Vers la boutique d’Hortus Focus
Miscanthus. ©N. Marillier

Nicole Marillier au pays des graminées

 

Le coup de foudre de Nicole pour les graminées a eu lieu chez Neil Lucas, à Knoll Gardens, en Grande Bretagne. Focus sur ces herbes qu’elle aime tant. 

Le miscanthus, en tant que genre, me fait penser à un bon valet de ferme costaud, à la tignasse mal peignée, présent et efficace là où on a besoin de lui, plein d’une extrême bonne volonté. Il « racasse » ses feuilles quand il y a du vent et produit des sons métalliques. Polymorphe, foisonnant, Il forme de belles haies et ne drageonne pas. Il existe en plusieurs espèces de tailles très variables, panaché, strié, à plumet doré, pourpré, à cheveux raides ou un peu frisés en séchant (M. ‘Malepartus’)… 

En même temps que je maniais la pioche pour me débarrasser d’un Miscanthus floridulus imprudemment implanté dans mes 500 m2 , j’ai découvert les Panicum. 

Des épillets craquants

Un coup de vent dans un massif de panicum fait toujours sursauter Patrick Quibel, du jardin Plume. Il a l’impression que quelqu’un est passé par là. Le panicum est moins rustique d’aspect que le miscanthus ! Ce serait lutôt le valet de pied d’une grande maison avec son feuillage fin, mobile, retombant, et des épillets (ah ! ces épillets …) ronds et joufflus, colorés, nombreux et portés un peu lâche sur la tige. Et puis, un genre qui comprend une plante au nom aussi évocateur que Panicum clandestinum, moi je ne résiste pas, j’adopte ! 

Panicum. ©N. Marillier.
Panicum. ©N. Marillier.

 

Molinies et melicas

Les molinies sont elles aussi entrées dans la danse ! J’aime leur feuillage plus bas, leur touffe de chaumes en bouquet, leurs épis fins, sensibles au vent eux aussi, et leur élégance raffinée mais sans prétention.

Coup de cœur, chez Anne-Marie Grivaz (Le Jardin d’Anne-Marie et Yvon, se trouve dans l’Essonne, à Lardy) pour Melica uniflora ‘Albida’. Celle-là, il faut arriver au bon moment pour la distinguer d’une touffe d ‘herbe à chat ! Certes, la touffe de feuilles assez courtes est charmante, d’un vert léger, mais son charme puissant vient de la multitude de petits épis blancs, tels des mini-globes de lumière, qui surgissent en collier et s’érigent, un peu languissants. La soubrette parfaite !

Mon truc en plumes…

Puis, je me suis amourachée d’Hakonechloa macra ‘Aureola’. Une coupe au bol qui retombe sur les bords du pot qui la contient et se décoiffe au moindre vent, des feuilles marginées d’or et qui rosissent quand l’automne devient froid, et… et… des épillets magiques, légers comme un bisou de bébé, dont on ne parle que rarement dans les catalogues !

Vive les envahisseurs !

Ma curiosité m’a aussi poussée vers les Pennisetum. Et surtout P.  alopecuriodes, sous différentes variétés jouant plus ou moins les trucs en plumes de la grande Zizi, mais j’ai du mal à caser cette plante aux tiges évasées qui essaye d’écarter tout le monde pour mieux se montrer.

Pennisetum incomptum. ©N. Marillier
Pennisetum incomptum. ©N. Marillier

Jusqu’à la catastrophe. Dans le jardin d’une amie, une prairie d’un demi-mètre carré « verdoye et ondoye » sous des épis cylindriques, fins, allongés, le comble de l’élégance indifférente, le sommet du « Je suis belle, oui, qu’y faire ? »,  le Pennisetum incomptum m’a pris l’âme ….. Pourquoi une catastrophe, me direz-vous ? Car ce diable lumineux est un envahisseur devant lequel Attila même aurait reculé ! J’ai été prévenue, j’en ai quand même voulu, je ne m’en débarrasse plus ! Un jour, je planterai des Pennisetum macrourum, na !

 

 

Vaillantes !

Et puis, partout, partout dans le jardin, plantées volontairement ou en semis spontanés, j’héberge des Stipa tenuifolia, ma chérie sans limite. La fine verdure qui perce vaillamment la terre quand elle germe, puis la touffe bien nette qui, tout à coup, explose en fleurs qui tournent à l’or en chevelure mal peignée, le vent qui joue avec, les oiseaux qui tirent des chaumes pour faire leur nid. Maurice Laurent leur a même inventé un peigne ! Ces graminées vont avec tout, dans tous styles de jardins, elles sont de formidables plantes de liaison, elles contrastent merveilleusement avec les feuillages plus épais, elles attrapent la lumière tôt le matin et dans le soleil couchant, pour moi la quintescence de ce qui me plait dans les graminées.

Pennisetum macrourum 'Verassing'. ©N. Marillier
Pennisetum macrourum ‘Verassing’. ©N. Marillier
Stipa tenuissima. ©N. Marillier
Stipa tenuissima. ©N. Marillier
 

 

Cette année, j’ai semé Stipa jarava ichu ….. et j’en attends beaucoup ! Je vous raconterai…

Je crois que ma maladie n’est pas prête de s’arrêter !

Nicole Marillier jardine à Lagny-sur-Marne (en Seine-et-Marne)
Vous pouvez suivre Nicole  et ses graminées sur sa page Facebook

 

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