Le Gingko biloba existait sur Terre bien avant les dinosaures. C’est aussi le premier arbre à avoir repoussé à 1 km du lieu où explosa la bombe atomique d’Hiroshima… C’est dire sa résistance. Aujourd’hui, il est souvent planté en alignement, en milieu urbain, car il supporte bien la pollution. 

Sébastien Emain

Si vous souhaitez en planter un chez vous, mieux vaut ne pas se tromper sur son sexe ! Pas de problème avec les mâles, ces messieurs ne sentent rien. Mais gare aux femelles qui, à l’automne, se couvrent de fruits qui dégagent une odeur atroce. À chacun son appréciation entre beurre rance et vomi… D’où l’intérêt d’être absolument certain du sexe au moment de l’achat, confirme Sébastien Emain (La Grange aux érables, dans la Drôme) : “Mieux vaut partir sur des variétés greffées, c’est le seul moyen d’être sûr à 100% de ne pas avoir de fruits qui puent. Méfiez-vous si l’on vous dit, c’est une variété de semis, mais je vous assure que les fruits ne pueront pas… Vous ne le saurez qu’au bout de dix ans, quand il commencera à fructifier et là, il sera trop tard !”

Pour pleine terre, terrasse et balcon

gingko

©IsabelleMorand

Pour éviter le cauchemar olfactif, Sébastien greffe lui-même ses Gingko et ne propose que des mâles à la vente. Et il a développé une gamme de sujets originaux et adaptés aux envies de chacun. Car il en existe des parfaitement bien adaptés à la culture en pot, idéaux pour les terrasses et les balcons (‘Troll’, ‘Mariken’) qui ne dépasseront pas 1 m de haut. D’autres, à port compact, colonnaire, retombant ne se plairont véritablement qu’en pleine terre (voir notre vidéo).

 

Leur culture en résumé

  • Expo : au soleil ! Ils supportent même le soleil brûlant.
  • Sol : indifférent. Mais ils détestent l’humidité stagnante.
  • Rusticité : excellente, – 20°C minimum.
  • Engrais : corne broyée, fumier en granulés pour les gingkos plantés en pleine terre ; un engrais à libération lente (type Osmocote® pour ceux cultivés en pot.
  • Culture en pot : pour leur garder une jolie forme en pot, taillez légèrement deux fois par an. Éviter les tailles sévères, ils y réagissent mal.
  • Conseil + : comme pour tous les arbres, le point de greffe est fragile les premières années. Le pire ennemi du point de greffe ? Le rotofil… 

Des petites histoires…

En Chine, on l’appelle l’abricot d’argent en raison de la forme et de la couleur de ses graines. Au Japon, c’est l’emblème de la ville de Tokyo. En France, on le nomme l’arbre aux mille écus, car, à l’automne, les feuilles tombées forment un tapis d’or, mais également l’arbre aux 40 écus… Cette seconde appellation remonte à 1788 et à l’achat par un botaniste M. de Pétigny de 5 plants de gingko à 40 écus le pied. 

… Et un poème !

©Commons-wikimedia

« La feuille de cet arbre, qui, de l’Orient,
Est confiée à mon jardin,
Offre un sens caché
Qui charme l’initié.
 
Est-ce un être vivant,
Qui s’est scindé en lui-même,
Sont-ils deux qui se choisissent,
Si bien qu’on les prend pour un seul ?
 
Pour répondre à ces questions,
Je crois avoir la vraie manière :
Ne sens-tu pas, à mes chants,
Que je suis à la fois un et double ? »

 Johann Wolfgang von Goethe, in Le Divan oriental-occidental, (traduction de Henri Lichtenberger)

 

Sébastien Emain sera présent à la Fête des Plantes de l’Arboretum de la Sédelle les 13 et 14 mai 2017.

 

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