Marie Catherine Lemoine

Dans notre jardin, le Clos de Chanchore, en Normandie, nous avons une grande diversité botanique. Les rosiers, c’est plutôt le truc de mon mari, Laurent. Les hydrangeas, c’est notre passion commune, tout comme les arbres, les arbustes, les vivaces…

Moi, je suis très attirée par les plantes à feuillages, et parmi celles-ci, les hostas. D’abord ce sont des plantes qui aiment l’ombre et cela leur confère un grand intérêt ! Ensuite elles sont si différentes les unes des autres qu’on pourrait parfois croire que ce sont des plantes différentes !

Mini ou XXL !

Hosta 'Caroline' et Omphalodes. ©D. Willery

Hosta ‘Caroline’ et Omphalodes. ©D. Willery

Vous aurez noté que je dis « une » hosta, certains mettant cette plante au masculin.

Certaines de nos hostas sont disséminées dans les massifs, mais j’ai très vite souhaité que la plupart soient plantées dans un même endroit, pour pouvoir comparer et apprécier cette diversité de taille des touffes, de taille et de forme des feuilles, de couleurs et de mélange de celles-ci.

Les mini, dont la feuille n’excède parfois pas 1 cm² et la touffe quelques centimètres, sont mises en valeur en bordure de notre rocaille. On peut aussi préférer les inclure dans des compositions en pot. 

Les moyennes, les grandes, les extra-larges, dont la feuille peut dépasser 40 cm de longueur, le diamètre de la touffe 150 cm, et la hauteur 60 cm, sont plantées dans le jardin romantique. 

On peut ainsi comparer les feuilles rondes, pointues voire lancéolées, en forme de cœur ou de coupes (qui retiennent élégamment les gouttes de rosée !), gaufrées ou non, celles dont la bordure est ondulée. 

On peut également apprécier toute leur gamme de couleurs, unies à dominante verte, bleue, ou panachées avec d’autres nuances de vert ou de bleu, mais également de crème ou  blanc …. Ces couleurs vont d’ailleurs évoluer au fil de la saison.

De l’ombre mais pas trop !

Les hostas aiment l’ombre, certes, mais pas trop dense car il leur faut de l’humidité : la pluie doit les atteigne aisément. Elles n’aiment pas la concurrence des autres racines. Mes premières, plantées au pied d’une haie, ont eu du mal à se développer. Une ombre plus ou moins dense pourra également influer sur la couleur, notamment en ce qui concerne les bleues …

Selon les variétés, de juin à fin août, les hostas développent une fleur au bout d’une longue hampe, dont la couleur peut être blanche, lavande ou mauve. Quelques-unes sont également parfumées. A mon gout, ce n’est pas leur floraison qui est le principal intérêt des hostas.

Limaces et mulots

Les hostas ont la réputation d’être le déjeuner favori des limaces. Ce n’est pas tout à fait exact : certaines ont effectivement des feuilles fines genre « laitue » et se font facilement dévorer, mais d’autres feuilles sont plus épaisses et attirent moins les gastéropodes.

Beaucoup plantent les hostas en pots, mais moi je les préfère en pleine terre, même si… les mulots m’agacent !

Les prédateurs que je crains le plus, ce sont bien eux, les mulots ! J’ai eu beaucoup de déchets au début avec des plants trop jeunes qui se faisaient dévorer Il faut veiller à acheter des sujets ayant déjà de bonnes racines, ils sont moins attaqués.

Mes conseils d’entretien

Hosta 'Blue Mouse Ears'. ©carolynsshadegardens.com

Hosta ‘Blue Mouse Ears’. ©carolynsshadegardens.com

Je plante mes hostas dans un trou pas trop grand avec un mélange terreau/terre de jardin/ compost ou or brun.

Au printemps, lorsqu’elles commencent à sortir de terre, avant qu’elles ne se déroulent, (c’est une des périodes que je préfère !), pour les repérer j’entoure les premières feuilles de cendre. Puis je paille avec des cosses de cacao : celles-ci conservent l’humidité et en se décomposant, elles font un excellent engrais que les limaces ne semblent pas aimer.

Je ne paille plus avec des feuilles mortes à l’automne, celles-ci constituaient un doux cocon pour les mulots !

S’il fallait en choisir une seule….

Vous l’aurez compris : je les aime toutes ! Mais si je devais n’en choisir qu’une, je dirai que mon hosta favorite est  . C’est une très grande hosta dont la touffe peut dépasser les 80 cm de diamètre. Ses grandes feuilles ovales, un peu pointues sont épaisses et froissées. Le centre est vert plutôt clair et les marges vert foncé. Chez nous, ce vert tire sur le bleu, sans doute cela est-il dû à l’acidité de notre terre, et le camaïeu est superbe ! Elle est très florifère avec de grandes fleurs lavande pâle en juillet. D’où son privilège d’être plantée à plusieurs endroits au jardin !

