Spécialiste des plantes de Chine et du Japon qu’il cultive avec son épouse, Marion, dans leur Pépinière des Avettes, en Bourgogne, Cédric a dressé pour Hortus Focus, une liste non exhaustive de ses plantes chinoises préférées. 

Par Cédric Basset.

 

Cornouiller des pagodes ©Dalgial / wikimedia

Le cornouiller des Pagodes (Cornus controversa)

C’est un must pour tout jardin disposant d’un peu de place. Au Japon, nous avons pu en voir dans les forêts qui avoisinaient les 15 m de haut ! Les Japonais l’utilisent d’ailleurs beaucoup dans leurs jardins. Chez nous, il deviendra un grand arbuste ou un petit arbre de 5 à 8 m selon les conditions. Il se couvre de fleurs blanches en juin, mais c’est surtout pour son port très étagé et particulier qu’on le plantera. En effet, ses branches partent à l’horizontale. C’est pour cette raison qu’il faut le planter en isolé où il pourra prendre toute sa splendeur. Belles couleurs automnales. On trouve couramment dans le commerce le cultivar ‘Variegata’ à feuilles panachées de blanc.

Mes conseils : À planter au soleil ou à mi-ombre dans toute bonne terre pas trop sèche, acide à neutre. Très rustique. 

Couleurs d’automne du Lindera umbellata ©flora-wonder-blog

Le Lindera umbellata

Les Lauracées sont une famille plus connue dans nos cuisines que dans nos massifs ! En effet, qui n’a jamais utilisé de laurier-sauce ou de cannelle dans ses petits plats ? Pourtant, cette famille ne se résume pas qu’à nos papilles et elle comprend un grand nombre d’arbustes et arbres très décoratifs pour le jardin. J’aime beaucoup le genre Lindera car on y trouve des arbres adaptés aux petits jardins qui sont très décoratifs par leurs feuillages. Les floraisons sont modestes même si celles qui apparaissent avant les feuilles donnent une touche de couleur. On y trouvera des feuilles de formes originales et de très belles couleurs d’automne. Lindera umbellata est un arbuste de 3 m de haut environ à feuilles ovales tournant au jaune en automne. Les fleurs jaunes apparaissent par bouquets en février-mars. Elles sont suivies de fruits globuleux et noirs si présence d’un pied mâle et d’un pied femelle. Une belle touche de couleur dans le jardin en fin d’hiver.

Mes conseils : Plantation en sol frais, riche et acide, à l’abri des vents froids, au soleil non brulant ou à mi-ombre. 

 

Magnolia denudata ©nickkurzenko

Le magnolia Yulan (Magnolia denudata)

Les magnolias sont des arbres et arbustes incontournables de la flore chinoise et japonaise. Très utilisés dans les jardins asiatiques, ils symbolisent la force et la dignité. Depuis des siècles, les moines bouddhistes plantent des magnolias à fleurs blanches autour des temples en symbole de pureté. Qu’ils fassent 2 m de haut ou 25 m, il y aura toujours un magnolia qui s’adaptera à votre jardin. La diversité des feuillages et des fleurs, ainsi que leurs parfums, ne vous laisseront forcément pas indifférents. Ce sont des plantes majestueuses et nobles qui ont les plus belles fleurs parmi les végétaux de climat tempéré. Magnolia denudata est un petit arbre caduc à port très ramifié et large qui atteindra 5/7m de haut sur autant de large. Au printemps, avant les feuilles, il se couvre d’une multitude de fleurs blanc pur en grosses coupes parfumées.

Mes conseils : Plantation au soleil dans toute bonne terre de jardin. Très rustique.

Osmothe parfumé ©Pépinière des Avettes

L’osmanthe parfumé (Osmanthus fragrans ‘Variegata’)

Les osmanthes sont des arbustes que j’apprécie beaucoup pour leurs feuillages persistants et leurs floraisons très parfumées. Osmanthus fragrans est tout un symbole pour moi. Ce grand arbuste m’évoque toujours nos voyages dans l’ouest de la Chine où cet arbuste embaume lors de sa floraison et où l’on peut déguster un bon thé mélangé à ses fleurs séchées. Il a de grandes feuilles vert brillant et les nouvelles sont fortement teintées de rouge. Ses fleurs sont, selon les formes, blanches à jaune pâle ou orange et elles dégagent un fort et agréable parfum. Elles apparaissent principalement en automne, mais une seconde floraison peut avoir lieu au printemps sous les climats favorables. Il peut atteindre 2 à 5 m de haut environ. ‘Variegata’ est une belle variété aux feuilles bordées de blanc.

 
strong>Mes conseils : À planter au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des vents froids, dans toute bonne terre de jardin riche et bien drainée, acide, neutre ou calcaire. Il ne supporte pas le sel, donc évitez de le planter en bord de route ou d’allée carrossable. On le dit bien souvent peu rustique (env. -10°C). Cependant, notre osmanthe ne souffre pas à -16°C et un très beau plant au Jardin botanique de Lyon a déjà subi des -20°C. Mais ceci est possible seulement si l’été est long et chaud pour permettre un bon aoûtement des branches et si le sujet est déjà bien installé. C’est pour cela qu’il est prudent de le protéger les premiers hivers. 
 

