Sa spécialité : adapter dans sa pépinière (Lewisia) des vivaces, succulentes, arbustives, originaires pour beaucoup de l’Ouest américain mais pas seulement. Jean-Louis Latil est installé dans les Hautes Alpes.

Azorella compacta

La floraison

“Au gré de nos voyages, ce sont des centaines de plantes nouvelles que nous rencontrons sans y prêter vraiment attention. Nous y sommes préparés, ou pas. Certaines nous marquent plus que d’autres, selon nos sensibilités, selon nos centres d’intérêts. Avant de partir pour le nord du Chili, je savais que s’il y avait une seule plante à voir, ce serait celle-là. Je craignais que le mal des montagnes m’empêche d’aller à sa rencontre. Ce que j’ignorais, c’est que j’aurais autant de mal à la quitter…

Parmi les 70 espèces que compte ce genre de la famille des Apiaceae, Azorella compacta est la plus remarquable à bien des égards. 

Elle occupe une grande partie de l’Altiplano andin au nord-ouest de l’Argentine, au nord-est du Chili, à l’ouest de la Bolivie et au sud-est du Pérou entre 4000 et 5200 m d’altitude.

DES FLEURS MINUSCULES ET HERMAPHRODITES

La fille de Jean-Louis à 4500 m d'altitude sur un coussin d'Azorella compacta.

La fille de Jean-Louis à 4500 m d’altitude sur un coussin d’Azorella compacta.

Cette plante affectionne les sols minéraux drainants sur les versants exposés au nord, avec un angle d’environ 20°, ceci afin de capter le maximum de rayonnement (rappelons que dans l’hémisphère sud, le soleil passe au nord à midi). Elle forme de larges coussins très durs au feuillage persistant là où peu de plantes survivent. Les fleurs sont hermaphrodites, minuscules et présentes à n’importe quelle période de l’année. La croissance des coussins est d’abord lente, de l’ordre de 1 cm par an. De récentes études tendent à montrer que la croissance moyenne des plantes adultes est quasiment nulle. Les coussins de 2 m de diamètre ne sont pas rares vers 4000-4500 m. Des spécimens de 1, 50 m de hauteur et couvrant près de trente mètres carrés ont été signalés et leur âge est estimé à près de… 3000 ans !

DE NOMBREUX USAGES MÉDICINAUX

Azorella compacta. Une plante sectionnée lors de travaux de retoration de piste montrant la structure interne des coussins.

Azorella compacta. Une plante sectionnée lors de travaux de reSTAUration de piste montrant la structure interne des coussins.

Azorella compacta a été de tous temps utilisée par les autochtones comme combustible, ce qui pourrait expliquer qu’elle soit devenue très rare en-dessous de 4000 mètres d’altitude. Pour les mêmes raisons, elle est souvent associée au seul arbre de l’altiplano : Polylepis taracapana.

Toutes les parties de la plante étaient utilisées en infusion pour réduire les crises de diabète, pour purifier les reins ou dans le traitement de la tuberculose. La résine produite par la plante, d’où son nom de « plante qui pleure », était appliquée sur les parties du corps affectées par des maladies osseuses ou des fractures, sur les animaux comme sur les hommes. Elle avait par ailleurs une fonction sacrée lors des célébrations religieuses Aymaras. En pharmacologie, Azorella compacta est à l’étude pour son potentiel dans le traitement du diabète.

UNE MERVEILLE… MAIS PAS CHEZ NOUS !

Azorella compacta reste une plante de culture très difficile en raison de ses exigences écologiques: elle n’aime ni l’humidité, ni la chaleur, ni l’ombre ni la matière organique. A ma connaissance, toutes les tentatives de culture se sont soldées par des échecs.

 

Pépinière Lewisia (email), « Le Maupas », 05300 Lazer.

Photos ©Jean-Louis Latil

 

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