Encore des bestioles qui nous embêtent bien au jardin… Les cochenilles à bouclier sont des petites pestes. Elles pondent et élèvent leurs larves sous leur carapace, qui les protège par ailleurs des prédateurs. De nombreuses espèces sont susceptibles d’être atteintes par ces cochenilles. Comment lutter contre leur présence et leurs dégâts ?
Reconnaître les cochenilles à bouclier
C’est pas compliqué… Ces cochenilles appartiennent à la famille des Diaspidées et se reconnaissent facilement grâce à leur carapace cireuse et rigide. Seules les femelles s’abritent sous cette carapace, qui offre protection et nid douillet à leurs œufs et à leurs larves (entre 50 et 150 selon les espèces). Quand on ôte la carapace avec les doigts ou une pince à épiler (pour ceux et celles que ça dégoûte, genre moi…) on peut observer des bébés cochenilles mâles et femelles. Seuls les mâles vont développer des ailes lors de son ultime mue pour s’en aller féconder les femelles alentour. Les femelles, elles, ont sont dépourvues d’ailes, attendent d’être fécondées et zou, c’est reparti ! Bon à savoir : les boucliers sont constitués des enveloppes de peau dont se débarrasse la cochenille à chaque étape de son développement larvaire. Une petite maison… faite maison.
Bon à savoir : avant de se fixer à tel ou tel endroit, les larves peuvent se balader sur toute la plante, on parle alors de crawler. Au bout d’un moment, les femelles se fixent à un endroit et commencent à prélever la nourriture qui lui est nécessaire.
Où les observer ? Les cochenilles à bouclier vivent, selon les espèces, sous les feuilles, accrochées aux rameaux ou bien sur les fruits.

Quelles sont les plantes préférées des cochenilles à bouclier ?
Tout dépend de l’espèce de cochenille
Aspidiotus nerii : celle-ci s’attaque aux lauriers-roses. J’en ai fait l’expérience l’année dernière. Un de mes très beaux lauriers-roses s’est retrouvé envahi par ces sales bestioles. Je m’en suis à peu près débarrassée en deux pulvérisations de savon noir dilué… mais aussi en devant sacrifier quelques branches à mon grand désespoir, car il était prêt à fleurir, argh… Cette même espèce s’attaque aussi aux rhodos, lierres, agrumes, acacias, caroubiers, oliviers…
Unaspis euonymi : elle a pour cible les fusains du Japon, mais aussi à des arbres et arbustes de la famille des Célastracées.
Epidiaspis leperii : on l’appelle la cochenille rouge du poirier, mais son terrain de jeu s’étend aussi aux pêchers, pommiers, pruniers, noyers. Elle se fixe sur le tronc de ces fruitiers, provoquent des déformations, des crevasses, potentiellement de gros dégâts (floraison perturbée, production moindre et de piètre qualité.
Aonidiella aurantii : surnommé le pou de Californie (pas franchement sexy), cette cochenille à bouclier s’attaque en priorité aux agrumes, et aux cocotiers. Les agrumes les plus sensibles sont le citronnier, le pomelo, l’oranger. Il faut vraiment passer à l’inspection vos agrumes, car en cas de forte infestation, ils peuvent mourir. Le pou de Californie a un compère, le pou rouge des orangers (Chrysomphalus dictyospermi) et les victimes sont les mêmes.
Diaspidiotus ostraeformis : identifiée en 1843, cette cochenille à bouclier apprécie les espèces forestières, mais on peut la repérer aussi sur le platane et différents arbres et arbustes fruitiers (poirier, cerisier, pêcher, groseillier…).

Comment en venir à bout ?
Tout dépend du niveau, de l’ampleur de l’attaque.
Si leur présence est limitée, retirez-les à la main. Il faut savoir que sans carapace, les larves se déshydratent à la vitesse V. Vous pouvez aussi utiliser un coton-tige imbibé d’alcool pour les éliminer. Pas la peine d’utiliser une préparation de savon noir dilué, elle glisse sur les carapaces. Mais ça demande du temps tout ça.
Autre possibilité : appliquer sur les carapaces un produit à base d’huile de paraffine ou de colza. Le produit bouche les organes respiratoires de ces cochenilles qui passent vite de vie à trépas. Ces produits se trouvent facilement dans le commerce.
–
En prévention
Misez sur les auxiliaires présents dans le jardin. Certains se délectent de ces cochenilles à bouclier, notamment certainement espèces de coccinelles.. Installez des refuges un peu partout pour les accueillir, laissez des zones du jardin en jachère ou semez-y des prairies fleuries. Malheureusement, il faut bien l’avouer, les cochenilles sont souvent les plus fortes, d’autant qu’elles peuvent être présentes à longueur d’année…

