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Les sisyrinchiums, des vivaces faciles

sisyrinchium en massif
LianeM

Ne me demandez pas d’où vient son nom vernaculaire, je n’en sais rien du tout ! En tout cas pas des Bermudes, car elle est plutôt originaire de l’Amérique du Nord ou de Californie. Les Sisyrinchium sont en tout cas des plantes hyper faciles, solides, sans grand entretien. À planter maintenant pour les voir fleurir au printemps, et en suivant les conseils d’Amélie Tura, de la pépinière Atelier du Végétal. 

Hortus Focus : on dirait un iris…

Amélie Tura : effectivement, le Sisyrinchium ressemble à un iris. Normal, ils appartiennent tous les deux à la même famille, celle des Iridacées. Les feuillages ont des similitudes. Il est persistant, bien rubané. long, raide. Autre point commun : les tiges des fleurs sont assez hautes. 

Où planter un Sisyrinchium dans un jardin ?

Tout dépend de l’espèce choisie. Il en existe des toutes petites comme la bermudienne à feuilles étroites (Sisyrinchium angustifolium) qui ne dépasse pas 25 cm de haut. Le genre et ses variétés font des plantes de bordure vraiment sympas. On peut aussi les installer dans une rocaille. Ou en pot pour décorer une table ou un rebord de fenêtre. Le plus haut Sisyrinchium, à ma connaissance, c’est S. striatum qui avoisine 1 m en fleur et il fait merveille planté en masse.

Est-ce qu’ils fleurissent longtemps ?

Là encore, tout dépend de l’espèce, mais ils sont tous bien présents en fleur au printemps. Quand ils commencent à fleurir, les vrais beaux jours ne sont plus loin ! Du côté des couleurs, il y a une bonne diversité : du jaune pâle, du jaune d’or, mais aussi des oranges, des bleus soutenus. 

La culture et l’entretien sont-ils faciles ?

Archi-faciles ! Il suffit d’enlever – éventuellement – les fleurs fanées, si on a vraiment envie de s’occuper dix minutes. En revanche, il faut penser à diviser les touffes tous les trois ou quatre ans. La plante a besoin d’être divisée, et puis ça fait toujours plaisir aux copains d’en avoir des éclats. Attendez la fin de la saison pour supprimer les feuilles séchées et les hampes florales défleuries. Autre atout : on le lui connaît ni prédateurs, ni maladies. 

Sisyrinchium
©Isabelle Morand

Avec quelles plantes le marier ?

  • Pour un beau mariage au printemps, je vous conseille de l’unir au lupin arbustif (Baptisia australis) qui fleurit d’un bleu sublime. Quand les floraisons jaunes et bleues se répondent, c’est juste beau.
  • Pour un bel effet en été, vous pouvez installer une plante qui a un peu un vilain nom compliqué, Dicliptera suberecta (anciennement nommée Jacobinia surberecta). Elle aussi aime les coins ensoleillés et les terrains un peu secs. Le Dicliptera produit tout l’été des fleurs orange très soutenu, depuis une souche qui s’étale à peu près au même rythme que celle d’un Sisyrinchium. Le contraste entre les fleurs et le feuillage de la bermudienne est vraiment réussi.
Atelier du végétal
©Isabelle Morand

Sisyrinchium palmifolium, le coup de cœur d’Amélie

Il a un joli feuillage gris bleuté et les fleurs ressemblent à des palmes. C’est un très beau sujet à avoir dans un jardin, notamment en hiver. Il forme une boule, c’est très graphique, et peut remplacer un buis ou un arbuste taillé. Au printemps, les tiges dépassent un peu du feuillage et on voit alors de grandes palmes de fleurs dorées. Il faut vraiment aimer le jaune puissant au jardin pour l’adopter. 

Atelierdu végétal
S. palmatum ©Isabelle Morand

En dehors de Sisyrinchium striatum qui est connu pour être vraiment un colonisateur, tous les autres sont sages, et restent bien en place. 

Atelier du Végétal
©Isabelle Morand

Sisyrinchium – Fiche de Culture

  • Famille : Iridacées. 
  • Type : vivace rhizomateuse.
  • Feuillage : persistant.
  • Exposition : soleil pour la plupart des espèces.
  • Sol : drainé, frais, neutre, mais certaines espèces préfèrent des terrains plus frais (voir notre sélection plus bas).
  • Plantation : à l’automne ou au printemps.
  • Info + : si vous achetez une plante en godet de 9 cm, vous aurez une souche de 60 cm de diamètre dans 3 ans. 

Ben, mon cochon…

Comme tout s’explique ou presque : en grec, « sys » signifie cochon et « rynchos », le groin. Ce qui a donné Sisyrinchium en latin. En fait, dans les pays où la bermudienne pousse naturellement, les cochons sauvages lui font sa fête. Ils fouissent le sol pour débusquer les rhizomes et les avaler tout crus… 

Espèces et variétés intéressantes de Sisyrinchium

S. patagonicum : espèce rare en culture, bien rustique. Petites fleurs jaune d’or. Hauteur : 30 cm.

S. bermudianum : l’herbe à œil bleu. Hauteur : 10 à 25 cm. Soleil ou ombre légère. Bien pour les berges sèches, les bordures. « Elles ponctuent gracieusement les lieux un peu secs (elle fait merveille dans les graviers ou les sols sableux), comme une multitude d’aigues-marines insolentes que rien ne semble troubler, sinon l’excès d’eau. Elle s’associe très bien avec les Stipa, les orpins rampants ou la cotule hérissée. » (Eric Lenoir, La pépinière aquatique). 

S. ‘Dragons Eye’ : variété naine (15 cm). Longue floraison en été. Idéale en rocaille ou dans un jardin de graviers. Fleurs bleues.

S. montanum : des centaines de petites fleurs bleues. Cette espèce préfère les terrains frais. (Pépinière de la Petite Foulerie)

S. depauperatum : fleurs blanc crème à cœur pourpre. Au revers, rayures pourpres. « Quand la floraison se termine, les capsules de graines font penser à des mini-melons. » (Pépinière de la Petite Foulerie). Pour rocaille et jardin sec. 

S. californicum : on la surnomme l’herbe aux yeux dorés en raison de la couleur jaune d’or de ses fleurs et de ses étamines orangées. 15 à 30 cm. Elle supporte très bien les embruns ; tout indiquée pour un jardin en bord de mer. Il existe une variété à plus grandes fleurs : ‘Yellowstone’.

S. striatum : le plus grand de tous. Il peut atteindre 1 m. À marier avec des graminées et / ou des verveines de Buenos-Aires. 

S. angustifolium ‘Album’ : et voilà du blanc, ce qui n’est pas hyper courant chez les Sisyrinchium. C’est un « modèle réduit » (25 cm) qui a énormément de charme. Elle se ressème bien. 

S. ‘Biscutella’ : « Fleurs éphémères de 2 cm de diamètre jaune cendré fortement veiné et ombré de brun pourpre. Le soir, les fleurs se referment et de renouvellent constamment. La floraison est étonnamment longue. Le coloris de ses fleurs est vraiment étonnant et raffiné. Petite plante pour bordure ou rocaille de plein soleil » (Merci à Alain du site Arrosoirs et Sécateurs)

Bermudienne
©cturtletrax
bermudienne bleue
©Brett Hondow
bermudienne... de Californie
©Chris Leaver
sisyrinchium en massif
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