 

Le Clos de Chanchore, 27260 Fresne-Cauverville. Tél. : 06 11 70 62 72

leclosdechanchore@gmail.com
www.leclosdechanchore.fr
facebook.com/LeClosdeChanchore

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17 Réponses

  1. armelle

    J’ai découvert les hostas à la fête des plantes au parc de SCHOPPENWIHR, au stand de Jane “Le Jardin Anglais”.
    Certains de mes hostas sont plantés au soleil de l’apm, et ils le supportent très bien.

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    • Isabelle Morand

      Bonsoir Armelle, tu recommandes quelles variétés en particulier ?

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      • armelle

        Voici quelques uns que je pourrais conseiller :
        EN NINO, WHIRLWIND, QUEEN JOSEPHINE, FROZEN MARGARITA, ELEGANS, LOVE PAT.
        Et mon dernier coup coeur est JUNE. Il offre plusieurs tons de vert, du bleu et du jaune. Celui-ci a été planté à l’ombre, car sa feuille extérieure est bleue. Des couleurs qu’il faut protéger du soleil.
        Par manque de place, je les plante en pots.
        À savoir, que Jane m’a toujours conseillé de ne les arroser que le matin. Évident, puisque les limaces sortent le soir et se régalent.

    • Lemoine Marie-Catherine

      Jane venait autrefois à St Jean de Beauregard et j’en ai plusieurs qui viennent de chez elle!
      Elle a écrit en 2006 un bouquin intéressant lorsqu’on débute et qui présente un gros avantage pour certains: il est en français!

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      • Isabelle Morand

        “Les Hostas”, de Jane Phillips et Michael Shadrack pour les photos

  2. armelle

    J’ai vraiment adoré lire ton article, car les hostas font ausdi partie de mes chouchous.
    L’association avec l’Omphalode est superbe.
    Pour éviter les limaces, je garde mes coquilles d’œuf tout l’hiver, comme ça, juste avant le printemps, j’en mets tout autour des jeunes pousses. J’ai aussi remarqué que les limaces adoraient les feuillages fins et lisses.
    Il faudra que j’essaye les cosses de cacao.
    Peux-tu me dire Marie-Catherine, pourquoi tu mets de la cendre ? Est-ce pour les nourrir, comme les bulbes ?
    Merci d’avance pour ta réponse.

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    • Lemoine Marie-Catherine

      C’est pour les repérer et éviter les limaces au début. Mais dès qu’il pleut et qu’elle est mouillée, elle n’a plus d’effet. Et il ne faut pas en mettre trop sinon tu modifies la composition de ton sol

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  3. Emmanuelle

    Un article très intéressant de Marie Catherine Lemoine chez qui je découvre la passion des Hostas ,elle en parle et les conseils sont les bienvenus.
    Merci pour le partage de cet article et je remercie cette rubrique du partage des passions des jardinières.

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    • Isabelle Morand

      Merci. Nous aussi on aime beaucoup les hostas (et Marie-Catherine) et nous aimons partager. Si d’ailleurs, vous voulez nous parler des plantes que vous aimez, n’hésitez surtout pas. On vous ouvre nos pages avec plaisir !

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  4. MARTY Laurence

    J’ai beaucoup aimé ce reportage sur les Hostas. Je les adore aussi mais les 2 que j’avais acheté à St Jean ne sont sortit de terre qu’une seule fois car dévorées littéralement depuis et je ne traitais rien. Alors cet écrit m’a redonné envie de tenter ma chance une nouvelle fois et me donne prétexte à mes prochains achats à St jean en avril. Merci de partager ta passion.

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    • Isabelle Morand

      Merci Laurence pour ton message. Effectivement, ça vaudrait le coup de réessayer ! Si tu ne veux pas traiter, fais-toi conseiller des variétés à feuilles plus épaisses moins faciles à dévorer toutes crues ! Au pied des miens, j’essaye un peu tout… paillis d’ardoises (ça leur “coupe les pattes”), un peu de cendre de bois (elles n’aiment pas du tout…). J’ai testé la bière mais ça me dégoûte un peu. Reste aussi cette bonne vieille tuile sous laquelle les gastéropodes vont venir s’abriter. Bon, après, faut aller les relâcher quelque part…

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    • Lemoine Marie-Catherine

      Choisis bien ton pépiniériste! certains les vendent trop jeunes, mal enracinés.
      Moi j’en ai un préféré avec lequel je n’ai pas (trop) de déchets, mais je ne sais pas si Isabelle veut bien qu’on le nomme?!

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      • Isabelle Morand

        Oui, bien sûr, tu peux le citer !!

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