Rarement arbre n’a dû entendre autant de musique et croiser autant de compositeurs en vue !

Planté en 1862 dans le square de l’église de la Sainte-Trinité, dans le 9ème arrondissement de Paris, ce noyer du Caucase (Pterocarya fraxinifolia), campé sur son tronc de plus de 3 mètres de circonférence et du haut de ses 26 mètres, est le plus ancien représentant du genre dans la capitale.

Originaire des massifs montagneux du Caucase et du nord de l’Iran, il a été installé dès le début des travaux de construction de l’église. Il va sans dire qu’il est le témoin privilégié et le gardien des secrets de ce lieu de culte conçu pour être vu depuis l’Opéra de Paris.

Avec les années et la maturité, ce noyer du Caucase a su se faire sa place aux côtés de “son” église. Il garde aujourd’hui, lui aussi, un œil (en coin) sur l’illustre Palais Garnier, temple parisien de l’art lyrique.

 

 

Hector Berlioz, Olivier Messiaen…

Jeune baliveau, il assista le 11 mars 1869, aux obsèques d’Hector Berlioz, et vit défiler tout ce que Paris comptait d’illustres musiciens et de membres de l’Institut.

Abonné à vie aux concerts de la Trinité, il en conserve les anecdotes !

Il a, pour sûr, au tréfonds de son écorce la trace d’amoureux venus immortaliser, au clair de lune, bercés par le son de l’orgue, leur passion naissante.

L’orgue, lui aussi, pourrait témoigner d’une page importante de l’histoire de la musique du 20ème siècle.

Olivier Messiaen, titulaire des orgues de l’église de la Sainte-Trinité durant 61 ans, y a sans aucun doute joué ses chants d’oiseaux, dont il faisait le relevé aux quatre coins du monde.

Ce noyer est l’un des rares arbres parisiens à avoir pu, sans lever une racine, entendre le chant d’un traquet stapazin, d’une rousserolle effarvatte, d’un oriole ou d’un léiothrix.

Alors, si vous êtes dans le quartier n’hésitez pas à passer le saluer.

 

Olivier Messiaen – Chants d’oiseaux (1951) Steve Ginefra, Schantz organ

 

 

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