Berberis insolita 

 

Berberis insolita © Paco Garin

 

Berberis insolita – Paco Guerin

 
Les Berberis, appelés aussi épines-vinettes, sont des arbustes caducs ou persistants, aux feuillages très variables et à tiges épineuses. Leurs floraisons sont abondantes, jaunes à orangées. Il est dommage que ce genre évoque bien souvent pour nous les variétés à feuillage pourpre qui sont très utilisées pour faire des haies au pied des immeubles. La fructification de certaines espèces, ainsi que leurs couleurs automnales, sont également des atouts.
Berberis insolita est absolument spectaculaire et bien différent des autres espèces. Ses feuilles, persistantes, sont longues et fines. Elles sont vert très brillant dessus. Ses jeunes rameaux sont vivement colorés de jaune à rose. Jolie floraison jaune pâle au printemps suivie de fruits noirs persistant presque tout l’hiver sur la plante. Il reste assez petit, entre 1 et 2 m de haut.
 
Mes conseils : À planter au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin. 
 

Epimedium simplicifolium

Epimedium simplicifolium

Epimedium simplicifolium ©Pépinière des Avettes


En 1885, A.Bréauté notait :”Rien de plus gracieux pourtant que ces plantes fleurissant en abondance depuis le commencement d’avril jusqu’à la fin de mai. Pourquoi sont-elles si peu répandues et si peu appréciées ? C’est sans doute parce qu’elles sont trop faciles à cultiver ; qu’elles ne craignent ni froid, ni sécheresse, car, elles croissent avec une surprenante facilité, sont très rustiques et ne réclament pas de soins”. Les plantes des elfes – ou épimèdes – sont des plantes vivaces très faciles, très résistantes et très florifères.

Cet Epimedium est spectaculaire. Il doit son nom au fait que ses feuilles sont simples et non composées comme chez les autres épimèdes. Elles sont de taille impressionnante. Ses grandes fleurs, pourpres et blancs rosés sont tout aussi spectaculaires. Il forme une touffe dense et la floraison dure vraiment longtemps. Bref, un petit bijou !

 
Mes conseils : À planter à ombre ou mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin. 
 

Carpinus omeiensis

 

Carpinus omeiensis

 

Carpinus omeiensis ©Pépinière des Avettes

Le genre Carpinus est bien connu des planteurs de haies champêtres. En effet, le charme – ou charmille – est un arbre très vigoureux et rustique se prêtant très bien à la taille au carré. Il est très résistant et constitue des écrans rapidement. En isolé, il donne également de beaux arbres. Il existe en Asie plusieurs espèces intéressantes pour le jardin avec les mêmes utilisations. J’adore Carpinus omeiensis car cette charmille a de toutes petites feuilles et son port est, du coup, très gracieux et léger. De plus, ses jeunes feuilles sont rouges. 

Mes conseils :  Culture en toute exposition en toute bonne terre de jardin. L’arbuste, qui peut devenir un petit arbre, a un port arrondi et bien ramifié et cette espèce mérite d’être traitée en forme libre.

 

Aucuba japonica

 

©Seven75

 

©Olive Titus / Flickr

S’il est bien un genre que je ne pensais pas mettre un jour dans mon jardin, c’est l’aucuba. Pour moi, c’était LA plante en pot dans la véranda de ma grand-mère, avec ses feuilles mouchetées, plantée avec de petits cyprès dans des compositions d’un autre âge… Pourtant, il faut reconnaître que l’aucuba est un arbuste ultra résistant à tout : au chaud, au froid, au sec, à l’humidité, à tous les sols… J’ai “redécouvert” ce genre par les espèces sauvages de Chine, du Japon et d’Himalaya et les très nombreuses variétés obtenues par les Japonais. On en trouve à feuilles très fines à très larges, peu ou profondément dentées, vertes ou panachées. Certaines variétés ont les jeunes feuilles blanches au printemps et sont donc très lumineuses à l’ombre.

Mes conseils : les aucubas se cultivent facilement. Plantez-les à mi-ombre ou même à l’ombre totale. Ils sont très résistants au froid et au sec une fois installés. Surveillez juste les arrosages les deux premières années. Ils poussent même dans les sols pauvres du moment qu’ils sont correctement drainés.

