d’Olivia et de l’ONF est d’encourager le public à venir, par exemple, restaurer une mare qui est un patrimoine forestier très important pour la biodiversité. Les forestiers sauront leur expliquer le rôle de ce patrimoine pour le bien-être de la forêt. Puis, au fil des chantiers, l’objectif est de les rendre autonomes et capables de prendre la tête d’un groupe de bénévoles sur le terrain.




