Mais qui est ce Didier derrière les Didieracées ? Et quelles sont les plantes regroupées sous ce nom ? Départ pour l’Afrique, et Madagascar en particulier.
Un drôle de nom pour des plantes étonnantes
La question me turlupinait depuis quelque temps… Mais c’est qui ce Didier qui a donné son nom à ce genre qui comprend une dizaine d’espèces ? Un Français forcément ? Bingo ! Il s’agit d’Alfred Grandidier (1836-1921), un explorateur oublié, passionné par Madagascar où il a voyagé et séjourné quelques années. Le récit de ses aventures, et elles furent nombreuses, est contenu dans « L’histoire physique, naturelle et politique de Madagascar »… en 30 volumes. À sa disparition, ce projet gigantesque comprendra finalement 40 volumes et il sera complété et achevé par son fils, Guillaume, auquel il a transmis sa fascination pour l’île de l’océan Indien.


Que sont les Didiéracées ?
Le genre regroupe des plantes succulentes dicotylédones que l’on trouve dans les régions désertiques de Madagascar. Les espèces les plus « connues » ? Alluaudia, Didierea, Portulacaria (à ne pas confondre avec Portulaca, le pourpier).
Alluaudia, des Didieracées épineuses
Ce sont de grandes, voire de très grandes plantes dans leur milieu naturel. A. ascendans peut atteindre 12 m, et A. procera 15 m. Tous deux forment des arbres succulents, aux petites feuilles semi-persistantes (ou caduques en période de sécheresse), et généreusement garnis d’épines disposées très régulièrement. Ces épines les protègent de l’appétit des animaux, notamment des lémuriens. Ils poussent dans des zones arides, écrabouillées de soleil. La floraison n’est pas très impressionnante, et ne se manifeste que sur des sujets ayant quelques années. Rusticité : + 10°C.
Des Didierea très divers
À Madagascar, on rencontre plus espèces de Didierea. D. madagascariensis ressemble à un cierge quand il est petit puis il se ramifie. Nommé à la fin des années 160, il a été trouvé dans le sud de l’île, dans les environs de Tulear.
D. trollis. Chez les jeunes plants, les rameaux sont étalés et trainent par terre. Quand l’arbre se développe, on voit apparaître des rameaux dressés qui ensuite donnent naissance à des ramifications horizontales.

Portucalaria afra, un beau buisson
Les botanistes ne sont pas tous d’accord… Certains le classent chez Didieracées, d’autres chez les Portulacacées. Et pour corser l’affaire, son nom le fait souvent confondre avec un autre genre, Portulaca attribué aux pourpiers. D’où son surnom commun de pourpier de mer alors que les deux genres n’ont rien à voir.
Portulacaria afra pousse spontanément du Kenya à l’Afrique du Sud. Il s’agit d’un arbuste aux nombreuses feuilles succulentes qui peut se développer jusqu’à 4 m de haut dans son milieu naturel. Les éléphants apprécient ses feuilles, la « plante éléphant » est d’ailleurs l’un de noms vernaculaires. Les feuilles sont également comestibles par les humains, et font partie de la médecine traditionnelle africaine pour soigner des brûlures ou des coups de soleil.
Le Portucalaria afra peut être cultivé chez nous en plein soleil, en extérieur toute l’année dans les régions les plus douces, en véranda ou en intérieur partout ailleurs. On le trouve facilement en jardineries. Arrosez-le très modérément en hiver, un peu plus en été. Rusticité : -1°C.