 

Disporopsis aspersa

©Pépinière des Avettes

Tout comme les disporums, le genre Disporopsis reste encore trop méconnu. Ces plantes vivaces ne manquent pourtant pas d’atouts. Tout d’abord, ils sont persistants et permettent donc de verdir un coin sombre toute l’année. Leurs fleurs sont plus discrètes, mais en nombreuses clochettes pendantes sous le tiges. La plupart des espèces forment de beaux couvre-sol assez bas. Les différentes espèces ont montré une très bonne résistance au froid et ne se sont même pas défeuillées lors du mois de février 2012. Par leur taille assez basse – à quelques exceptions près – on les utilisera soit en devant des massifs, soit entre des plantes plus hautes. Les plantes s’étendent lentement par d’épais rhizomes courant à la surface du sol. Dans le jardin, j’ai associé les espèces basses à des Epimedium persistants, des Speirantha, des Ophiopogon pour leurs feuillages plus fins et des Isodon plus hauts. On peut aussi les associer à des corydales et des fougères. Elles ne sont jamais malades.

Disporopsis aspersa se trouve rarement correctement orthographié dans les catalogues et vous les trouverez souvent écrit D.aspera. C’est une plante vigoureuse à grandes feuilles (parmi les plus grandes du genre), vert clair, épaisses. La plante mesure généralement de 20 à 40 cm de haut environ, mais peut atteindre jusqu’à 90 cm ! En mai-juin, les tiges portent des fleurs blanc-verdâtre à l’extérieur et pourpre à l’intérieur. Ses tiges dressées sont fortement mouchetées et hautes permettant de bien voir les fleurs. Son aspect coriace me faisait craindre une sensibilité au froid. Trois semaines contre un mur au nord avec une forte bise à -18°C ne lui ont même pas fait sécher ses feuilles ! 

 
Mon conseil : installez-les dans des lieux ombragés, dans des sols fertiles, bien drainés et pas trop secs même si ces vivaces se montrent très tolérantes une fois installées. 
 

Une ortie décorative (Boehmeria nipononivea)

©Pépinière des Avettes

«Plantez des orties dans son jardin ? Quelle idée !». J’aime bien présenter ces plantes de cette manière ! En effet, les Boehmeria sont des plantes de la même famille que l’ortie, mais elles ne piquent pas, je vous rassure. Totalement inconnues dans nos jardins il y a encore peu, nous avions introduit quelques graines en culture. Devant les bons retours de nos visiteurs, nous en avons multiplié sans que cela soulève l’enthousiasme. Jusqu’en septembre 2012 où une de nos plantes reçu le Coup de cœur du jury de la foire aux plantes de Saint-Jean-de-Beauregard. Il n’en fallait pas plus pour les jardiniers en veuillent dans leurs jardins ! Parallèlement, de nouvelles variétés panachées contribuent à faire connaître ce genre. D’ailleurs, quelques pépiniéristes diffusaient depuis plusieurs années un cultivar panaché. Nous cultivons principalement ces plantes pour leurs feuillages : qu’ils soient verts ou colorés, ils sont bien souvent exubérants. Cependant, même si leurs fleurs sont minuscules et insignifiantes, sur certaines espèces, elles sont groupées en très longs chatons blancs décoratifs tout l’été. Personnellement, je les trouve intéressantes en fond de massif afin de valoriser les plantes fleuries sur le devant ou dans les massifs pour donner du volume. Elles ont une croissance rapide, ne sont pas malades et s’adaptent à beaucoup de sols. Elles ont juste besoin d’un sol riche pour être bien vertes et vigoureuses.

Boehmeria nipononivea est une grande plante vivace à feuillage exubérant et décoratif, à utiliser en fond de massif, (permet de donner du volume), entre arbustes ou en isolé. Elle atteint entre 1,5 et 2,5 m en culture ! 

Mes conseils : Plantation dans un sol riche, la condition pour qu’elles soient bien vigoureuses. Pas d’autre exigence particulière si ce n’est d’éviter les sols trop secs ou trop calcaires.
 
Vous pouvez consulter ICI le catalogue complet de la pépinière des Avettes. Portes ouvertes à la pépinière les 17 et 18 mars prochains.
Marion et Cédric seront présents sur les fêtes des plantes suivantes : 
  • 24 et 25 mars : Foire aux plantes, Saint-Priest (69)
  • 6 – 7 et 8 avril : Journées des plantes, Domaine Saint-Jean-de-Beauregard (91)
  • 28 et 29 avril : Fête des plantes de Schoppenwihr (68)
  • 12 et 13 mai : Fête des plantes de l’Arboretum de la Sédelle (23)
Enfin, Cédric Basset est l’auteur d’un ouvrage de référence “Cultiver les plantes de Chine et du Japon”, paru aux éditions Ulmer.

 

 

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