L’un adore les hémérocalles, l’autre aime les arbustes. L’un connait les plantes sur le bout des pétales, l’autre préfère architecturer le jardin. En Bretagne, Guénolé Savina et Gaston Nhan cultivent leurs différences… et leurs complémentarités. 

Hortus Focus. Un jardin, c’est fait d’inspirations. Où trouvez-vous les vôtres ?

Guénolé Savina. Nous avons un amour commun des beaux jardins. Nos visites au Parc oriental de Maulévrier, au Jardin Agapanthe d’Alexandre Thomas, au Jardin de Valérianes par exemple ont été source d’inspirations. Sans oublier Kew Gardens, à Londres, qui fut plutôt une révélation sur l’art du jardin. 

 

 

 

Gaston Nhan. On prend plein d’idées ici et là, on se fait plaisir en les adaptant dans notre jardin avec la contrainte de jardiner dans 1600 m2 seulement. Moi, j’aimais les plantes à la base, mais pas à ce point-là. C’est en rencontrant Guéno, en jardinant avec lui que la vraie passion est venue. Cela dit, il n’a toujours pas réussi à me transmettre son amour pour les hémérocalles, mais il ne faut jamais dire jamais ! 

 

Qui fait quoi chez vous ?

Guénolé. Je m’intéresse plus aux plantes que Gaston. J’ai moins l’âme architecte ! Je suis moins rigoureux dans la façon d’organiser le placement des végétaux… Je suis musicien, Gaston c’est plutôt le chef d’orchestre ! Et nous sommes tous deux maîtres d’œuvre !

Gaston. Je suis, je crois, plus rigoureux, plus perfectionniste ! Quand un détail, la position d’une pierre par exemple, ne me plait pas, ça ne va pas. On peut avoir de grosses prises de tête parfois ; entre un projet et sa réalisation, il peut se passer beaucoup de temps. La cascade nous a pris 3 ans !

Jardin japonisant

©Isabelle Morand

Vous avez la chance d’avoir une bonne terre ici !

Gaston : Oui, nous jardinons dans une terre à patates, 60 cm de terre végétale, légèrement acide, en surface, légèrement acide, et suffisamment d’argile en profondeur pour satisfaire les vivaces, les pivoines et assurer une bonne assise aux arbres. Avec un paillage un peu acide, les plantes de terre de bruyère s’installent facilement et poussent à merveille.

Quel type de paillage utilisez-vous ?

Guénolé : Principalement des feuilles mortes et du broyat ; parfois, on ajoute un peu d’écorces de pin. Comme nous taillons beaucoup en vert, en transparence, nous disposons de plusieurs mètres cubes de déchets à installer au pied des massifs. Les bambous, eux, profitent des tontes de pelouse. 

jardin breton

©Isabelle Morand

Vous habitez non loin de la mer. Que faites-vous pour “casser” le vent et protéger le jardin ?

Guénolé. On a installé des bambous, on essaye de trouver des réponses autres que les sempiternelles haies de cyprès de Leyland, d’éléagnus ou griselinia. On se débarrasse petit à petit des cyprès qui cernaient le terrain en installant notamment des rhododendrons. C’est vrai, le cyprès deLeyland pousse vite ! En 3 ans, on a une haie déjà imposante, mais au bout de 10 ans, on est souvent obligé de l’arracher. Les rhodos vont mettre 7 à 8 ans avant de former une belle haie qui sera toujours là et belle 20 ans plus tard. Le jardin, c’est aussi l’école de la patience… 

Quelle est votre dernière réalisation ?

Guénolé. Un amphithéâtre de plantes ! Nous avons créé un jardin en mini-terrasses ; 1,40 m de profondeur sur 100 m2 ! Nous avons récupéré des pierres dans d’anciens bâtiments, c’est une façon de les faire revivre. Nous les avons utilisées pour créer des petits murs. Cet amphithéâtre est destiné à accueillir des plantes plus frileuses que d’autres.

Gaston. On s’est inspiré d’une idée de Georges Delaselle qui, sur l’île de Batz, a ainsi mis à l’abri du vent ses petites plantes les plus précieuses.

jardin Kériel

©Isabelle Morand

Quand vous pensez à votre jardin, quels mots vous viennent instantanément à l’esprit ?

Guénolé : Repos, effort, plaisir. Mais pour l’ordre de ces mots, ça dépend des jours !

Gaston : Vacances, parce que, chaque jour, quand je rentre du boulot, je regarde le jardin et je suis en vacances…

 

 

 

 

 

 

Le jardin Kériel est ouvert à la visite uniquement sur demande et pour de petits groupes (une vingtaine de personnes maximum). Vous pouvez laisser un message sur la page Facebook du jardin.

©Guénolé Savina/ Hémérocalle de la pointe

Guénolé Savina est obtenteur d’hémérocalles. Vous pouvez suivre son travail, ses découvertes (et sa passion) sur sa page Hémérocalles de la Pointe. Ses créations sont commercialisées ICI, en collaboration avec les pépinières Caillarec.

 

 

 

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6 Réponses

  1. Frederic Marquis

    Tes reportages sont toujours très bien construit isabelle. Très beaux et très pro !!

    Répondre
    • Isabelle Morand

      Bonjour Frédéric. Merci beaucoup pour ton message. Cela me (nous) fait très plaisir ! Bonne journée

      Répondre
  2. Armelle

    Deux passionnés qui se complètent
    et qui mettent leurs talents en valeur.
    Un jardin magnifique créé par un
    musicien et un chef d’orchestre.
    Gaston a de l’humour.

    Répondre
    • Isabelle Morand

      Tu as tout bien résumé !!!!! Oui, Gaston a beaucoup beaucoup d’humour. Bisous Armelle, bonne journée

      Répondre
      • Isabelle Morand

        Hello Armelle, je l’espère aussi car c’est vraiment une réussite ! Bisous. Bonne journée

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