Les plantes endémiques de l’île de Madère

NADEJDA2015

Dans l’Océan atlantique, Madère est souvent, surnommée l’île aux fleurs. Cette petite île portugaise est riche d’environ 150 espèces végétales endémiques, pour la plupart protégées par la création de réserves naturelles et de parcs. Voici quelques espèces parmi tant d’autres que l’on peut trouver chez des pépiniéristes français.

Le géranium de Madère, la plante arbalète

Geranium maderense n’est pas facile de culture et faiblement rustique (-3°C/-4°C), mais il est tellement intéressant que ça vaut le coup d’essayer en pleine terre (notamment en Bretagne) ou en pot à hiverner dans la plupart des régions. Sur l’île de Madère, il pousse sur des pentes à 40% et s’accroche grâce à ses pétioles qui, quand ils vieillissent, durcissent et se transforment en échasses. Ce géranium à belle floraison printanière rose a besoin d’un sol très drainant ; il craint encore plus l’humidité que le froid. Pour se ressemer, il fait partie des plantes très futées… Après la floraison, quand l’air est sec, Geranium maderense propulse ses graines jusqu’à 6 mètres, ce qui permet à la plante-mère de ne pas être concurrencée par ses futurs bébés ! Autre tactique insolite : les graines qui ont germé sont capables d’enrouler leurs petites racines sur elles-mêmes, de se laisser porter par le vent. Dès qu’elles rencontrent un lieu favorable, la racine se déploie et la graine s’ancre, parfois loin de son lieu de germination. Conseil pour la culture en pot : en hiver, la plante se contente d’un grand verre d’eau par mois. 

pepiniere-bretagne.fr ; fuchsia-delhommeau.com ; pepiniere-brehat.com  

La marguerite de Madère (Argyranthemum pinnatifidum)

C’est une petite marguerite arbustive, au feuillage persistant, qui offre des fleurs blanches à cœur jaune dès la fin de l’hiver. Comme elle est compacte (60 x 50 cm), elle peut être cultivée en pleine terre comme en pot. Elle aime le soleil, n’a peur ni du vent ni des embruns, déteste avoir les pieds mouillés trop longtemps, apprécie des apports réguliers d’engrais liquide (en pot). Seul hic : elle est plutôt frileuse : -5°C maximum. En régions fraîches, si vous voulez la conserver, n’oubliez pas de faire des boutures pendant l’été, et de rentrer le pot à l’abri du gel. 

palmiersetcompagnie.fr

 

Aeonium glutinosum

C’est l’une des deux espèces d’Aeonium endémiques de Madère avec A. glandulosum (que l’on trouve aussi aux îles Canaries). C’est Hubert Debbash, pépiniériste spécialisé dans la production d’Aeonium qui en parle le mieux : “Sur l’île de Madère (…), l’Aeonium glutinosum peut être observé dans des contextes extrêmement variés. On le trouvera aussi bien sur le littoral, perché sur des dunes ou cloué dans un rocher qu’en moyenne montagne au milieu d’une végétation abondante. (…) Il accepte volontiers de se mélanger à d’autres végétaux sans craindre leur concurrence, ce qui permet de l’installer au jardin au milieu d’une plate-bande où il côtoie un parterre de fleurs annuelles ou vivaces. Bien entendu, l’Aeonium glutinosum doit son nom à cette glu qui peut rendre collante la plante. Mais n’exagérons pas cet aspect : on peut ne même pas le percevoir en touchant les feuilles au vert franc. C’est l’inflorescence qui est la plus marquée par cet aspect. Et quand vous aurez la chance de voir l’Aeonium glutinosum fleurir chez vous, vous serez émerveillé par la splendeur de sa hampe florale : élancée, puissante aussi bien que légère, elle porte des fleurs d’un jaune merveilleux qui resteront longtemps avant de produire les semences.” Tout est dit. Merci, Hubert ! 

Ferme botanique de Kerveat

 

L’orchis de Madère (Dactylorhiza foliosa)

C’est une orchidée terrestre et vivace, dont les tubercules ressemblent à des doigts d’où son nom. Le feuillage est dense, lancéolé, vert clair. Côté floraison, elle épanouit d’avril à juin, des inflorescences en épis. Les lèvres des fleurs rose pourpre à violet arborent des lignes ou des petits points. À Madère, cette orchidée se développe dans des zones montagneuses aux microclimats humides. Sa culture chez nous est réservée aux passionnés d’orchidées terrestres qui vont savoir reproduire ces conditions naturelles (sol humide, riche, acide et ombragé). Le feuillage disparaît fin août, début septembre. 60 x 40 cm. Rusticité : -30°C. 

promessedefleurs.com

 

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