Vincent Vallée : “Il faut lâcher prise au jardin…”

 

Créer un jardin en 3 jours, un sacré challenge… Si vous avez regardé TF1 et la “Dream Company” hier soir, vous avez pu reconnaître (ou découvrir !) Vincent Vallée, paysagiste, spécialiste du jardin naturel et inventeur d’un brevet de filtration écologique.

Hortus Focus. Une maison neuve, un terrain complètement nu à Pont de Cheruy (Isère), le défi était de taille !

 

Vincent Vallée. Oui, il a fallu tenir le délai imposé pour réaliser le rêve de Flora d’offrir à son mari, Geoffrey, un jardin clôturé, engazonné, planté, avec une terrasse, des potagers, des jeux pour les enfants. J’ai été bien aidé par tous les intervenants de la société Balland, à Amberieux-en-Bugey. 

Les challenges, tu connais !

J’ai un peu d’expérience, oui ! Depuis plusieurs années, je “mets en musique” les jardins imaginés par Pierre-Alexandre Risser pour la manifestation Jardins, jardin aux Tuileries. Mais pour TF1, le délai était beaucoup plus court !

Le jardin de Flora et Geoffrey est bien différent de ceux que tu réalises habituellement…

Oui, mais quand on est paysagiste, il faut savoir s’adapter aux envies, aux demandes, aux besoins de chacun ! C’est vrai que je suis plus spécialiste des jardins champêtres, naturels, des piscines écologiques.

Tu es d’ailleurs l’inventeur d’un brevet de filtration écologique de l’eau. C’est quoi, ça ?

C’est un système de filtration qui permet de ne mettre aucun produit chimique dans l’eau. Il s’appuie sur la biofiltration, c’est-à-dire la transformation des matières organiques par des micro-organismes nitrifiants. Les systèmes de lagunage “classiques” font appel aux plantes. Là, avec ce système, les plantes ont un rôle purement ornemental. On peut même ne plus en mettre pour des raisons de coût ou de place ! Pendant plusieurs années, j’ai testé ce procédé dans mon jardin avant de le faire breveter. Chez moi, le bassin à poissons fonctionne ainsi, ma baignade aussi bien sûr ! 

Le jardin en été

Quelle est ta conception du jardin au naturel ?

Laisser évoluer la nature sans la combattre. Dans mon jardin, j’ai planté un peu au départ, des bambous, des miscanthus, des vivaces (iris, hémérocalles, phlox, romarin, achillées…) qui colorent le jardin le juin à septembre, le reste est venu tout seul. Les arbres à papillons, les saules marsault, les genêts, l’églantier… se sont invités. Je laisse pousser les carottes sauvages, les laiterons. Je sème quelques tournesols au printemps et le tour est joué. La nature se charge d’harmoniser l’ensemble. Ce jardin de 400 m 2 me demande entre 15 et 20 h de travail par an seulement.

Tu ne tailles jamais rien ?

Bien sûr que si ! Je surveille l’expansion des bambous (Phillostachys aurea), je taille de temps à autre les saules. Mais j’interviens seulement quand les végétaux bloquent une vue, deviennent vraiment trop importants ou gênent les déplacements dans le jardin.

Chez toi, les graminées forment un écrin spectaculaire. Comment t’en occupes-tu ?

La première année de plantation, je les ai désherbées pour leur éviter d’être étouffées par d’autres plantes. Depuis 10 ans, elles vivent leur vie. Je profite de la beauté des chaumes tout l’hiver avant de les couper à la débroussailleuse. 

Tu as aussi une façon particulière de cultiver ton potager…

Il faut que je fasse avec une très mauvaise terre, pleine de cailloux. Le potager, j’ai commencé une année par le travailler au motoculteur, ça prend du temps. Donc, j’ai testé une autre façon de faire. Sur les 50 m2 que je consacre au potager, j’installe 300 kilos de paille sur lesquels j’ai déversé ça et là quelques brouettes de vase issues du nettoyage des bassins. Puis, je laisse les poules œuvrer tout l’hiver. Elles grattouillent, émiettent, bossent à ma place ! Au printemps, je n’ai plus qu’à semer ou repiquer… La méthode a fait ses preuves ! Je ne bine pas, j’arrache quelques herbes et c’est tout. 

Et côté récoltes ?

Tout donne bien ! Cette année, j’ai eu de belles récoltes de pommes de terre, haricots verts, concombres, courgettes… Je guette les potirons. Cette méthode réduit aussi, je l’ai constaté, les besoins en arrosage. Je n’ai pas arrosé une seule fois mes tomates. J’ai juste arrosé les haricots verts pour pouvoir obtenir une récolte plus longue. 

Potager hors-sol avec réserve d’eau

Pour l’arrosage, tu as aussi un truc bien à toi ?

Le grand potager, je l’ai arrosé grâce à un meuble potager que j’ai créé. Dans ce potager surélevé fabriqué en bois brûlé (ndlr : technique japonaise qui protège le bois des insectes et des champignons), je fais pousser des salades, de la ciboulette, du persil, du basilic et mes semis de poireaux. J’ai installé à l’intérieur un système de récupération et de réserve d’eau, une eau que j’utilise pour les rares besoins en arrosage du grand potager.

Pour toi, le jardin, c’est du boulot ?

Non, du plaisir ! Chacun devrait comprendre, apprendre que le jardin n’est pas un ring, une arène, un lieu de luttes, mais de lâcher-prise…

Vous pouvez contacter Vincent Vallée au 02 32 60 12 03, via les sites Typhafrance ou Vincent Vallée paysages.

 

 

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